Souveraineté défense : la France reste tributaire des États-Unis (8/11)

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Les drones MALE (Medium Altitude Long Endurance) américains, les fameux Reaper de l'armée de l'air française, sillonnent le ciel africain, mais avec toutes les contraintes opérationnelles imposées par les États-Unis... en attendant un jour l'arrivée de l'Eurodrone, un drone MALE développé par la France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie.
Les drones MALE (Medium Altitude Long Endurance) américains, les fameux Reaper de l'armée de l'air française, sillonnent le ciel africain, mais avec toutes les contraintes opérationnelles imposées par les États-Unis... en attendant un jour l'arrivée de l'Eurodrone, un drone MALE développé par la France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie. (Crédits : OMAR SOBHANI)
La France est l’une des rares nations à maîtriser une grande partie des compétences nécessaires pour se lancer la première dans un conflit. Mais afin d’y parvenir, elle doit s’appuyer très souvent sur son allié américain.

Devenue une puissance moyenne depuis le début du XXe siècle, la France est loin d'être aujourd'hui souveraine sur le plan opérationnel. Elle a souvent besoin d'alliés, et plus particulièrement des États-Unis. C'est notamment le cas pour entrer en premier sur un théâtre d'opérations (Opex), puis conduire dans la durée des opérations extérieures. Il n'en demeure pas moins qu'elle détient encore un large spectre de compétences très rares au niveau international, aussi bien sur le plan capacitaire qu'opérationnel, comme ses armées le démontrent chaque jour dans la bande sahélo-saharienne. En 2013, dans le cadre de l'opération Serval, la France a d'ailleurs été capable de porter très rapidement secours au Mali, tout près de tomber face à une coalition de djihadistes.

Mais ce tour de force a été réalisé dans un environnement permissif, où les dénis d'accès étaient quasi absents, sinon inexistants, et, qui plus est, avec le soutien capacitaire discret des États-Unis dans le transport aérien. Les Américains ont également fourni de substantiels moyens de renseignement. Aujourd'hui encore sur le plan capacitaire, les drones MALE (Medium Altitude Long Endurance) américains, les fameux Reaper de l'armée de l'air française, sillonnent le ciel africain, mais avec toutes les contraintes opérationnelles imposées par les États-Unis... en attendant un jour l'arrivée de l'Eurodrone, un drone MALE développé par la France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie.

Des capacités opérationnelles insuffisantes

La France n'est plus capable d'aller seule au combat comme l'a démontré l'opération Harmattan en Libye, lancée en mars 2011 dans le cadre d'une coalition internationale (Unified Protector dans le cadre de l'OTAN) à laquelle participaient également les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. Le premier jour des opérations, l'armée française a engagé une vingtaine d'aéronefs, dont huit Rafale, deux Mirage 2000-5 et deux Mirage 2000D. Pour le chef d'état-major de l'armée de l'air d'alors, le général Jean-Paul Paloméros, Harmattan a démontré "la capacité d'autonomie" de la France "à entrer en premier" dans un environnement semi-permissif. Et ce, avec un temps de préparation très rapide. Cette opération a permis de constater "le grand savoir-faire des armées françaises et leur capacité à agir en interarmées, même si elle a révélé un certain nombre de limites, notamment celles de l'outil militaire britannique", avait expliqué à l'époque le ministre de la Défense d'alors, Gérard Longuet.

Mais, au final, cette opération a également "mis en évidence pour Washington à la fois les capacités militaires de ses alliés, notamment la France, et leurs insuffisances capacitaires, notamment en termes d'ISR [Intelligence, surveillance, reconnaissance, ndlr], de ravitailleurs en vol et d'avions de transport", selon une étude de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM) portant sur les retours d'expérience de la crise libyenne. Ainsi, 80 % des missions de ravitaillement en vol ont été effectuées par des avions ravitailleurs américains. Et surtout, nul ne peut ignorer l'importance de l'action des Américains au début des opérations, les frappes de missiles Tomahawk ayant détruit des centres de commandement névralgiques et des centres de défense anti-aérienne.

Déni d'accès, la France interdite de vol ?

En dépit de sa volonté politique persistante d'entrer en premier sur un conflit, la France a eu la confirmation en Libye qu'elle n'avait pas toutes les capacités opérationnelles pour le faire seule. Face à la course technologique et à l'intensité des nouveaux conflits, la France se réarme. Car après des années de sous-investissements, elle a été rattrapée par de graves lacunes capacitaires. C'est vrai entre autres avec les dispositifs de déni d'accès qui prolifèrent un peu partout aux frontières de l'Europe et de la Méditerranée ainsi qu'en Asie-Pacifique. L'accroissement de la portée et de la vélocité des missiles, comme le démontre la Russie avec le missile hypersonique Avangard, les combinaisons de capteurs multiples et la mise en réseau offrent aujourd'hui des capacités de déni d'accès très difficiles à contrer.

La Russie et la Chine, ainsi que les pays qui achètent des matériels russes ou chinois, peuvent mettre en œuvre des moyens de déni d'accès contraignant les avions de combat français à rebrousser chemin. Il est donc impératif pour la France de se doter de capacités en matière de SEAD (Suppression of Enemy Air Defence), "un champ qui a été largement désinvesti par la France et ses partenaires européens depuis la fin de la guerre froide, engendrant d'importantes lacunes capacitaires", rappelle une étude de l'Institut français des relations internationales (Ifri). Ainsi, avec le retrait du missile AS-37 Martel en 1999, Paris n'a plus aujourd'hui de moyens dédiés à la SEAD.

Pour autant, la France, dans le cadre d'opérations internationales combinées, est l'une des rares nations européennes à parvenir encore à tirer son épingle du jeu. Cela a été le cas avec l'opération Hamilton [frappes aériennes menées en Syrie en avril 2018]. "Nous avons acquis de l'expérience, notamment face au déni d'accès et sur la manière dont il est possible de passer au travers de défenses constituées de systèmes sol-air, de chasseurs et de brouilleurs GPS, a expliqué en mai 2019 le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Philippe Lavigne. Nous avons aussi acquis des connaissances concernant ce brouillage. On dispose également de retours d'expérience sur la capacité à commander et à planifier ce type d'opérations aux côtés d'alliés, et notamment aux côtés des Américains".

Mais sans eux, que peut faire la France dans un environnement non permissif ? D'autant que la France reste très dépendante pour le moment du GPS américain. En attendant la mise en service opérationnelle du PRS (Public Regulated Service) de l'européen Galileo, la majorité des systèmes d'armes français sont synchronisés et naviguent grâce au GPS, en vertu d'un accord bilatéral avec les États-Unis.

Une nation-cadre mais jusqu'à quand ?

D'une façon générale, la France a-t-elle les reins financiers assez solides pour courir plusieurs objectifs à la fois en dépit d'un important effort de défense lancé par Emmanuel Macron ? Entre les défis technologiques de rupture à relever, la défense du territoire national (métropole, territoires ultramarins et zone économique exclusive) et la correction de certaines lacunes capacitaires (drone MALE, avions-ravitailleurs, transport logistique et stratégique, satellites télécoms en nombre insuffisant, protection des satellites...), le champ est vaste. Trop vaste ? A côté de ces lacunes capacitaires, le ministère des Armées investit dans des moyens incroyables. Fin 2019, il a confié à Thales et Dassault Aviation le programme Archange (Avion de Renseignement à CHArge utile de Nouvelle GEnération) visant à renforcer les capacités de renseignement d'origine électromagnétique sur les théâtres d'opérations.

Pour l'heure, Paris s'accroche encore à un modèle complet, qui lui apporte une légitimité pour générer des partenariats et assurer son rôle de nation-cadre, en particulier pour ce qui relève des aptitudes militaires à haute valeur ajoutée détenues par quelques rares puissances. Cela lui permet également de conserver sa capacité à être nation-cadre au cours d'opérations internationales en assumant la responsabilité de la planification, du commandement et du contrôle d'une opération militaire. Un objectif ambitieux jusqu'ici tenu, mais jusqu'à quand ? Car les ruptures technologiques n'ont jamais été aussi rapides et nombreuses comme l'intelligence artificielle, la physique quantique, "l'homme augmenté" (neuroscience), la cyber, les missiles hypervéloces, les armes à énergie  dirigée, les nanotechnologies...

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ENCADRÉ

Itar, l'épée de Damoclès américaine sur les ventes d'armes françaises

Quatre lettres inquiètent fort les industriels de la défense : Itar (International Traffic in Arms Regulations). Pourquoi ? Si un système d'armes contient au moins un composant américain sous le régime de la réglementation américaine Itar - évolutive bien sûr -, les États-Unis ont le pouvoir d'en interdire la vente à l'export à un pays tiers. Or beaucoup de sociétés françaises et européennes intègrent des composants américains, notamment électroniques, dans de nombreux matériels, tout particulièrement dans les domaines aéronautique et spatial. "Notre dépendance à l'égard des composants soumis aux règles Itar est un point critique", avait reconnu en mai 2011 à l'Assemblée nationale le PDG de MBDA, Antoine Bouvier. Washington a d'ailleurs frappé MBDA d'un veto en lui interdisant l'exportation du missile de croisière Scalp vers l'Égypte et le Qatar.

Ce n'est pas la première fois que les États-Unis jouent avec les nerfs de la France. En 2013, ils avaient déjà refusé une demande de réexportation aux Émirats arabes unis de composants made in USA nécessaires à la fabrication de deux satellites espions français (Airbus et Thales). La visite de François Hollande aux États-Unis en février 2014 avait permis de régler positivement ce dossier. Une nouvelle encoche à la souveraineté française. Mais pour ne plus être contraint par  la réglementation Itar, la France a entrepris un travail de "désITARisation" de ses systèmes d'armes. La France sera "extrêmement attentive à ce que nos équipements de demain n'aient pas ou aient une moindre sensibilité aux composants étrangers, notamment pour ITAR", avait précisé dans une interview à La Tribune la ministre des Armées, Florence Parly. C'est déjà le avec les futurs missiles air-air MICA-NG, qui seront prêts en 2025. Ils seront ITAR Free. Mais ce sera un travail au très long cours et qui ne pourra pas tout régler.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2020 à 9:39 :
L'inspecteur ITAR a toujours ete present dans entreprises qui font des affaires militaires, depuis 50 ans (?), rien de nouveau. La Defense est tres dependante de l'Electronique, domaine dans lequel la France n'excelle pas (ST Micro), elle est donc dependante de TI, Micron, Broadcom, On, Intel, Atmel, Xilinx, TSMC, etc..rien de nouveau. Il n'y a pas de quoi se revolter !!
Réponse de le 17/01/2020 à 18:31 :
Je pense qu'une arme dont ont n'a pas la maitrise totale( fabrication et transfert )n'est pas une arme .Demander l'autorisation pour vendre une arme dont on acheté les composants pose un problème de souverainté .
,C'est contraire au droit international de considérer comme les Etats Unis que son droit s'applique partout.
La preuve que la France a compris les prochains missiles Français n'auront plus un composants américains. ITAR free()
a écrit le 15/01/2020 à 18:14 :
La France tributaire de l' Ue elle-même tributaire des usa, à un moment donné il faudra bien traiter cette question de la dépendance, la traiter à l'anglaise..

L' exemple du jour : "L’armée française commande 75 000 nouveaux pistolets à l’autrichien Glock

Ces pistolets visent à remplacer le MAC 50 et les PAMAS G1 au sein des trois armées. Le montant de la commande s’élève à 44 millions d’euros.

Source : BFM TV (6 janvier)

En faisant constamment appel aux autres industries militaires (comme encore le recours à FN Herstal pour les fusils), l’armée française finira par être complètement dépendante de celles-ci. Mais combien donc de saboteurs des intérêts français sont présents à tous les niveaux de décision ?"
La Revue de Presse UPR-

Un exemple aussi basique que la fourniture de cartouches et de fusils démontre bien la volonté de saborder les intérêts de la France dans l' UE qui saborde elle-même ses intérêts dans sa génuflexion quotidienne aux states..

Il ne manque pour autant jamais d 'observateurs pour ..observer les conséquences tout en feignant systématiquement d' en occulter les causes ..
Réponse de le 16/01/2020 à 2:17 :
Chez L'UPR on ne comprends pas comment marche le monde. On pense qu'une nation de 60M d'habitant peut faire jeu egale en moyen et en homme avec des superpuissances de 1 Milliards.

C'est pourtant si simple : une entreprise europeene armant 4 ou 5 differente armee aura plus de revenue et de moyen qu'une entreprise francaise qui n'equipe qu'une armee.

On peut aussi parler des techologies de rupture, IA et quantique, un marche de 500M est superieur a un marche de 60M. sans compter la main d'oeuvre et les moyens de development.

Oui, decidement chez l'UPR on a encore 1 siecle de retard...
Réponse de le 16/01/2020 à 12:17 :
Pourquoi voulez vous que les pays face jeu égal? La Suisse n'est pas entré dans ce jeu et s'en porte très bien! Vous voulez avoir 3 ou 4 blocs qui s'affronte en permanence?
a écrit le 15/01/2020 à 17:20 :
L’incantation théâtrale n’aura pas duré 5 mois.

En ce 15 février 2018, Washington a sifflé la fin de la récréation en demandant au jeune Macron de cesser de faire du chahut.

À l’issue d’une réunion de travail au siège de l’Alliance atlantique à Bruxelles avec les représentants des États-membres de l’UE, le secrétaire à la Défense américain Jim Mattis vient en effet de tenir une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré : « Il y a un accord clair pour inclure dans le document de l’UE que la défense commune est une mission pour l’Otan, et pour l’Otan seule. »

Clair, net et impérial.

Katie Wheelbarger, chargée de la sécurité internationale au ministère américain de la Défense, avait d’ailleurs pris les devants en mettant en garde tout le monde – et surtout Macron – avant l’arrivée de Mattis à Bruxelles : « L’initiative européenne ne doit pas enlever des activités et des moyens à l’Otan ». Point

Recevant ainsi une nouvelle et monumentale gifle, Macron a pu mesurer une nouvelle fois que, sur l’Europe de la Défense comme sur tout le reste, les élucubrations alter-européistes de la classe dirigeante française sont complètement dénuées de réalité.

Car la plupart des autres pays européens se sont empressés de hausser les épaules devant la teneur des propositions de Macron, et d’aller présenter dare-dare leur hommage de vassal à leur suzerain d’outre-Atlantique.

Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, avait ainsi averti d’emblée : « L’UE ne doit pas se substituer à ce que fait l’Otan » et elle « ne doit pas fermer ses marchés de défense » aux industriels américains et aux autres pays non membres de l’UE….

Recevant ainsi une nouvelle et monumentale gifle, Macron a pu mesurer une nouvelle fois que, sur l’Europe de la Défense comme sur tout le reste, les élucubrations alter-européistes de la classe dirigeante française sont complètement dénuées de réalité.

Car la plupart des autres pays européens se sont empressés de hausser les épaules devant la teneur des propositions de Macron, et d’aller présenter dare-dare leur hommage de vassal à leur suzerain d’outre-Atlantique.

Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, avait ainsi averti d’emblée : « L’UE ne doit pas se substituer à ce que fait l’Otan » et elle « ne doit pas fermer ses marchés de défense » aux industriels américains et aux autres pays non membres de l’UE….

Hors UE, la Norvège, l’Islande et l’Albanie avaient fait part de leurs préoccupations.

Au sein de l’UE, ce fut le soulagement général, bien résumé par la ministre de la Défense espagnole, María Dolores de Cospedal, qui a poussé un gros ouf ! après le rappel à l’ordre de Washington : « Je pense que les doutes qui devaient être dissipés hier ont été dissipés d’une manière très importante. »

Quant à Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (c’est-à-dire chef de la diplomatie de l’Union européenne), elle a fermé le ban ainsi : « La coopération et le fait qu’il existe deux organisations comme l’UE et l’OTAN qui peuvent travailler ensemble a été évidente hier soir lors du dîner…»

Notons que Washington n’en attendait d’ailleurs pas moins de la part de cette Italienne qui fait partie des « Young leaders » de l’Italian-American Foundation (équivalent transalpin de notre French-American Foundation).


UE-OTAN, la même prison des peuples

Cet énième épisode des relations transatlantiques confirme pour la énième fois la justesse des analyses de l’UPR, à savoir que la prétendue « construction européenne » est une manœuvre d’asservissement géopolitique du continent européen par les États-Unis et que cette manœuvre comporte deux volets :

– un volet militaire, baptisé « Alliance Atlantique » ou « OTAN » depuis le traité de l’Atlantique Nord de 1949.

– un volet politique, baptisé « Union européenne » depuis le traité de Maastricht de 1992.

Quiconque prétend « changer d’Europe » ou « bâtir une Europe de la Défense » (comme le font la quasi-totalité des dirigeants politiques français de Mme Le Pen à Benoît Hamon, en passant par Dupont-Aignan, Wauquiez, Bayrou, etc.) joue de façon révoltante sur la naïveté des électeurs français, auxquels ils cachent soigneusement le dessous des cartes.

Avec une mention toute spéciale dans l’abjection pour les bonimenteurs professionnels qui osent faire croire aux Français que la « construction européenne » aurait pour but de « faire contrepoids aux Américains ».

Quiconque prétend sortir de l’OTAN sans sortir de l’UE (c’est le cas de Mélenchon) ou sortir de l’UE sans sortir de l’OTAN (c’est le cas de Philippot) se paye également la tête des Français.

Il n’y a que deux positions politiques cohérentes et fiables :

soit celle qui consiste à fondre la France dans l’UE et dans l’OTAN, jusqu’à ce que disparaisse la patrie de Clovis, Louis XIV et Clemenceau, bientôt explosée en « euro-régions » dans un grand magma euro-atlantiste sous domination atlantiste et anglo-saxonne absolument totale.
soit celle qui consiste à être à la hauteur de notre histoire et à rassembler les Français pour faire sortir la France de l’UE et de l’OTAN, conformément au droit international.

La première branche de l’alternative est incarnée par Macron et En Marche et les cercles politiques pro UE.

La seconde branche de l’alternative est incarnée par l’UPR.
Comme les 69 ans écoulés depuis le traité de l’Atlantique nord et les 61 ans écoulés depuis le traité de Rome l’ont amplement démontré, il n’y a pas de troisième voie.
Réponse de le 15/01/2020 à 19:52 :
Oui, enfin on ne va pas se raconter d'histoire, si on construit une Europe de la défense l'OTAN ne sera plus qu'un espace diplomatique. En attendant on a besoin de l'Otan donc on laisse les américains dire ce qu'ils veulent , le reste n'est que littérature .
a écrit le 15/01/2020 à 13:19 :
Il ne s'agit pas d'une régression de notre pays, la france à toujours bénéficié de l'avance des USA en matière technologique. J'ai des exemples à foison, le dernier en date dans un ouvrage de jacques Printz érudit multidomaine qui dit noir sur blanc comment la France à bénéficié des avancées tant conceptuelles que pratiques (hardware) à travers une étroite collaboration (entendre par là une formation de français à ces techniques américaines) avec le MIT de Boston dans le domaine de la systémique, du génie logiciel. C'est pas nouveau celà date des années 70 et perdure aujourd'hui avec des armées de consultant franglais au sein du Boston Consulting Group.

C'est une hypocrisie immense de dénoncer l'usage par les US des prérogatives que leur offre leur leadership, ce que ne manque pas de faire ces élites dégénérées envers la population francaise qui ne bénéficie pas de ces formations privilégiés de la bouche même (from the horse mouth) du cheval du cowboy sans passer par le téléphone arabe de la traduction en ce nouveau créole qu'est devenu la lingua franca de la France pays aux marges de l'empire comme jadis la Gaulle aux marges de l'empire romain, de gallo romains à gallo ricains.
Nous sommes formés par des seconds couteaux qui font ce qu'ils peuvent parfois ces pauvres bougres mais bon la barrière de la langue etc... Des franchisés excuse my french !
Dans de nombreux ouvrages des auteurs francais emploi le on vague en évoquant comment l'on sait ce que l'on sait (sic) mais en vérité ce on laissant entendre que nous serions le 51 ème état des états unis est une mascarade, le on de l'occident englobant, dans ce on il n'y a que très rarement des avancées conceptuelles donc lexicales donnant lieu à un nouveau vocabulaire issues du monde universitaire francophone.
Or il existe une hierarchie claire de la recherche vers l'ingénierie. La recherche découvre ou crée selon les différentes écoles ou philosophie, de nouvelles méthodes, de nouvelles techniques, l'ingénierie les exploite en les recombinant différemment. Or la majorité des techniques de l'ingénieur proviennent des US, ils sont la source des savoirs en matière d'ingénierie électronique, mécanique, informatique, de la physique.
L'ingénierie francaise leur est donc subordonnée. Prenons un domaine dans lequel on pourrait penser que quand même nous sommes à la pointe à savoir la simulation des systèmes mécaniques. La france fut avec Lagrange, Laplace et poincaré une pionnière (mais ça date franchement) mais ne disposant pas des techniques appliquées de l'électronique, de l'informatique et des langages, ce sont les US qui ont mis en oeuvres les cathédrales modernes de la conception à travers l'outils très avançé msc adams (Automated Dynamic Analysis of Mechanical Systems). Pareil pour les systèmes électroniques avec spice (Simulation Program with Integrated Circuit Emphasis). Le concept de base de données c'est aussi eux quelles soient réseau hierarchique ou relationnelles etc... La méthode très générale des éléments finis etc etc...
Le mystère à éclaircir est la question de savoir pourquoi ils procurent autant de savoirs faire à la France ?
La première raison est évidemment qu'ils forment des techniciens spécialisés pour la mise en place de leurs technologies, il est évident qu' ils ne pourraient pas nous les vendre en nous forçant à parler leur langue avec leurs propres consultant. Aussi ils forment des locaux à leurs techniques, locaux qui en bénéficient grandement, intérets bien compris, du win win, la France n'a pas la masse critique en terme de population donc de marché pour concurrencer le business modèles américain, donc ces raccourcis sont indispensables au business modèle de nos élites, cette collaboration leur assure une place de choix dans le monde francophone, ils parviennent m^me à faire croire qu'ils sont à l'origine de ces technologies, de parfait usurpateurs.
D'ailleurs pour faire que celà dure ils évoquent hypocritement la souveraineté de la France quand ils sentent que la laisse du maitre se resserre un peu trop(ITAR), mais celle ci ne coincide pas avec celle des francais... seulement des franglais...
En quoi les guerres préventives, historiquement antérieures à l'avènement du terreaux risme (grace auquel on fait pousser de nouveaux investissements militaires et de surveillance asymétrique) en irak, en lybie, en syrie, en cote d'ivoire, dien bien phu et jean passe... sont de l'interet des francais, de la france entendu comme la possession de quelques huns j'entends bien mais la majorité ?

Ils n'ont pas les moyens de concurrencer les US, donc la collaboration est leur choix ! les nouvelles avançées quantiques auront lieu aux US, la fusion nucléaire echouera en ce qui concerne ITER et ce sera lockheed qui emportera la mise, ça à toujours été le cas, c'est comme de prévoir que mercedes emportera le championnat du monde de F1.
La technologie est une culture US comme la musique Rock. Tant de chanteurs francais importait en fait des tubes us/uk comme richard anthony par exemple, chanteurs francais qui chantent d'ailleurs en anglais pour vendre... ces boutiquiers !
Réponse de le 15/01/2020 à 17:41 :
La suprématie technologique américaine est loin d'être aussi écrasante que vous l'insinuez. Les usa gagnent à partager leur avance technologique, leurs softwares et leurs composants justement parceque cela met ses alliés dans une situation de dépendance, les usa deviennent incontournables. Mais si la France devient autonome d'un point de vue opérationnel même avec une technologie inférieure, le résultat est simple: la France n'est plus un vassal. D'un point de vue géopolitique, le parapluie militaire us sont bénéficie l'Europe incite justement l'Europe à ne pas investir dans son armée. Or si l'UE avait une armée à la hauteur de son économie, il n'y aurait plus de raison que le commerce du pétrole se fasse en dollar par exemple, parceque l'UE serait en capacité d'offrir une protection à des pays "amis". Enfin pour terminer, la capacité industrielle des usa reste globalement au niveau de l'UE ou de la Chine.
a écrit le 15/01/2020 à 12:24 :
Article très intéressant !

"avec toutes les contraintes opérationnelles imposées par les États-Unis." sur les Reapers

C'est quoi ?
Réponse de le 15/01/2020 à 13:41 :
Eh bien par exemple des opérateurs américains font le décollage et l'atterrissage. Ensuite la liaison de données passe par un satellite américain - comme un tuyau de douche, par exemple. Ils peuvent couper quand ils veulent - et bien entendu, regarder toutes les photos que nous prenons avec ce jouet coûteux.
L'ITAR... si cela peut en consoler certains, les Américains ont eux aussi un gros problème, car nombre de leurs composants électroniques de missiles et autres…. sont chinois !
a écrit le 15/01/2020 à 10:21 :
Après cela on s'étonne de la régression de notre pays sur tout les plans et du chaos intérieur? Qu’espérions nous, a nous soumettre a la tutelle d'une administration tel que l'UE de Bruxelles?
a écrit le 15/01/2020 à 9:32 :
Il faut arrêter de dire Paris car Paris n'est pas la France. Au lieu et place de Paris il faut y voir la France. Autrement il est temps de s'apercevoir que les USa sont plus négatif que positif pour la France et les Européens.
a écrit le 15/01/2020 à 8:42 :
Le jour où en appuyant sur un bouton nous pourrons éliminer un oligarque adverse, et surtout le jour où un de nos dirigeants politiques en aura suffisamment la puissance pour cela, nous pourrons nous passer de la tutelle américaine en attendant c'est quand même bien plus prudent et intelligent d'être associés et même liés à eux.

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