L'industriel italien Avio joue gros sur le prochain vol de son lanceur Vega dans la nuit de mercredi à jeudi. Très gros. Sa crédibilité de maître d'oeuvre et la fiabilité d'un lanceur abimée par deux graves échecs en très peu de temps (VV15 en juillet 2019 et VV17 en novembre 2020) au moment où la concurrence se fait très pressante dans le monde et en Europe avec l'émergence de mini-lanceurs, notamment allemands d'Isar Arospace, de RFA (OHB) et d'HyImpulse technologies, qui vont grignoter une part de son marché jusqu'ici captif. Au-delà d'Avio, Arianespace, en tant que société de commercialisation de Vega, et Airbus Space, qui a confié au lanceur italien le premier satellite optique de sa constellation Pléiades Neo qu'il va opérer, risquent beaucoup aussi. Une angoisse qui va durer un peu plus de six minutes durant le vol des trois premiers étages de Vega. Pour l'heure, les voyants restent au vert, la météo étant favorable.
"Il y a exigence parce qu'après un échec qui fait partie de la vie des lanceurs et surtout des jeunes lanceurs, les clients sont légitimement très exigeants et se tournent vers Arianespace, qui est leur unique interface. Il y a donc une exigence envers Arianespace de restaurer toute la fiabilité du système Vega", avait expliqué début janvier le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël,dans une interview accordée à La Tribune.
Dans ce contexte exigeant, l'Agence spatiale européenne (ESA) et Arianespace ont pris toutes les précautions possibles pour s'assurer du succès de cette mission, qui va durer plus de 1H40. "Les opérations de production du lanceur Vega, ainsi que la préparation du VV18 ont été minutieusement préparées par Avio, maître d'œuvre industriel du lanceur Vega, sous la supervision d'Arianespace et de l'ESA, en suivant l'ensemble des recommandations qui avaient été formulées par la Commission d'enquête indépendante mise en place après l'échec du vol Vega numéro 17 (VV17)", a expliqué Arianespace dans son communiqué.