Syndicats agricoles reçus à Matignon : « Maintenant place aux actes »
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François Bayrou devra répondre aux critiques sur la lenteur de mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement Attal envers les agriculteurs.
Sarah Meyssonnier
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François Bayrou devra répondre aux critiques sur la lenteur de mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement Attal envers les agriculteurs.
Sarah Meyssonnier
[Article publié le lundi 13 janvier 2025 à 7h04, mis à jour à 15h10] Journée sous tension pour François Bayrou. À la veille de sa déclaration de politique générale, le chef du gouvernement a entamé une série de rencontres avec les principaux syndicats agricoles ce lundi matin. À sa sortie de Matignon, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a indiqué que son syndicat attendait d'ici au Salon de l'agriculture une concrétisation d'engagements budgétaires, fiscaux, législatifs obtenus l'hiver dernier et réitérés ce lundi par le Premier ministre.
« Nous avons dit au Premier ministre que nous sommes dans une course contre-la-montre pour apporter des solutions », a-t-il dit à la presse. « Nous avons dit que cette course contre-la-montre avait aussi un rendez-vous d'étape qui est le Salon de l'agriculture qui aura lieu à partir du 22 février », pour « lequel nous avons besoin que soit concrétisé ce que nous demandons ».
Parmi les demandes figurent le vote d'un budget agricole de quelque 450 millions d'euros incluant des mesures fiscales, d'urgence face aux crises sanitaires... et un calendrier pour plusieurs textes de loi portant notamment des mesures de « simplification » des activités agricoles.
« Nous avons dit au Premier ministre que si nous entendions sa volonté de franchir le mur, si nous avons mesuré sa volonté d'apporter des réponses, nous le ferons comme depuis le début, avec des choses concrètes », a-t-il encore dit.
Le Salon de l'agriculture sera « un rendez-vous d'étape. Ce qu'on souhaite, c'est que des réponses puissent être apportées. (...) Accueillir des hommes et des femmes politiques pour parler d'agriculture, c'est aussi leur demander de venir avec des résultats », a-t-il souligné, relevant que serait notamment suivi de près le vote du budget visé pour la mi-février.
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Les Jeunes Agriculteurs (JA), reçus à la suite de la FNSEA, dont ils sont les alliés traditionnels, ont aussi trouvé « un Premier ministre à l'écoute ». « Maintenant place aux actes, nous reprenons rendez-vous au Salon de l'agriculture », a dit son président Pierrick Horel. « On estime que la fin du premier trimestre sera un bon temps d'évaluation », a déclaré le président des JA, pour qui la présentation du budget à l'Assemblée devrait aussi permettre une première mesure de l'action du gouvernement.
La Coordination rurale (CR), pour sa part, privilégie deux revendications immédiates : « un engagement clair sur l'égalité des normes européennes et la suspension des contrôles sur les exploitations, remplacés par des contrôles sur les produits importés », précisait avant les rencontres à Matignon Christian Convers, secrétaire général du syndicat. Ces mesures, selon lui, peuvent être prises rapidement par le Premier ministre pour « montrer sa volonté de préserver l'agriculture française ».
Quant à la Confédération paysanne, le syndicat est ressorti déçu de sa rencontre avec François Bayrou. « Sur les questions centrales du revenu, de la rémunération, des prix, des droits sociaux des paysans, il n'y a clairement pas eu de réponse ce (lundi) matin », a indiqué sa porte-parole, Laurence Marandola. Seule « avancée peut-être », le renouvellement d'une aide de 1.000 euros promise aux agriculteurs sinistrés de Mayotte, a-t-elle ajouté.
La question du mode de scrutin pour les élections professionnelles agricoles, prévues du 15 au 31 janvier, a également été abordée. Aujourd'hui, la liste arrivée en tête obtient automatiquement la moitié des sièges dans les chambres d'agriculture, un système qui favorise largement l'alliance FNSEA-JA. Ce qui ne devrait pas changer puisque la Confédération paysanne s'est vu opposer un « non » à sa demande de plus de proportionnelle. Ce, alors même que le Modem de François Bayrou plaide depuis longtemps pour ce mode de scrutin en politique.
Lundi soir, les quatre syndicats participeront à un débat télévisé sur LCP, une première dans ce contexte tendu.
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Le projet de loi d'orientation agricole, retardé par la dissolution de l'Assemblée nationale, sera examiné au Sénat à partir du 4 février, selon l'agenda du Palais du Luxembourg. Le texte, adopté en première lecture à l'Assemblée en mai dernier, pourrait être amendé par les sénateurs avant un éventuel retour devant les députés. Ce projet de loi, élaboré pour répondre à la grogne du secteur, vise à renforcer le statut de l'agriculture comme intérêt général, faciliter l'installation des nouveaux agriculteurs et simplifier les démarches pour la construction de bâtiments agricoles. Avant cela, le Sénat débattra dès le 15 janvier du projet de budget 2025, ainsi que d'un texte controversé porté par le sénateur Laurent Duplomb, qui propose de réautoriser certains insecticides néonicotinoïdes toxiques pour les pollinisateurs.
(Avec AFP)
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