Droits de douanes : L'UE « n'a pas réussi » à obtenir d'exemption pour le vin
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La hausse des prix pourrait inciter les consommateurs américains à se tourner vers d’autres vins non taxés.
Les Trois Toits
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La hausse des prix pourrait inciter les consommateurs américains à se tourner vers d’autres vins non taxés.
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L'Union européenne a échoué à obtenir une exemption pour son secteur viticole dans le cadre de l'accord commercial récemment conclu avec les États-Unis, a annoncé jeudi le commissaire européen Maros Sefcovic. Les droits de douane de 15 % sur les vins français et italiens, notamment, à l'entrée du marché américain sont confirmés.
Les négociations, menées dans l'urgence pour désamorcer une escalade de tensions commerciales, ont abouti à un accord de compromis fin juillet. Celui-ci visait à éviter l'imposition de taxes punitives sur l'industrie automobile européenne, une menace brandie par l'administration Trump. Cependant, dans ce ballet diplomatique complexe, le secteur du vin est resté sur le carreau.
La filière viticole européenne, et en particulier la France et l'Italie, qui sont les deux plus grands producteurs mondiaux, avait pressé les négociateurs européens de tout faire pour que leurs produits soient épargnés. Pour les producteurs, ces droits de douane de 15 % représentent une double peine après les années de perturbations de marché liées à la pandémie et les incertitudes économiques. Le marché américain est une destination de première importance pour les vins du Vieux Continent, en particulier pour les vins fins et les grands crus qui y jouissent d'une forte demande.
« Il y a une immense déception, parce qu'on a travaillé énormément pour obtenir l'exemption et elle était à portée de main. Nous avons la certitude que cela entraînera de grosses difficultés pour la filière des vins et spiritueux », a ainsi regretté Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) français.
Cet échec est d'autant plus difficile à accepter qu'il intervient dans un contexte où les exportations sont le moteur de croissance d'une industrie qui emploie des centaines de milliers de personnes à travers l'Europe. En France, l'impact se fera sentir dans les régions viticoles de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne, dont les produits sont très prisés des consommateurs américains. Pour ces derniers, cette taxe se traduira inévitablement par une augmentation des prix à la consommation, ce qui pourrait freiner la demande et inciter à se tourner vers des alternatives.
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Pour les entreprises viticoles, il s'agit d'un nouveau défi de taille : soit elles répercutent cette augmentation sur les prix de vente, au risque de perdre des parts de marché face à la concurrence américaine ou d'autres pays producteurs non taxés, soit elles réduisent leurs marges pour maintenir leur compétitivité. Pour les petits et moyens producteurs, dont les marges sont déjà serrées, cette taxe pourrait se révéler particulièrement préjudiciable. Les importateurs et les distributeurs américains seront également affectés, confrontés à une offre européenne plus onéreuse.
Du côté des consommateurs, l'addition s'alourdira dans les restaurants et les caves à vin. La popularité des vins européens aux États-Unis n'est plus à démontrer, mais la hausse des prix pourrait modifier les habitudes d'achat, incitant certains à se tourner vers des vins californiens, chiliens ou australiens, moins chers. Cette situation pourrait affaiblir la position dominante des vins européens sur le marché américain, ouvrant une brèche pour les concurrents.
Cet épisode met en lumière la fragilité du commerce mondial face à des politiques protectionnistes. Si l'accord commercial a permis d'écarter un risque majeur de guerre commerciale, il n'a pas réussi à protéger une industrie emblématique de l'Europe. Il est à craindre que d'autres secteurs non-prioritaires fassent les frais de futurs compromis dans un environnement géopolitique et économique de plus en plus fragmenté.
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Les observateurs s'interrogent sur les prochaines étapes : l'UE envisagera-t-elle des mesures de rétorsion ciblées ou bien cherchera-t-elle à renégocier ce point ultérieurement ? Pour l'heure, l'avenir du vin européen aux États-Unis est marqué par l'incertitude et la perspective d'une concurrence accrue.
(Avec AFP)
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