Alors que les fermetures d’usines se sont multipliées chez les sous-traitants automobiles ces derniers mois, le gouvernement appelle l’UE à débloquer des aides d’État pour leur permettre d'effectuer leur transition vers la voiture électrique, ou de se reconvertir dans d’autres domaines.L'Europe ne doit pas oublier les équipementiers. Voilà, en clair, le message de la France à l'Union européenne, qui planche aujourd'hui sur un plan d'urgence pour la filière automobile, particulièrement mal en point. Outre l'enjeu de réviser la réglementation pour éviter des milliards d'euros d'amendes aux constructeurs qui ne vendraient pas assez de voitures électriques cette année, Paris presse la Commission d'épauler les fournisseurs et équipementiers.
Ces derniers mois, les fermetures d'usines se sont multipliées en France comme en Allemagne. Dans l'Hexagone, Michelin a notamment décidé de fermer deux sites à Cholet et à Vannes. Valeo a pour sa part supprimé près de 870 postes dans le pays. Plus récemment, la Fonderie de Bretagne, ex-filiale de Renault, a été placée en redressement judiciaire.
Pour arrêter l'hécatombe, la France appelle Bruxelles à prendre des mesures d'urgence. C'est même la première des priorités du gouvernement, au regard d'une note datée du 3 décembre, que La Tribune a pu consulter. Paris déplore que les sous-traitants automobiles, en dehors de l'écosystème des batteries, ne bénéficient toujours pas d'aides de l'Europe dans leur difficile transition vers la voiture électrique. Pour y remédier, le gouvernement milite pour « des solutions de financement public » pour permettre aux fournisseurs et équipementiers d'être plus compétitifs, et de « réussir la transformation de leur modèle productif ».
Éviter une « dislocation » du tissu industriel
L'exécutif suggère à la Commission européenne de débloquer, concrètement, différentes formes d'aides d'État, comme des « prêts », des « avances récupérables », ou des « garanties de prêts ». Des outils similaires devraient également être mobilisés, selon le gouvernement, pour favoriser la conversion de certains sites dans d'autres domaines que l'automobile. Cette « démarche volontariste » est présentée comme un impératif pour éviter une « dislocation » du tissu industriel européen, dans un contexte de compétitivité en berne et d'une forte concurrence chinoise.