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Fonderie de Bretagne : les négociations avec Renault sont bloquées

latribune.fr

Publié le 03 janvier 2025 à 09:31 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 19:48

Renault est le principal client de la Fonderie, représentant encore 95 % de son chiffre d'affaires en 2024.

Renault est le principal client de la Fonderie, représentant encore 95 % de son chiffre d'affaires en 2024.

Fonderie de Bretagne

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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Le constructeur « a refusé de faire le dernier pas » sur les négociations concernant le maintien des commandes pour la Fonderie de Bretagne, aujourd'hui menacée de fermeture, admet le ministre de l'Industrie et de l'Energie, Marc Ferracci.

[Article publié le jeudi 02 janvier 2025 à 09h05 et mis à jour le vendredi 03 janvier à 10h31]. Les négociations avec le groupe automobile Renault pour qu'il s'engage à maintenir des commandes jusqu'en 2028 auprès de la Fonderie de Bretagne (FDB) « sont aujourd'hui à un niveau de blocage ». C'est ce qu'a reconnu vendredi le ministre chargé de l'Industrie et de l'Energie Marc Ferracci, soulignant que le constructeur « a refusé de faire le dernier pas ».

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« Nous avons souhaité que Renault puisse s'engager sur une part de marché, c'est-à-dire une part de ses achats qui s'adressent à Fonderie de Bretagne. C'est sur ce point qu'il y a blocage et, que, au moment où nous nous parlons, Renault a refusé effectivement de faire le dernier pas », a déclaré le ministre sur la radio RMC.

« Je vais continuer à me battre à la fois pour essayer de rapprocher les points de vue, même si ce sera difficile, il faut bien le dire », a ajouté le ministre interrogé sur l'avenir de cette usine de 350 personnes qui fabrique des pièces en fonte pour l'automobile à Caudan (Morbihan).

Alors que les négociations se sont poursuivies ces dernières semaines, le ministre a indiqué que l'Etat, qui s'est engagé à financer des investissements à hauteur de 14 millions d'euros via un prêt, allait « continuer à chercher des solutions ».

Une usine historique au bord du gouffre

Les responsables syndicaux ont déjà pris la plume pour solliciter l'intervention d'Emmanuel Macron afin de garantir un avenir à la Fonderie de Bretagne. « Nous refusons que la fermeture de la Fonderie de Bretagne devienne le symbole de la désindustrialisation du pays et de l'impuissance de l'État à se faire respecter par les grands groupes français », écrivent-ils dans ce courrier, adressé au chef de l'Etat, signé notamment par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, et François Hommeril, président de la CFE-CGC. Plusieurs députés et élus bretons ont également apposé leur signature, déplorant le refus de Renault « de garantir la moindre part de marché à FDB, préférant délocaliser sa production en Turquie, en Espagne et au Portugal ».

La Fonderie de Bretagne est un site historique. Conçue par et pour Renault dans les années 1960, l'usine fait face à un « désengagement soudain » du constructeur, menaçant directement sa survie, selon les signataires. Ancienne filiale de Renault, FDB avait été vendue en 2022 au fonds d'investissement allemand Callista Private Equity après une lutte sociale intense. Cependant, Renault restait le principal client de la Fonderie, représentant encore 95 % de son chiffre d'affaires en 2024.

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Alors que le fonds Private Assets s'était porté candidat à une reprise, avec une promesse d'apporter 11.000 tonnes de nouvelles productions par an pour réduire la dépendance au secteur automobile, les syndicats déplorent le refus de Renault de maintenir ses commandes jusqu'en 2028. Ce délai, selon eux, aurait permis une transition vers une diversification progressive de l'activité.

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L'avenir de la Fonderie de Bretagne en péril : 350 emplois en sursis, après l'échec des discussions

« Cynisme »de Renault

La direction générale de FDB a vivement critiqué avant Noël la décision de Renault, qualifiée d'« inique », qui « condamne la faisabilité du projet de reprise et risque de provoquer à court terme la fermeture de l'usine ». Le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, dénonçait alors « l'irresponsabilité » et le « cynisme » de Renault, accusé d'abandonner les salariés après quatre années d'efforts et de lutte.

«L'État dispose de leviers pour imposer à Renault de jouer le jeu du made in France», insistent les syndicats dans la lettre. Le groupe a touché 298 millions d'euros d'aides publiques en 2023 et a bénéficié « d'un prêt garanti par l'État de 4 milliards pendant leCovid».

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« L'issue tient à un fil : l'engagement de Renault », conclut la lettre des responsables syndicaux. La marque au losange, dont l'Etat détient 15% du capital de son côté, impute l'échec de la reprise au « désengagement soudain de Private Assets », tout en rappelant avoir contribué à hauteur de 35 millions d'euros pour soutenir le projet.

(Avec AFP)

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