Renault : le verre à moitié plein et vide des ventes 2018

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La marque au losange a écoulé près de quatre millions de véhicules en 2018
La marque au losange a écoulé près de quatre millions de véhicules en 2018 (Crédits : Reuters)
Le groupe automobile français a enregistré des ventes en légère progression et approche du seuil des 4 millions de voitures. Toutefois, ses performances restent encore trop concentrées sur des modèles d’entrée de gamme...

Décidément, l'année 2018 a été un exercice commercial très compliqué pour les groupes automobiles français. Quelques jours après PSA, Renault a publié, vendredi 18 janvier, ses résultats commerciaux. Au chapitre des bonnes nouvelles, les ventes du groupe sont en hausse de 3,2% et approchent le seuil des 4 millions d'immatriculations, avec 3,9 millions d'unités.

Leader de l'electromobilité en Europe

Autre motif de satisfaction: les ventes de voitures électriques ont augmenté de 36% avec 50.000 unités, avec une très nette accélération au second semestre (+62%). La stratégie électromobilité de Renault est probablement l'une des plus avancées au monde avec pas moins de cinq modèles commercialisés en Europe ce qui lui permet de contrôler 22,2% de part de marché en Europe. Les ventes de Zoé ont augmenté de 26% à 40.000 unités environ. C'est de bon augure pour les objectifs de CO2 de 2021 que redoutent tant les constructeurs automobiles européens.

Lire aussi : Voiture électrique : Renault noue un partenariat avec EDF, Total et Enel

Toujours du côté des réjouissances, le groupe français peut se targuer d'avoir bien résisté aux vents contraires sur plusieurs marchés émergents majeurs comme l'Argentine et la Turquie, deux pays pourtant lourdement secoués par des crises financières. En Argentine, Renault est stable alors que le marché a chuté de plus de 10%. En Turquie, le groupe français a essuyé une chute de 35% de ses ventes ce qui correspond à celle du marché. Résultat, cela n'a pas altéré sa part de marché d'environ 19%.

En attendant l'Arkana...

En Russie, le groupe profite de la reprise du marché (+12,8% en 2019), mais c'est surtout la marque Lada qui en profite avec une hausse de 15,6% grâce à la Vesta, voiture la plus vendue en Russie. La marque au losange est restée stable, et espère redynamiser ses ventes en 2019 avec l'arrivée de l'Arkana, ce SUV coupé qui avait surpris la presse internationale en septembre dernier. Enfin, au Brésil, Renault fait deux fois mieux que le marché avec des ventes en hausse de 28% et une part de marché qui approche les 9%.

Enfin, la belle performance de Dacia qui voit ses immatriculations augmenter de 7% et franchir le seuil des 700.000 immatriculations est également à noter. Mais ce chiffre dissimule l'autre versant des résultats commerciaux de Renault, celui d'une performance fondée notamment autour des produits d'entrée de gamme.

L'entrée de gamme domine les ventes

Ainsi, les trois premières ventes du groupe (toutes marques confondues) sont soit situées dans des petits segments ou font partie de la gamme bas coût du groupe (vendue sous les marques Dacia ou Renault). On retrouve ainsi la Clio, première vente du groupe avec 451.500 unités vendues. La citadine a réussi l'exploit de voir ses volumes augmenter de 10.000 unités, alors qu'elle entrait dans sa dernière année de commercialisation avant son renouvellement en 2019. Malheureusement, le segment des compacts est l'un des plus concurrentiels et les marges ne sont pas les plus fortes.

En deuxième et troisième position, on retrouve deux modèles low-cost, le Sandero et le Duster (première et deuxième génération) qui s'affichent avec respectivement 428.000 et 353.000 ventes. A eux trois, les ventes cumulées représentent un tiers des ventes du groupe automobile français. Les modèles dits haut de gamme, comme le Kadjar ou le Koleos, affichent des ventes en baisse avec respectivement 134.000 ventes (-13%) et 68.000 unités (-10%). Les Talisman et l'Espace ne font même pas parti du Top 20 des ventes du groupe. Même le Scénic, la plus accessible des familiales du catalogue, affiche des ventes en baisse de 10%, et ce, moins de deux ans seulement après son lancement commercial.

Heureusement, le Captur reste la star du groupe avec des ventes en hausse alors qu'il arrive, lui aussi, en fin de cycle avec 241.000 (+3%). Quatrième meilleure vente du groupe, ce SUV de segment B contribuera assurément aux profits du groupe.

La Chine dérape

Autre difficulté pour Renault, le marché chinois où les ventes de la marque ont baissé de 27% sur l'année. Certes, la performance sur le premier marché automobile mondial a été largement compensé par l'intégration des ventes de Jinbei et Huasong. La marque au losange espère que l'année 2019 sera plus dynamique avec l'arrivée de deux nouveaux modèles, mais la mauvaise conjoncture du marché chinois, pourrait contrarier cette perspective.

Au Brésil aussi le verre est à moitié vide, car la belle performance de Renault tient surtout au lancement du Kwid, l'une des voitures les moins chère du monde. Cette micro-voiture a représenté pas moins de 31% des ventes sur ce marché... Là encore, il semblerait que les ventes se soient concentrées sur l'entrée de gamme.

Au final, si la marque Dacia est à la fête, la marque Renault, elle, recule de 6%. Cette baisse est à surtout à mettre sur le compte du retrait des activités en Iran qui avaient représenté près de 440.000 immatriculations en 2017. Mais plus grave que les volumes, c'est bien la valeur des ventes qui inquiètent le bilan commercial global du groupe Renault.

En 2019, Renault lancera le premier acte du cycle de renouvellement de sa gamme avec une nouvelle Clio, puis avec un nouveau Captur. Les designers ont promis qu'ils allaient, à l'occasion de ce nouveau cycle de renouvellement, mettre l'accent sur le style intérieur et ainsi pousser les consommateurs à chercher des finitions supérieures, plus rentables. Reste à espérer qu'entre temps le groupe n'aura pas trop souffert du spectaculaire bouleversement managérial consécutif à l'arrestation de Carlos Ghosn.



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Commentaires
a écrit le 22/01/2019 à 21:07 :
En France, on fabrique pas seulement des voitres, mais des produits de qualité moyenne et veut les vendre au prix des prouduits de luxe. Exemple Citroen au Nicaragua avait présenté un petit 4 places avec un moteur diesel intéressant. Le seul hic, c'est que ça valait 7.000 $ de plus qu'une Toyota de même gamme.
a écrit le 22/01/2019 à 17:07 :
Oui Renault semble avoir un problème avec le moyen/haut de gamme. Je reçois ce jour une pub pour le nouveau Kadjar. Une des 1èrespages: les jantes et l'antenne ! Est-ce vraiment si important ? Pas de prix indiqué ... C'est peu comme info !
a écrit le 22/01/2019 à 14:51 :
Pour faire du "haut de gamme" plus rentable, il faut en avoir la volonté, et ne pas sortir une Talisman qui aurait pu devenir une haut de gamme sans ses multiples défauts, Renault en a les moyens et les capacités.
a écrit le 22/01/2019 à 13:56 :
Où trouve-t-on des Renault ailleurs que dans les pays où elles sont fabriquées? Nulle part, l' Afrique excepté le Maghreb avec ses usines n'est plus un marché malgré les efforts faits en Afrique du sud où la garantie consentie est digne d'un coréen chez nous. Si Nissan est présent sur tous les continents avec des modèles adaptés aux conditions de circulation et aux besoins de la clientèle, Renault reste un fabricant de citadines adaptées à une clientèle qui ne fait que décroître en raison de volonté politique.
a écrit le 22/01/2019 à 10:45 :
« Les ventes du Groupe Renault ont augmenté de 3,2 % en 2018, mais avec l’intégration des marques Jinbei et Huasong" qui sont des utilitaires. C'est 2 532 567 véhicules pour Renault. Est bientôt nous verrons peut-être fleurir des "Renault premier constructeur mondial" ou l'art de mélanger constructeurs et groupes.
Pour rappel, chiffres de ventes des constructeurs en 2017 : Toyota : 7 843 423 ; Volkswagen 6 639 250 ; Ford 5 953 122 ; Honda 4 967 689 ; Nissan termine le top 5 avec 4 834 694. Avec 2 275 227 autos vendues Renault apparait à la 11e place. On voit bien qu'il y a un gouffre entre constructeurs et groupes.
Réponse de le 22/01/2019 à 11:42 :
Renault premier constructeur mondial vous avait déjà défrisé en 2018, vous-êtes vous soigné depuis ...?
a écrit le 22/01/2019 à 8:31 :
Sans que l'on ne sache pourquoi et avant même le traité de Maastricht, les autorités françaises ont sans arrêt privilégié les constructeurs automobiles allemands.

L'exemple le plus hallucinant étant que Renault ayant collaboré avec les nazis a été nationalisé et jeté en prison lui mais les constructeurs allemands eux ont gardé comme propriétaires ceux qui ont installé au pouvoir Hitler et ceci sans le moindre problème.

On arrivera jamais à vendre nos voitures dans ces conditions oligarchiques totales qui se perpétuent quand on voit les constructeurs allemands gazer des cobayes aux gaz d'échappements sans qu'aucune autorité européenne n'intervienne. ET je ne parle pas de la gigantesque triche de VW seulement pénalisée par les américains sans aucune sanction européenne.

LE régime 100% oligarchique européen possède un mode de fonctionnement propre aberrant aux yeux de l'économie réelle puisque reposant seulement sur des réseaux dont les activités des protagonistes sont très floues. A l'image de l'union européenne qui ne sait faire des affaires qu'en secret, en cachant son fonctionnement aux peuples européens.

Ça ne va pas mais on comprend mieux pourquoi Juncker nous affirme qu'il n'y a pas de démocratie en Europe ou du moins "qu'il n'y a pas d’alternative démocratique aux traités européens". Tout va bien.
a écrit le 22/01/2019 à 8:27 :
Renault résiste avec le bas de gamme....La chasse aux voitures moyennes et hauts de gamme via les malus, ajoutons à cela la guerre au diesel et l’illusion de la voiture electrique imposées par le gouvernement, le risque est fort de détruire en France le développement de Renault et Peugeot. Restent les marchés étrangers ....

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