Volkswagen révèle des "incohérences" sur 800.000 véhicules : CO2 et moteurs à essence mis en cause

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Le groupe a déjà passé 6,7 milliards d'euros de provisions pour faire face aux premières conséquences financières et engager le gigantesque rappel des véhicules équipés de ce logiciel truqueur.
Le groupe a déjà passé 6,7 milliards d'euros de provisions pour faire face aux premières conséquences financières et engager le gigantesque rappel des véhicules équipés de ce logiciel truqueur. (Crédits : © Kim Hong-Ji / Reuters)
L'action dévissait de plus de 8% à l'ouverture à Francfort ce mercredi après ces nouveaux aveux concernant d'autres irrégularités dans la mesure des émissions polluantes, lesquelles pourraient coûter 2 milliards d'euros, selon le groupe.

Volkswagen a annoncé mardi 4 novembre que des "incohérences inexpliquées" sur les émissions cette fois de dioxyde de carbone (CO2) avaient été découvertes sur environ 800.000 véhicules diesel supplémentaires du groupe.

"Au cours d'enquêtes internes, des incohérences inexpliquées ont été découvertes concernant la mesure des niveaux de CO2. Sur la base actuelle de nos connaissances, environ 800.000 véhicules du groupe Volkswagen sont concernés", a indiqué le constructeur allemand dans un communiqué.

Lors de tests menés, les niveaux de CO2 "ressortaient trop bas" par rapport à ce qu'ils auraient dû être, a expliqué un porte-parole à l'AFP, ajoutant qu'il restait encore à déterminer exactement la différence entre le résultat de la mesure et la réalité.

Le groupe a décidé de passer en revue toutes ses différentes procédures sur les moteurs diesel, après l'éclatement mi-septembre d'un scandale portant sur l'installation d'un logiciel faussant les résultats des tests anti-pollution sur 11 millions de véhicules. Ce logiciel servait à masquer le niveau réel d'émission d'oxydes d'azote (NOx), polluants atmosphériques toxiques, et non de dioxyde de carbone.

De nouvelles irrégularités à 2 milliards d'euros

Pour l'heure, Volkswagen, qui fabrique des voitures sous douze marques différentes, "évalue les risques économiques à environ deux milliards d'euros" à la suite de cette nouvelle affaire. Le constructeur insiste toutefois sur le fait que "la sécurité de ses voitures n'est pas remise en question".

Un porte-parole de Volkswagen a précisé à l'AFP que les modèles concernés par ces irrégularités dans la mesure du niveau d'émission de CO2 étaient essentiellement des moteurs diesel 1,4 litre, 1,6 litre et 2 litres dans des modèles de VW, Skoda, Audi et Seat. Un moteur essence est également concerné. Volkswagen a promis de "commencer immédiatement à discuter avec les autorités concernées des conséquences de ces découvertes".

"Depuis le début, je me suis engagé à ce que nous expliquions les événements complètement et sans ménagement. Rien ni personne ne nous arrêtera. C'est un processus douloureux, mais il n'y a pas d'autre alternative", a déclaré dans le communiqué, Matthias Müller, qui a pris les rênes du groupe en septembre après l'éviction de Martin Winterkorn quand l'affaire des moteurs truqués a émergé.

Déjà 6,7 milliards d'euros provisionnés...

Ce scandale n'en finit pas de plomber Volkswagen. Le groupe a déjà passé 6,7 milliards d'euros de provisions pour faire face aux premières conséquences financières et engager le gigantesque rappel des véhicules équipés de ce logiciel truqueur.

Selon les résultats publiés mercredi 28 octobre dans un communiqué, le géant automobile enregistré une perte opérationnelle de environ 3,5 milliards d'euros entre juillet et septembre. Son résultat net s'affiche à - 1,7 milliard d'euros.

Et maintenant Audi et Porsche dans le collimateur américain

Autre rebondissement de ce début de semaine, l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA), qui avait la première révélé la tricherie début septembre, a accusé lundi 2 novembre le groupe allemand d'avoir violé les normes d'émission de gaz polluants également avec des moteurs diesel 3 litres des marques haut de gamme Audi et Porsche, constructeur dont est issu le nouveau patron du groupe. Volkswagen a démenti l'accusation.

    |Lire: Les accusations de trucage touchent Audi et Porsche : Volkswagen dément

Chute en Bourse

En attendant, l'action Volkswagen a dévissé de plus de 8% à l'ouverture à Francfort mercredi et s'enfonçait rapidement. Le titre, qui a perdu plus du tiers de sa valeur depuis mi-septembre, lâchait 9,96% à 99,94 euros dans les premiers échanges, entraînant le Dax à la baisse (-0,19% à 10.929,89 points à 08H11 GMT)

>>> LIRE AUSSI : notre dossier sur le scandale Volkswagen

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 05/11/2015 à 6:48 :
Allez, du courage chers dirigeants de l'UE: 6 mois d'interdiction totale de vente de véhicules en Europe pour VW et marques affiliées. Je donne l'exemple en me débarrassant de ma Seat pour une marque française.
VW, der Betrüger!
a écrit le 04/11/2015 à 17:50 :
Si l' on comprend bien, ils ne savent même plus ou ils ne l' ont pas implanté, le logiciel serait devenu un zombie et se dupliquerait en loussedé partout tel un ver, un malware maverick.
çà fout les jetons quand on y songe.
a écrit le 04/11/2015 à 14:14 :
Le processus de l'escroquerie VW touche au mode d'évaluation technique. Le résultat est-il noté sur la performance réelle de la voiture en usage quotidien, impossible à vérifier mais ce que l'on croit en général, ou bien celle constatée à la sortie de tests en laboratoire, basés sur un protocole d'analyse, ce qui se pratique ? [Auto-défini aux USA mais publié]. Comme un écart admis entre ces deux mesures est systématiquement obtenu mais fait foi, l'idée qui forme l'escroquerie VW est alors qu'il s'agit de réussir aux tests et non pas proposer un véhicule de performance routière. Les autres constructeurs ont pensé eux que les tests résultent nécessairement du lissage inévitable des performances du véhicule, sans manipulation visant à une amélioration intermédiaire. Au vu des résultats économiques, ils se trompaient. Juridiquement donc VW a voulu cacher la nature réelle de son produit pour flouer l'acheteur et même s'en faire une publicité différentielle de qualité. Le groupe a admis l'escroquerie sur ses petites voitures, il nie tout sur les plus grosses. Une stratégie de l'abandon d'une partie pour protéger l'essentiel est donc possible, il correspond à l'état d'esprit "compétitif" du groupe. Les fanatiques de la marque obtenus par ce procédé s'occupent comme on le voit à couvrir les mensonges pourtant avoués de leur idole. Pour leur part, les logiciels des plus grosses automobiles sont multiples, pouvant se coordonner, et il faut être expert de très haut niveau pour les identifier : quels ordres dispersés produisent quels effets sur un moteur ? A quel niveau y a-t-il régulation normale par rapport à celle qui serait une tromperie ? De toute évidence les testeurs attendent des constructeurs qu'ils leurs donnent les outils de vérification comme cela se pratique habituellement. Or, fait nouveau, nous assistons à l'irruption massive de l'informatique dans les automobiles et ce phénomène constitue dans ses applications autant de secrets industriels que les constructeurs ne souhaitent pas dévoiler. Autant dire qu'à moins de dépenser des sommes astronomiques en recherche, il n'y a qu'eux qui sont capables de connaître la vérité. C'est pourquoi les américains n'accusent pas VW (comme dit dans l'article) pour toute la gamme mais évoquent une possibilité face à des éléments d'analyse électronique qui dépassent leur compétence. Pour l'instant VW a intérêt à ce que son titre baisse pourvu que ses crédits soient maintenus et même si son chiffre d'affaire stagne au haut niveau qui est le sien, ceci permettant de régler tous les problèmes financiers extraordinaires de son haut de bilan, magouilles anciennes inclues. Pour le reste il réglera une addition d'environ 4 milliards comme je l'ai indiqué tandis que les tribunaux se perdront dans le méandre judiciaire, n'ayant aucune possibilité de preuve. Pendant ce temps de nouveaux modèles seront apparus qui relativiseront bien vite cette faiblesse technique de l'allemand qui a perduré 15 ans durant et dont paradoxalement il a su faire un avantage avec l'accord implicite de tous.
a écrit le 04/11/2015 à 12:50 :
Et après :
- VW la marque devra perde son arrogance et son slogan (Das Auto) et prouver qu'ils sont un généraliste au niveau de qualité (et oui) des autres (Peugeot , Opel etc..).
- Audi devra prouver qu'il est premium ( rebadger du Skoda ne suffira plus).
- Quid alors de Skoda et Seat ??? Justement leur production correspond aux surcapacités en Europe (Exit ??)..
Réponse de le 04/11/2015 à 19:57 :
@THE DAY AFTER

Ils devront rejoindre le niveau de Peugeot car ils en sont loin au plan chassis, qualité, design, je vous trouve bien optimiste , quant à Renault, n'en parlons même pas, Vw group est loin de sa fiabilité...!
a écrit le 04/11/2015 à 12:40 :
Citation de Ferdinand Piëch lors du plus fort de la crise chez PEUGEOT :
"On va leur apprendre à faire des voitures".
a écrit le 04/11/2015 à 12:30 :
Angela a les boules, il faut décoder son intervention, plutôt sa tentative de déminage la deutsche Qualität ne s' effondrera pas au gré des découvertes, le mythe est plus fort que ça, Deutschland über alles...!!
Dommage, on achète plus...
a écrit le 04/11/2015 à 11:41 :
Ça va pas aider l économie européenne, mais ce n est pas désagréable de voir à l œuvre la soi disante vertue protestantes vs nous autres latins tricheurs. les supposees qualité et rigueur allemandes prennent une grosse baffe. Par ailleurs les dernières infos montrent qu ils ont aussi menti sur l émission co2 et ca peut être bon pour notre budget. Ils vont devoir rembourser les primes injustement perçues. Préfère taxer les constructeurs allemands que les boîtes et particuliers français!
Réponse de le 04/11/2015 à 20:54 :
Vous semblez bien mal connaître le protestantisme actuel . Vous faite référence au protestantisme du 19ème siècle qui est bien loin du protestantisme actuel notamment de celui de l Église Réformée de France qui n' a pas les "vertus" ( sans E, svp ) que vous évoquez.
a écrit le 04/11/2015 à 10:57 :
Je roule en VW depuis 9 ans. Bof, mis à part la boîte DSG, rien de mieux.
Si PSA et Renault ou autres, étaient implantés aux USA, ils auraient connu la même mésaventure que VW.
En effet, depuis quelque temps, nous assistons à des attaques en nombre et valeurs exponentielles à l'égard des acteurs économiques européens. En fait, c'est LA GUERRE.
Le nouveau traité d'échanges USA-Europe, encours de négociation, ne présage rien de bon.
De caniches des américains, devenons des pittbulls !
Malheureusement, c'est courage, fuyons !
Réponse de le 04/11/2015 à 11:14 :
Rien d e mieux, comme vous y aller mais il faut oser courageusement d'abord et puis ensuite pouvoir en payer le prix !!!

http://www.largus.fr/actualite-automobile/enquete-fiabilite-volkswagen-une-reputation-mise-a-mal-6412385.html#comment-sticky
Réponse de le 04/11/2015 à 11:17 :
Il ne s'agit pas d'une mésaventure mais d'une fraude consistant à introduire un logiciel détectant le test et changeant les réglages du moteur pendant le test. Nulle preuve que PSA et Renault pratiquent ce genre de méthodes ruinant la confiance en la marque.
Réponse de le 04/11/2015 à 11:30 :
Il faut arrêter la parano, BMW, Mercedes, Volvo entre autres sont très bien implantés sur le marché américain mais ils respectent les règles donc les autorités américaines ne vont pas leur cherché de noises. VW a reconnu avoir triché, les sanctions sont justifiées. Le système américain est basé sur la "self certification", vous déclarez que votre véhicule est conforme aux normes et l'on vous croit a priori. cela évite une procédure d'homologation lourde et coûteuse mais certains se disent qu'ils peuvent donc du coup tricher, d'où l'installation de ce logiciel destiné à réduire la puissance et donc les émissions pendant le contrôle technique.
Bon, maintenant si vous voulez voir des complots partout, libre à vous...
a écrit le 04/11/2015 à 10:22 :
l'énorme trésorerie que vous mentionnez ne servira pas a racheter des actions ou financer de nouveaux investissements mais a financer un colossal programme de rappel et des amendes aussi colossales.

Tout bénéfice pour nos constructeurs nationaux. Et oui, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres.
Réponse de le 04/11/2015 à 11:16 :
Elle ne couvre déjà plus, les milliards de cash sont d' ores et déjà bouffés, il faut emprunter...
a écrit le 04/11/2015 à 8:10 :
Ils peuvent remplacer le slogan " Das Auto " par " Der Betrüger ".

Ah les fameux plastiques moussés et la " Deutsche Qualität "....
Réponse de le 04/11/2015 à 9:44 :
Il ne faut pas se laisser aveugler par le tapage médiatique autour de "l'Affaire VW". La chute des cours de l'entreprise est une aubaine pour la compagnie qui va pouvoir racheter ses propres actions à bon prix, grâce à l'énorme trésorerie à sa disposition. Il faut savoir qu'en bourse, on peut gagner autant d'argent à la hausse qu'à la baisse. L'augmentation de volatilité du cours permet d'augmenter la spéculation, et donc le profit... Tout le monde en profite !
Réponse de le 04/11/2015 à 10:05 :
Exactement. La qualité VW a beaucoup baissé! Ils profitent de réputation d'excellence, méritée des BMW ou Mercedes qui sont sur le haut de gamme. Mais VW ou les modèles entrée de gamme Audi c'est la même qualité que n'importe quel autre constructeur mondial (mais en dessous de Peugeot haha).

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