CONSEILS. Depuis le 1er janvier, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique ne peuvent plus être loués. Refusant d’entamer des travaux, des propriétaires mettent leur bien en vente. Une aubaine pour certains...
À l'automne 2023, les propriétaires bailleurs en étaient convaincus : attentif à leur situation, Bruno Le Maire allait acter un report de l'interdiction de location des passoires thermiques. Pour rappel, ces logements mal isolés réclament une grande consommation d'énergie pour être chauffés. Force est de constater que le ministre de l'Économie a fini par quitter Bercy, un an plus tard, et ce, sans repousser la date butoir inscrite dans la loi Climat et Résilience.
Ainsi, depuis le 1er janvier 2025, il est devenu interdit pour un bailleur de signer ou de renouveler un bail d'un logement étiqueté G au diagnostic de performance énergétique (DPE). De quoi provoquer des maux de tête aux propriétaires. Ces derniers « se posent la question de s'investir dans un projet de rénovation qui leur semble lourd et compliqué », témoigne Nicolas Martinot, directeur d'agences Century 21 à Troyes (Aube).
Alors, avant même cette échéance, certains ont fait un choix radical : se débarrasser de leur bien. « On a constaté l'année dernière un afflux de logements G mis en vente avec une progression au fil des mois », reconnaît Delphine Herman, directrice chez Guy Hoquet l'Immobilier. « Les logements G représentent 12 à 13 % des biens de notre portefeuille », indique de son côté Yann Jéhanno, le président du réseau Laforêt.
Des biens passoires qu'il n'est toutefois pas question de « stigmatiser », car il existe un « marché de plus en plus important », nuance Nicolas Martinot. « À Paris, par exemple, l'année dernière 10 % des biens mis en vente étaient classés G », acquiesce Delphine Herman, s'appuyant sur les chiffres de l'Observatoire Guy Hoquet qui agrège les 15 portails immobiliers les plus importants en France.
En France, près de 600.000 logements sont classés G, selon l'Ademe (l'Agence de la transition écologique). Dans un marché immobilier atone, toujours plombé par des taux d'intérêt élevés, ces biens énergivores sont perçus comme de potentielles affaires par les acquéreurs. À l'affût d'un appartement entre 30 et 40 mètres carrés dans la capitale, Vincent, 28 ans, vient d'entamer ses recherches. Et le salarié envisage sérieusement d'acheter une passoire thermique. « J'ai une visite programmée d'un appartement classé G qui se situe entre les stations Louis Blanc (10e arrondissement) et Stalingrad (19e arrondissement) », précise-t-il à La Tribune.
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