Gel des péages : les automobilistes vont payer très cher le "cadeau" de l'Etat

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En avril 2014, tant le Premier ministre Manuel Valls que la ministre de l'Écologie et de l'Énergie Ségolène Royal assuraient qu'il n'y aurait pas de hausse des tarifs autoroutiers en 2015, les sociétés concessionnaires d'autoroutes étant appelées à contribuer pour protéger les consommateurs, c'est-à-dire les automobilistes, en renonçant à la hausse des tarifs pour l'année 2015, sans rattrapage pour l'année prochaine...
En avril 2014, tant le Premier ministre Manuel Valls que la ministre de l'Écologie et de l'Énergie Ségolène Royal assuraient qu'il n'y aurait "pas de hausse des tarifs autoroutiers en 2015", les sociétés concessionnaires d'autoroutes étant "appelées à contribuer pour protéger les consommateurs, c'est-à-dire les automobilistes, en renonçant à la hausse des tarifs pour l'année 2015, sans rattrapage pour l'année prochaine"...
Les automobilistes sont-ils les dindons de la farce ? En tout cas, c'est ce qu'on appelle un vrai-faux cadeau. Certes, en 2015, l'Etat avait remporté le bras de fer contre les sociétés concessionnaires d'autoroutes. Mais au final, le gel des prix pour les péages autoroutiers coûtera 500 millions d'euros aux usagers, affirme le régulateur.

La question des super profits des sociétés d'autoroutes, révélée dès 2013 par la Cour des comptes, puis dénoncée en 2014 par l'Autorité de la concurrence, et enfin, l'année suivante, transformée en vrai cheval de bataille par un gouvernement de gauche en mal de pouvoir d'achat à redonner, n'en finit pas de faire des vagues.

Le 8 avril 2014, tandis que le Premier ministre Manuel Valls assurait qu'il n'y aurait "pas de hausse des tarifs autoroutiers en 2015", la ministre de l'Écologie et de l'Énergie Ségolène Royal, n'avait-elle pas déclaré de son côté, devant l'Assemblée nationale, que les sociétés concessionnaires d'autoroutes "sont appelées à contribuer d'une part pour protéger les consommateurs, c'est-à-dire les automobilistes, en renonçant à la hausse des tarifs pour l'année 2015, sans rattrapage pour l'année prochaine" ?

Compenser le coût du décalage de la hausse des prix

Pourtant, hier mardi, l'Arafer, le régulateur ferroviaire et autoroutier, a annoncé dans un rapport que le gel des péages autoroutiers décidé par le gouvernement pour l'année 2015 va coûter 500 millions d'euros aux usagers sur les 20 prochaines années.

"Au final, les usagers paieront de l'ordre de 500 millions d'euros de péages supplémentaires sur la durée restante des concessions (environ 20 ans) pour compenser le coût du décalage de cette hausse des tarifs", indique l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) dans un communiqué de presse.

En 2015, en plein bras de fer entre l'Etat et les concessionnaires autoroutiers, un gel des tarifs avait été imposé, avec un rattrapage lissé sur la période 2019-2023.

"Pour l'usager, ce rattrapage sur cinq ans se traduit par une augmentation des péages supérieure à celle normalement prévue au 1er février 2015: de +0,23% à +0,82% selon les concessionnaires", détaille l'Arafer.

Des coûts qui s'ajouteront aux hausses annuelles contractuelles

Ces augmentations de péages, prévues pour compenser le gel, s'ajoutent aux hausses annuelles prévues dans les contrats entre l'Etat et ces sociétés, et qui sont indexées sur l'inflation.

"Elles génèreront d'ici la fin de la concession (...) une recette supplémentaire de 500 millions par rapport à ce qu'elle aurait été si on avait appliqué en février 2015 l'augmentation contractuellement prévue", a expliqué le président de l'Arafer, Bernard Roman, lors d'un point de presse.

Le conflit entre l'Etat et les sociétés concessionnaires avait commencé à l'automne 2014, après un rapport de l'Autorité de la concurrence qui faisait état d'une situation de "rente" pour ces sociétés depuis la privatisation de 2006, un calcul que contestent les sociétés.

Au plus fort de la crise, une résiliation pure et simple des contrats de concession avait été évoquée notamment par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, mais cette piste n'avait pas été suivie par le gouvernement.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 09/12/2016 à 20:32 :
C'est pas le tout, mais quelles autoroutes vont revenir dans le domaine public?
Car avec la mode des péages il y a très peu de villages raccordés et faut souvent faire un détour et se rallonger de 10 à 20 km.
Il est grand temps que tout le monde en profite.
Un autre problème, les zônes de travaux si elles sont limitées en vitesse, doivent être signalées avant une sortie pour reprendre la nationale afin de ne pas payer pour rien ou les rendre gratuites, sinon c'est du vol.
a écrit le 09/12/2016 à 17:34 :
Re-nationalisons les autoroute au coût historique des actifs. Ce n'est pas 0,5% d'augmentation des péages que vont subir les usagers, mais 2,5% comme pour les autres services publics (sncf, poste, etc.) co-gérés par l'Etat et les syndicats.
a écrit le 09/12/2016 à 17:20 :
Regardez qui sont les actionnaires des sociétés d'autoroutes et vous comprendrez.(beaucoup de politiques qui pour la plupart sont gavés sur votre dos.
a écrit le 09/12/2016 à 16:22 :
Ces les prémisses de la révolution, la révolution française était du à la gabelle qui était une taxe au péage. si je me trompe que l'on me corrige!!! mais bon cela sent mauvais!!
a écrit le 08/12/2016 à 12:37 :
Une honte, un véritable scandale d'état !
Quelle gestion à court terme de l'affaire... C'est minable
Réponse de le 08/12/2016 à 17:08 :
Ce qui a été minable, c'est le bradage des sociétés d'autoroute, dont l'économie réalisée sur la dette rapporte moins que ce que rapportait ces mêmes sociétés. Et le tout, pour qu'à un an des élections, en 2006, on ne soit pas au-dessus des 3 % de déficit public.

Et aussi le contrat de concession qui a revenu à faire une rente aux dépens des automobilistes. Tout le monde peut le constater.
a écrit le 08/12/2016 à 9:30 :
inflation vous avez dit!!!!! les salaires bougent peu les retraites sont gelees depuis des annees les prets sont a taux presque 0 alors pourquoi augmenter les autoroutes ,le gaz, l'electricite tout cela devraient etre stable!!!! mais il faut faire plaisir au copains coquins qui nous dirigent et leur faire gagner un peu plus d'argent sans reduire le train de vie dispendieu de l'etat c'est pas grave les petits ronchonnent mais payent.
a écrit le 07/12/2016 à 17:56 :
Racket éhonté, si encore ça profitait à l'état mais ce n'est plus le cas... Bizarre, quand les autoroutes étaient nationalisés, c'était pas du tout rentable, et dès que c'est passé dans le privé ça devient la poule au oeufs d'or... vive l'efficacité de la fonction publique ...

Je ne serai pas surpris qu'on arrive bientôt à des extrémités ou des mouvements de foule forceront les péages car otages des autoroutes, n'ayant pas d'alternative. En terme de frein à l'économie ça se pose là ...

Mais je dois bien sûr être un affreux complotiste ...
a écrit le 07/12/2016 à 15:28 :
Une solution: voter une loi taxant spécialement les superprofits des concessionnaires de service public (je le dis vite, techniquement ça serait plus subtil). Ca peut marcher juridiquement, à la condition expresse que la loi ne vise pas spécifiquement les concessionnaires d'autoroute (sinon ils pourraient prétendre à un dédommagement, là encore je le dis vite, techniquement c'est plus complexe).

Evidemment, faut assumer politiquement ce genre de décisions. Par ailleurs, ça remettrait un peu en cause la crédibilité de l'Etat en tant qu'autorité concédante: dans le cadre de nouveaux projets, les investisseurs seraient plus méfiants. Mais il vaut mieux ça que continuer à faire des deals désastreux comme les autoroutes...
a écrit le 07/12/2016 à 13:22 :
idem pour les tarifs du gaz et de l'électricité...après le gel vient le dégel et il est sévère. D'ailleurs à ce sujet nous n'entendons plus beaucoup Mme. Royal.
a écrit le 07/12/2016 à 13:10 :
cela prouve bien que l'etat est un gestionnaire minable, du tps ou ns etions proprio des autoroute ca nous coutait un bras, en deficite en plus..... depuis la cession aux concessionaire non seulement ca nous coute deux bras, mais il y en a un qui sert a engraisser les actionnaires.....cherchez l'erreur, il faudrait recuperer tous ca et baisser les taxes carburants, l'etat(nous) retrouvions des couleurs......du style celles qui sont presentent sur les billet euros.....
bonne route!!
a écrit le 07/12/2016 à 13:02 :
L'avantage des autoroutes, c'est qu'avec un minimum d'organisation on peu les éviter. Pour ma part, ça fait 2 ans que je m'en passe et ça me fait un petit budget supplémentaire pour palier à la stagnation de mon salaire.
Réponse de le 08/12/2016 à 16:22 :
Certaines autoroutes peuvent s'éviter. D'autres plus difficilement à moins d'aimer particulièrement les rond-points tous les 1km.
a écrit le 07/12/2016 à 12:22 :
Merci Manuel !
Réponse de le 07/12/2016 à 13:22 :
Merci Manu, mais surtout un grand merci Gilles de Robien d'avoir privatisé les autoroutes !
Réponse de le 07/12/2016 à 13:44 :
@kirikoo
"Merci Manuel !"

Manuel De Villepin et Manuel Chirac, ceux qui ont décidé de cette vente des autoroutes publiques à des boîtes privées, ou Manuel Sarkozy, qui a continué la vente?
Heureusement que le prochain Président, Manuel Fillon, est, lui, farouchement opposé à toutes ces privatisations que les Britanniques nomment "Asset Stripping"... Oh wait
a écrit le 07/12/2016 à 11:55 :
Evitons l'autoroute dans la mesure du possible....
a écrit le 07/12/2016 à 11:32 :
Dommage que ces autoroutes construites par l'état il y a quelques années aient été vendu par M de Villepin pour des clopinettes...
En attendant le contribuable va devoir payer pour rémunérer des actionnaires avides, au passage il faut remarque qu'une part de ces société n'a plus rien de français...
Notez aussi que cet annonce fait suite à la dégringolade de Vinci en bourse, à vous cher citoyens usager de régler les soucis boursier de cette entreprise tentaculaire néfaste...
Un seul mot : SOUVERAINETÉ !
a écrit le 07/12/2016 à 11:17 :
Voilà encore un domaine, avec la régie de l'eau et de l'énergie qu'il serait urgent de retirer aux actionnaires.

C'est bien beau de vouloir engraisser tout ces déjà trop gros mais bon à un moment faudrait penser un minimum à ses administrés or les intérêts de ces premiers n'ont rien à voir avec les notres, merci.

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