Dès le 5 mars, la présidente de la fédération des promoteurs immobiliers, Alexandra François-Cuxac, l'avait pressenti: 2020 serait "une année blanche" pour le logement neuf. Pour répondre à une filière qui s'estime lésée par le plan de relance, le gouvernement vient de lancer un pacte national pour la construction durable et de proroger des dispositifs fiscaux. Aussi, les professionnels accueillent 2021 avec optimisme.Près de cinq mois après le second tour des élections municipales, et six mois après la fin du premier confinement, les promoteurs immobiliers espéraient sans doute annoncer de bons résultats pour le troisième trimestre 2020. Il n'en est rien. Entre début juillet et fin septembre, les mises en vente de logements neufs ont baissé de 37,5% par rapport à la même période de l'an dernier. Idem en matière de réservation: la demande a chuté de 28,5% par rapport au troisième trimestre 2019.
2020, "une année blanche"
Que s'est-il donc passé depuis huit mois et demi ? Les études notariales et les services d'urbanisme, instruisant les permis de construire, ont été fermés entre mi-mars et mi-mai, ajournant les signatures d'actes authentiques et les déblocages de projets municipaux. De même que depuis le printemps, les conditions d'accès aux crédits se sont considérablement durcies, freinant les acquisitions de résidences principales ainsi que les opérations d'investissement locatif.
Qui est responsable ? La crise sanitaire ? Le décalage de trois mois du calendrier électoral ? Dès le 5 mars dernier - c'est-à-dire dix jours avant le premier tour du scrutin et une semaine avant l'entrée dans le premier confinement -, la présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) redoutait une "année blanche". "Je n'ai rien qui me permet d'être optimiste entre des lendemains d'élections qui vont engorger les services d'urbanisme et des prix de construction qui demeurent très élevés", déclarait alors Alexandra François-Cuxac.
Un pacte national pour la construction durable
Quoiqu'il en soit, le ton a changé des deux côtés. Dès la mi-juillet, la FPI (41,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires revendiqué, 32.300 employés, 630 sociétés et 18 chambres régionales) dévoilait un nouveau slogan "Aidons la ville de demain à sortir de terre". Autrement dit, "une campagne de communication à destination des élus locaux pour les sensibiliser au sujet du logement neuf et de la ville durable" selon sa présidente Alexandra François-Cuxac.