Saint-Gobain sort encore le chéquier pour décarboner le bâtiment et la chimie
César Armand
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GONZALO FUENTES
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Le fabricant et distributeur de matériaux de construction Saint-Gobain poursuit ses acquisitions agressives. Ce lundi 6 décembre, il a annoncé l'achat de GCP Applied Technologies pour 2,3 milliards de dollars (2 milliards d'euros). Cette nouvelle emplette intervient sept mois après l'achat de Chryso pour 1,02 milliard d'euros.
A quelques semaines de l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation environnementale des bâtiments, dite « RE2020 », les professionnels du bâtiment , à l'image de Saint-Gobain, accélèrent leur mue écologique. Tous les matériaux de construction pourront encore utilisés mais à condition, qu'à horizon 2031, « les matériaux plus usuels comme la brique et le béton se soient décarbonés ».
Sans attendre le 1er janvier 2022, les professionnels du secteur n'ont donc qu'un seul mot à la bouche : le béton « bas-carbone », considéré comme 40% moins émissif en gaz à effet de serre que le béton traditionnel. A vrai dire, ils n'ont plus le choix. Dès mai 2021, l'industrie cimentière s'est engagée, auprès du gouvernement, à baisser de 25% ses émissions à horizon 2030 et de 81% d'ici à 2050 ses émissions de gaz à effet de serre.
Tous les moyens sont bons effectivement pour réduire l'empreinte écologique du béton classique qui contient 88% de granulats et de sable ainsi que 12% de ciment, responsable à lui tout seul de 98% des émissions de gaz à effet de serre. Un jour, le métro du Grand Paris promet de substituer le ciment par des laitiers, les déchets de fonderie et d'aciérie ; un autre, Holcim entre au capital de CCB Greentech pour remplacer le gravier et le sable par du bois.
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C'est dans ce contexte normatif en pleine évolution qu'il faut comprendre les rachats de Saint-Gobain. GCP Applied Technologies et Chryso apportent en effet des solutions précieuses pour accélérer la décarbonation des activités du groupe. Leur point commun ? Ce sont tous les deux des acteurs historiques de la chimie.
Le premier est une « plateforme mondiale reconnue dans les additifs pour ciment, adjuvants pour béton et solutions d'imperméabilisation pour les infrastructures, le commercial et le résidentiel ». Le second, qui a appartenu à Lafarge, s'autoproclame « leader mondial de la chimie de la construction ».
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César Armand