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Budget 2025 : l'industrie oscille entre soulagement et inquiétude

latribune.fr

Publié le 11 octobre 2024 à 18:01 - Mis à jour le 11 octobre 2024 à 18:01

L'industrie oscille entre inquiétude et soulagement après la présentation du projet de loi de finances pour 2025.

L'industrie oscille entre inquiétude et soulagement après la présentation du projet de loi de finances pour 2025.

Reuters

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Selon les industriels français, le projet de budget de rigueur présenté jeudi par le gouvernement Barnier « n'est pas bon à court terme » pour les usines, mais semble avoir préservé trois atouts de la réindustrialisation naissante : les crédits impôt-recherche, la « flat tax » et le programme France 2030.

Après la présentation du projet de loi de finances pour 2025 ce jeudi 10 octobre en Conseil des ministres, l'industrie fait contre mauvaise fortune bon cœur. Les industriels apparaissent soulagés que, malgré le plan massif d'économies de 60 milliards d'euros que contient le projet de budget, le gouvernement de Michel Barnier a choisi de préserver trois éléments essentiels à leurs yeux : le crédit d'impôt-recherche (CIR), le prélèvement forfaitaire unique (PFU) et le programme France 2030.

Dénoncé comme trop coûteux (7 milliards d'euros en 2023) et mal calibré, le crédit d'impôt-recherche figurait bien dans les pistes de réduction budgétaire de Bercy. Dans une revue de dépenses dévoilée début septembre, l'Inspection générale des finances (IGR) proposait de sabrer 45O millions d'euros dans le CIR. Mais le dispositif fiscal a été préservé par le gouvernement Barnier dans le projet de budget.

« Chaque année revient la polémique sur le maintien du crédit impôt-recherche (qui porte sur quelque 7 milliards d'euros NDLR), mais il faut savoir que cette mesure ancre en France les activités de recherche et développement des entreprises industrielles », se félicite Vincent Charlet, économiste du groupe de réflexion la Fabrique de l'Industrie. L'économiste juge ce dispositif fiscal « essentiel » pour l'industrie française.

Autre dispositif préservé par le gouvernement Barnier. Le prélèvement forfaitaire unique, mis en place par le gouvernement d'Edouard Philippe au 1er janvier 2018. Il est aussi un « élément d'attractivité pour les investisseurs », relève Alexandre Saubot, président de France Industrie, l'organisation qui représente les 31 branches industrielles du pays.

Idem pour le programme d'investissement France 2030 qui « soutient » la recherche et l'industrie, « à condition qu'il ne subisse pas de régulation budgétaire » lors de la discussion du texte devant le Parlement, ajoute-t-il.

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Pour les industriels, le maintien de ces trois éléments est important car il conforte un secteur très fragilisé en France, qui ne représente plus que 13,5% du PIB marchand, selon l'institut Rexecode, pour 7,6 millions d'emplois directs et indirects, après plus de 30 ans de fermetures d'usines et de délocalisations.

Des hausses d'impôts qui passent mal

Mais ce projet de loi de finances comporte aussi des mesures fiscales qui sont mal vues des industriels. A commencer par l'augmentation présentée comme temporaire - deux ans - de l'impôt sur quelque 400 très grandes sociétés (IS), qui doit rapporter 8 milliards d'euros à l'Etat en 2025. Un rendement par ailleurs mis en doute par l'Institut des politiques publiques dans une note parue cette semaine qui table plutôt sur 6,2 milliards d'euros. Elle « aura des effets sur l'ensemble de la chaîne de valeur », prévient Alexandre Saubot, dans un entretien avec l'AFP.

« Ne croyez pas que parce que vous ne touchez qu'aux gros cela ne touchera pas les petits, car dans les filières industrielles, que ce soit l'aéronautique, l'acier, les commandes des grands groupes vont baisser vers leurs sous-traitants plus petits », souligne-t-il.

Autre indicateur jugé défavorable pour l'activité des entreprises en général, le report, de la baisse de l'impôt de production de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Il était prévu que la CVAE disparaisse totalement du paysage fiscal en 2027. L'annulation de cette baisse devrait rapporter 1,1 milliard d'euros de recettes dans les caisses de l'Etat.

« C'est un impôt à la source, avant même que l'industriel ait commencé à faire tourner la machine : il est bon pour alimenter les contributions de l'Etat aux collectivités territoriales, mais ce n'est pas une bonne idée pour la rationalité économique »et l'emploi, remarque Vincent Charlet.

Dernier point du budget jugé négatif par le monde de l'industrie : la forte réduction appliquée au programme Ma Prime Renov destiné à encourager les rénovations énergétiques des bâtiments pour faire baisser les émissions de CO2 de la construction et les factures énergétiques.

« Il y aura un impact sur les entreprises et sur le marché du bâtiment qui va déjà très mal », prédit Benoit Lavigne, délégué général de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) qui couvre notamment les entreprises de chaudières et de climatisation.

« La décarbonation de l'économie est l'un des plus gros chantiers industriels à venir, et ne pourra pas se faire en décroissance, il faut inciter les gens à investir », ajoute-t-il.

Encourager les réformes structurelles

Pour les industriels, et notamment Alexandre Saubot, la grande priorité de l'Hexagone est de procéder à des « réformes structurelles ». « Si les réformes structurelles ne sont pas menées nous doutons du côté temporaire annoncé des hausses d'impôts », indique le président de France Industrie.

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« Il faudra travailler plus pour ramener de l'argent à l'Etat sous forme de cotisations, mais aussi remettre de la responsabilité dans tous nos dispositifs d'assurances sociales, en responsabilisant individuellement les acteurs », affirme-t-il.

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