L'affaire Sanofi a animé le débat politique de ces derniers jours. La possible prise de contrôle par un fonds américain de sa filiale (Opella) - qui commercialise notamment le Doliprane - a inquiété jusqu'au sommet de l'Etat. Et pour cause, elle braque la lumière sur la situation précaire de la France en matière de souveraineté sanitaire. Pour rappel, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait dénoncé une hausse de 30,9% des ruptures de stocks ou risques de ruptures sur les médicaments en 2023 par rapport à 2022, en début d'année.
La ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, a souhaité des garanties de « production en France », « d'approvisionnement normal » en pharmacies et de « stocks suffisants » du Doliprane. Un vœu déjà formulé par Emmanuel Macron dans le cadre du plan France 2030, où 7,5 milliards d'euros devraient être débloqués pour faire de la France la première nation européenne innovante et souveraine en santé.
Mais du côté des industriels, on rit jaune. La raison ? En parallèle de ces annonces, le gouvernement leur réclame des efforts sur les baisses de prix des médicaments toujours plus importants. Sur les 4,9 milliards que souhaitent économiser l'Etat dans le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) déposé la semaine dernière, plus d'un milliard d'euros concerne la maîtrise des prix des produits de santé, incluant les médicaments.