Total va exploiter le plus grand gisement pétrolier du Brésil

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Les fortes participations de Shell et de Total ont surpris le marché qui misait plutôt sur une surenchère des compagnies publiques chinoises, finalement minoritaires.
Les fortes participations de Shell et de Total ont surpris le marché qui misait plutôt sur une surenchère des compagnies publiques chinoises, finalement minoritaires. (Crédits : Reuters)
Le pétrolier français va faire partie d'un consortium qui va exploiter pendant 35 ans le gisement de Libra, considéré comme le plus vaste du Brésil. Les réserves qui y sont enfouies sont estimées entre 8 à 12 milliards de barils de brut et leur mise en exploitation nécessitera au total un investissement de 280 milliards de dollars.

Total poursuit son implantation au Brésil. L'exploitation du plus grand gisement pétrolier du Brésil a été attribuée ce lundi à un consortium formé par le Brésilien Pétrobras (40%), Shell et Total (20% chacun) et les chinois CNPC et CNOOC (10% chacun), a annoncé lundi l'Agence Nationale du pétrole (ANP).

Ce consortium a été le seul à présenter une offre pour exploiter durant 35 ans le gigantesque champ pré-salifère de Libra. Considéré comme le plus vaste du Brésil, ce dernier couvre 1.500 km², et les réserves enfouies sont estimées entre 8 à 12 milliards de barils de brut.

Des participations de Total et de Shell qui surprennent

Les fortes participations de Shell et de Total ont surpris le marché qui misait plutôt sur une surenchère des compagnies publiques chinoises, finalement minoritaires. Les experts estimaient que les groupes publics chinois miseraient plus que les compagnies occidentales, étant plus soucieux de s'assurer des réserves stratégiques qu'un retour sur investissement rapide.

Dans un communiqué, le président de Total, Christophe de Margerie, a déclaré que

Libra offre une opportunité unique de participer au développement d'un méga-gisement offshore avec des partenaires stratégiques (...) Notre positionnement dans le bassin pré-salifère de Santos renforce et diversifie notre portefeuille amont et conforte ainsi notre stratégie de pérennisation de la production après 2017 pour la prochaine décennie.

Le groupe français emploie déjà plus de 3.000 salariés au Brésil et a une implantation soldie dans le pays.

Pour Dima Rousseff, il s'agit d'une "petite révolution bénéfique"

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff s'est félicitée de ce "succès" qui provoquera, selon elle, une "petite révolution bénéfique et sera source de transformations pour notre pays".

De son côté le ministre des Mines et de l'Energie, Edison Lobao, a affirmé que "Libra marque un partage des eaux entre le passé et l'avenir", et a précisé qu'avec ce champ pétrolier le Brésil est passé de "12 milliards de barils de réserves de brut confirmées à plus de 25 milliards".

Libra devrait produire 1,4 million de barils de brut par jour dans cinq ans, alors que la production actuelle totale du Brésil est de 2 millions de barils/jour. Pour rappel, le Brésil a pour objectif de devenir le quatrième exportateur de pétrole au monde et vise une production de 5,7 millions de barils par jour d'ici à 2035.

De nombreux manifestants ont dénoncé la "privatisation du pétrole"

Les enchères se sont déroulées dans un contexte tendu marqué par des heurts entre forces de l'ordre et manifestants dénonçant une "privatisation du pétrole".

1.100 policiers et soldats avaient été mobilisés aux abords de l'hôtel où se déroulaient la cérémonie dans la zone ouest de Rio, et ont repoussé des manifestants radicaux en lançant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, a consataté l'AFP. Au moins cinq personnes ont été blessés, selon la police.

Des coûts très élevés qui en ont découragé beaucoup

L'exploitation de Libra nécessitera des investissements d'au moins 280 milliards de dollars, selon un communiqué de l'ANP.  Le consortium devra en outre verser à la signature du contrat prévue dans un mois 15 milliards de réais (6,9 milliards de dollars) à l'Etat brésilien. Libra va générer des recettes de "300 milliards de réais (138 mds USD) en royalties pour l'Etat brésilien, qui gagnera en plus 600 milliards (300 mds USD) en profit oil sur 30 ans", a affirmé la directrice de l'ANP Magda Chambriard.

Ces coûts élevés expliquent en grande partie que les majors américaines aient boudé cette mise aux enchères.

Ces premières enchères pour l'attribution des gisements du secteur présalifère brésilien étaient un test important pour l'avenir. Les prochaines enchères n'auront lieu que dans deux ou trois ans, selon Mme Chambriard. L'exploitation de Libra représente un grand défi technologique qui mobilisera de 12 à 18 plateformes et jusqu'à 90 navires pétroliers.

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Commentaires
a écrit le 22/10/2013 à 14:25 :
Si d'ici là on passe à l'électrique, pourquoi avoir autant de pétrole?
a écrit le 22/10/2013 à 13:45 :
Total français? Total est un trust qui appartient à des actionnaires du Monde entier et qui ne paye que très peu d'impôts en France, et encore quand il en paye.
a écrit le 22/10/2013 à 12:49 :
Bonne nouvelle les impôts des français vont enfin pouvoir baisser... ou pas.
a écrit le 22/10/2013 à 12:00 :
Estimation Libra haute 12 milliards de barils, c'est beaucoup, mais avec une conso mondiale autour de 90 millions par jour, cela fait aussi 4 ou 5 mois de conso mondiale. Par ailleurs le Brésil est actuellement importateur net (imports 2012 +19%), avec une production en baisse : http://mazamascience.com/OilExport/output_en/Exports_BP_2013_oil_bbl_BR_MZM_NONE_auto_M.png

Quant à la situation globale :
http://blogs.mediapart.fr/blog/yt75/030713/transition-energetique
a écrit le 22/10/2013 à 11:55 :
investissement (tout compris) : 300 milliards de dollars
volume d'exploitation estimé : 10 milliards de barils.
prix de vente moyen du baril : 100 dollars
gain brut espéré : 10 000 milliards de dollars
gain net espéré : 9 700 milliards de dollars.
protection de l'environnement, indemnisation des populations locales : 0 dollar
Ah il est beau Total ! une obole pour les flouzés de l'affaire c'est trop !
Réponse de le 22/10/2013 à 13:46 :
Le but d'une entreprise est de gagner de l'argent, pas de faire de la philanthropique. Accessoirement, comme elle est basée en france. Elle peut aussi réinvestir.
Réponse de le 22/10/2013 à 13:46 :
Le but d'une entreprise est de gagner de l'argent, pas de faire de la philanthropique. Accessoirement, comme elle est basée en france. Elle peut aussi réinvestir.
Réponse de le 22/10/2013 à 14:05 :
Les CAPEX (280 milliards de $) ne sont pas les seuls coûts à opposer aux revenus. Chaque baril produit nécessite des OPEX, qui dans ces champs offshore sont bien supérieurs aux puits onshore en Arabie Saoudite par exemple, où les majors peuvent se brosser pour espérer bénéficier de cet argent bien plus facile.Vos 9700 milliards sont faux et ne veulent en plus rien dire...
Par-ailleurs vous semblez prendre les Brésiliens pour des débiles profonds qui se sont fait complètement avoir par les majors dans cette histoire... Or, les compagnies non Brésiliennes sont sollicitées ici pour contribuer aux investissements massifs (surtout les 2 chinoises), donc diminuer le risque d'exploitation, et apporter une expertise technologique pour l'exploitation en deep offshore dont ne dispose par encore Petrobras. Les Brésiliens savent ce qu'ils font.
Au passage, et même si on peut considérer que l'opportunité était trop belle de récupérer le site, Chevron s'est vu interdire d?exploitation au Brésil avec une grosse amende pour une fuite sur un site offshore, les Brésiliens ne font pas non plus n'importe quoi avec l'environnement (en apparence en tout cas). Donc définitivement je ne pense pas que Total soir le "flouzeur" dans l'histoire
a écrit le 22/10/2013 à 11:22 :
D'un coté c'est des dollars et de l'autre coté c'est des barils...
Eh oui les barils font des dollars et inversement. Avec çà on peut s'acheter facilement, des jets privés, des yatchs de plus de 100 mètres, des bagnoles calandre en or, des piscines, des villas, des bijoux avec beaucoup de carats, des montres en or et diamants, de la chair fraiche habillée par Dior ou Chanel, des gouvernements, des esclaves, des iles, et même des journaux type la Tribune!
a écrit le 22/10/2013 à 11:15 :
Moi qui n'ai pas été beaucoup à l'école expliquez-moi comment on peu gagner de l'argent si je lis:
Investissement 280 milliards de dollars...et un ministre qui dit: 12 milliards de barils de réserves de brut confirmées à plus de 25 milliards".

On investi 280 milliards et on ramasse 25 milliards...il y-a-t-il ou non erreur?
Réponse de le 22/10/2013 à 11:49 :
12 milliards de barils à 100 dollars cela fait 1200 milliards de dollars .
Réponse de le 22/10/2013 à 11:50 :
Dans un cas, on parle de dollars, dans l'autre on parle de barils... 1 baril, c'est environ 100 dollars.
Réponse de le 22/10/2013 à 11:52 :
Un baril est vendu en moyenne 100$. Donc 25mds x 100$ = 2500mds
a écrit le 22/10/2013 à 10:50 :
C'est le pétrole qui est le plus cher à exploiter qui fixe le prix plancher du pétrole dans le monde entier. Utiliser des pétroles difficiles à produire ne fera pas baisser le prix du pétrole et va au contraire permettre à l'OPEP de continuer de gagner 1000 milliards de dollars par an. Il sera plus judicieux de se mettre d'accord entre les grands pays pour réduire la consommation de pétrole ce qui pourrait au final faire baisser les prix. Il n'y a pas de raison que, 40 ans après le 1er choc pétrolier, le monde continuer d'utiliser autant de pétrole pour le chauffage et pour la production d'électricité (28 millions de barils en 2010).
a écrit le 22/10/2013 à 10:24 :
de barils ou un peu plus d'une centaine de jours de consommation mondiale à raison de 90 millions de barils / jour.
Réponse de le 22/10/2013 à 11:27 :
@12 milliards
Les réserves "prouvées" sont d'environ 2500 milliards de Barils, il n'y en a plus que pour 25 ans, si tant est que les chiffres soient justes! Il y a certainement des réserves qui devraient permettre de doubler cette durée (50 ans), mais pour l'instant inatteignables et surtout trop coûteuses à exploiter. Le prix du pétrole va continuer d'augmenter. 50 ans, c'est demain, le temps est compté, économiser le pétrole est plus qu'une urgence.
Réponse de le 22/10/2013 à 13:10 :
@JB38 ou voyez vous 2500 milliard de barils ?
a écrit le 22/10/2013 à 9:41 :
"Total va exploiter...." Petrobras 20%, Shell 20%, Total 20% et 2 entreprises étatiques chinoises 2x 20%! et c'est seulement total qui exploite? LOL
Réponse de le 22/10/2013 à 11:52 :
Non a priori, c'est Petrobras qui exploite.
a écrit le 22/10/2013 à 9:24 :
et TOTAL va payer ses impôts comment et à qui ? pourquoi ce gouvernement ne fait pas ce qu'il faut pour taxer ce géant et faire rentrer au moins pendant 5 ans des royalties pour renflouer la SECU ,quitte à lui restituer plus tard , au lieu de mettre le pays K.O. par la confiscation fiscale.
Réponse de le 22/10/2013 à 9:44 :
Pour ce contrat ils payeront certainement beaucoup d'impôts au Brésil. Pourquoi ils devraient en payer en France ?
Réponse de le 22/10/2013 à 10:02 :
Ayez un minimum d'imagination.
Imaginez que vous travailleriez au Brésil pour une société Brésilienne.
Que se passera-t-il selon vous ? Vous payerez des impôts en France ou au Brésil ?

Au Brésil ! Gagné, vous êtes trop intelligent Tiff.
Réponse de le 22/10/2013 à 10:04 :
oui vous avez raison @tiff , mais à situation exceptionnelle prélèvement exceptionnel pour tout le monde. il doit bien y avoir un moyen d'ajouter un avenant . une fois la situation rétablie , rembourser à Total de différentes façons, le coup de collier qu'il a donné. Est-ce vraiment impossible à négocier ça?
Réponse de le 22/10/2013 à 11:54 :
Ca ressemble à une promesse d'alcoolique ton truc :) Mais de toute façon, ca ne change pas le principe général, une entreprise est taxable dans la juridiction où elle réalise ses bénéfices.
Réponse de le 22/10/2013 à 12:12 :
ahahaha.

Ecoutez, pourquoi une taxe exceptionnelle que pour TOTAL ? Pourquoi ne pas taxer aussi BP et SHELL alors ? Ne vous limitez surtout pas !
Au fait elle à quoi d'exceptionnelle la situation ? Des gouffres de prestation sociales, des gouffres d'inutilité de la FP, des gouffres et des gouffres à combler... Vous ne vous en sortirez jamais comme ça.
Supprimez la machine à gouffre et on en reparle.
Réponse de le 22/10/2013 à 13:55 :
Sans compter qu'aussi gros que puissent être les bénéfices de TOTAL pour une entreprise privée, cette vingtaine de milliards de dollars par an ne pourra pas faire grand chose face à nos déficits structurels et à notre dette totale... Au mieux elle découragerait encore plus les entreprises d'investir et réaliser des bénéfices en France pour creuser encore notre déficit budgétaire.
a écrit le 22/10/2013 à 9:03 :
La Tribune a vraiment décidé de faire émettre du CO2 par EELV. Avec des infos pareilles ,ils
vont tous parler pendant des heures ...

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