Total s'attaque aux biocarburants brésiliens avec la biotech Amyris

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Le pétrolier tricolore investit 200 millions de dollars pour codévelopper de nouvelles molécules avec la start-up. Ses concurrents Shell et Petrobras sont déjà présents dans le pays.

Total se lance dans les biocarburants au Brésil. La major tricolore a annoncé ce mercredi un partenariat avec la start-up américaine Amyris pour développer des biocarburants, biolubrifiants et autres produits chimiques (plastiques etc.). Total va débourser 200 millions de dollars pour mettre la main sur 17 % du capital d'Amyris, et débuter des recherches sur de nouvelles molécules avec cette jeune société de biotechnologie de 200 personnes. Basée dans la Silicon Valley, elle dispose d'une usine pilote à Campinas (région de São Paulo) au Brésil, premier producteur mondial de canne à sucre. Déjà présent dans le gaz au Brésil, Total n'a pas détaillé la répartition de son investissement même si le montant payé pour « la prise de participation est très majoritaire ».

Échange mutuel

« L'intérêt d'Amyris réside dans sa plate-forme industrielle, qui permet de sélectionner des levures pour transformer le jus de canne à sucre en produits chimiques et en carburants. Avec cette technologie, nous pourrons cibler rapidement les molécules à développer. Nous avons déjà identifié quelques 500 possibilités. En échange, Total apportera son savoir- faire en matière de gestion de projet industriel, de développement et de commercialisation », explique le directeur général de la branche Gaz & Énergies nouvelles du pétrolier, Philippe Boisseau. Amyris produit déjà du biodiesel à un stade préindustriel, dans l'espoir d'une commercialisation fin 2012. L'accord avec Total porte « sur un volume de recherche et un certain nombre de pistes » de recherches, s'est contenté de préciser le groupe.

Le montant investi peut sembler maigre pour le cinquième pétrolier mondial, d'autant que les opérations s'accélèrent depuis un an dans le pays (voir infographie). Le mois dernier, le brésilien Petrobras a signé une alliance avec la filiale locale du sucrier français Terreos, ex-Beghin-Say, pour un montant pouvant aller jusqu'à 700  millions d'euros. En février, Shell avait annoncé son intention de créer une coentreprise avec le leader mondial du secteur, Cosan, pour une valeur totale de 12 milliards de dollars. « Ce n'est pas la taille qui compte, c'est l'avance technologique », rétorque Philippe Boisseau, qui assure qu'« il s'agit d'un investissement initial ». « Pour les pétroliers, les énergies nouvelles (biocarburants, solaire et éolien) ne représentent encore qu'une petite partie de l'activité. Leur développement, qui a souvent été freiné par la crise ces deux dernières années, n'en est qu'à ses débuts », confirme Jeffrey Woodruff, analyste chez Fich Ratings.

Biomasse

Total ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. « À terme, nous comptons développer des biocarburants à partir de biomasse de seconde génération [à usage non alimentaire, Ndlr] et étendre cette production à d'autres régions du monde », indique Philippe Boisseau. Il estime qu'il faudra environ cinq ans pour que le premier produit issu de la coopération avec Amyris atteigne le marché.

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