Anomalie à la centrale de Fessenheim : les antinucléaires attaquent EDF et Areva

La plainte déposée au TGI de Paris par Greenpeace et six autres associations porte sur "quatre délits majeurs, dont usage de faux et mise en danger délibérée de la vie d'autrui". L'ASN maintient à l'arrêt le réacteur incriminé.

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La plainte devait être déposée vendredi matin auprès du TGI de Paris par Greenpeace, mais aussi Réseau Sortir du nucléaire, Stop Transports-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, Alsace Nature, France Nature Environnement et le Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR). (Photo: manifestation antinucléaire devant la centrale le 9 février 2012)
La plainte devait être déposée vendredi matin auprès du TGI de Paris par Greenpeace, mais aussi Réseau Sortir du nucléaire, Stop Transports-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, Alsace Nature, France Nature Environnement et le Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR). (Photo: manifestation antinucléaire devant la centrale le 9 février 2012) (Crédits : Reuters)

"EDF, en tant qu'exploitant, a en fait décidé de faire primer ses intérêts économiques sur la protection des populations et de l'environnement."

Laura Monnier, chargée de campagne juridique à Greenpeace, citée dans le communiqué consulté par l'AFP, n'y va pas par quatre chemins.

De fait, l'ONG Greenpeace a annoncé vendredi qu'elle allait porter plainte avec d'autres associations contre EDF et Areva à la suite de la détection d'une anomalie dans un générateur de vapeur du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin).

"Les associations demandent au procureur de la République de Paris d'ouvrir une enquête préliminaire sur quatre délits majeurs, dont usage de faux et mise en danger délibérée de la vie d'autrui", a indiqué Greenpeace dans un communiqué.

Déclaration d'incident tardive

Selon le document consulté par l'AFP, la plainte mentionne aussi un délit d'utilisation d'un équipement à risques ne satisfaisant pas aux exigences essentielles de sécurité et la déclaration tardive de l'exploitant d'un incident risquant d'avoir des conséquences notables sur la sûreté de l'installation.

La plainte devait être déposée vendredi dans la matinée auprès du tribunal de grande instance de Paris par Greenpeace, mais aussi Réseau Sortir du nucléaire, Stop Transports-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, Alsace Nature, France Nature Environnement et le Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR).

87 irrégularités sur des réacteurs en fonctionnement

Fin avril, Areva avait annoncé que des anomalies documentaires avaient été détectées dans le suivi des processus de fabrication d'équipements au sein de son usine du Creusot, où a aussi été fabriquée la cuve de l'EPR de Flamanville.

 >> LIRE AUSSI: EPR de Flamanville : Areva n'écarte pas des "falsifications" au Creusot

L'audit mené sur 400 dossiers prioritaires a déjà permis de relever 87 irrégularités sur des réacteurs en fonctionnement, dont la virole basse d'un générateur de vapeur du réacteur numéro 2 de Fessenheim.

L'Autorité de sûreté nucléaire maintient le réacteur à l'arrêt

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de maintenir à l'arrêt le réacteur dans l'attente des résultats de tests complémentaires prévus jusqu'à la fin de l'année pour prouver la sûreté de la pièce. Pour mémoire, le réacteur en question a été mis à l'arrêt en juin dernier par EDF, à cause des anomalies de fabrication détectées sur le réacteur n°2 du site alsacien.

"Les associations reprochent à EDF et Areva d'avoir mis en service un équipement à risques ne satisfaisant pas aux exigences essentielles de sécurité", explique Greenpeace. "Elles accusent également EDF d'avoir tardé à déclarer à l'ASN cette anomalie risquant d'avoir des conséquences notables sur la sûreté de l'installation" et soutiennent que l'irrégularité a été dissimulée "pendant un mois, entre mai et juin 2016".

Les associations reprochent aussi à Areva d'avoir "présenté un dossier avec un état descriptif falsifié" afin d'obtenir un certificat de conformité auprès de l'ASN.

Quant à la mise en danger de la vie d'autrui, elle résulte de la démultiplication du risque d'accident nucléaire "par le fonctionnement de réacteurs à risques", selon le même communiqué.

(Avec AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 15/10/2016 à 13:22
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L'association Green pence est avant tous le brads armee de USA afin de diminuer l'exploitation nucléaire par le monde....car à y regarder un peux plus, il n'y a pas beaucoup d'action au USA ou les central on ete prolonger de 50 ans.... Donc je reste ...

à écrit le 15/10/2016 à 10:12
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Maintenant que cette question concerne une Grande Région, le Grand Est, la problématique devrait trouver des mesures beaucoup plus efficaces pour limiter les risques chaque fois soulevés au moindre incident...

à écrit le 15/10/2016 à 10:11
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Maintenant que cette question concerne une Grande Région, le Grand Est, la problématique devrait trouver des mesures beaucoup plus efficaces pour limiter les risques chaque fois soulevés au moindre incident...

à écrit le 14/10/2016 à 12:56
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Le nucléaire, une énergie qui coûte très chère très longtemps, le temps de durée de vie d'un réacteur et de ses rejets contaminés. Ce serait bien de connaitre rien que le coût de l'entretien d'un réacteur arrêté tiens.

le 14/10/2016 à 19:49
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C'est la moins chère des énergies après l'hydraulique et qui fournit annuellement 75 % de l'énergie électrique en France, sans compter l'exportation vers les pays voisins. Il faudrait peut-être se renseigner avant de dire n'importe quoi, sur le site ...

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