Fessenheim : la proposition d'indemnisation de l'Etat à EDF ne passe pas

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L'Etat et EDF négocient actuellement pour fixer le montant de l'indemnisation de la fermeture de Fessenheim.
L'Etat et EDF négocient actuellement pour fixer le montant de l'indemnisation de la fermeture de Fessenheim. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
Le journal Le Monde révèle que l'Etat a proposé entre 80 et 100 millions d'euros à EDF pour compenser la fermeture anticipée de la centrale nucléaire située en Alsace. Un montant jugé dérisoire par plusieurs responsables de l'entreprise.

Dans un article publié ce vendredi sur son site internet, Le Monde révèle le montant que l'Etat serait prêt à verser à EDF pour compenser la fermeture anticipée de Fessenheim : entre 80 et 100 millions d'euros. Selon le quotidien, la somme a été annoncée par Ségolène Royal, ministre de l'Energie, dans un courrier confidentiel adressé au Pdg d'EDF, Jean-Bernard Lévy.

Une estimation qui a surpris plusieurs responsables de l'entreprise. Le Monde en cite plusieurs qui parlent d'une situation "surréaliste" ou bien "apocalyptique". La somme de 100 millions semble en effet bien dérisoire rapportée aux premières analyses. En septembre 2014, un rapport parlementaire évoquait la somme de 5 milliards d'euros, provoquant la colère de la ministre : "Je ne [céderai] pas face à la pressions des lobbies et à ces faux chiffres", avait-elle lancé à l'époque. D'après Le Monde, les dirigeants d'EDF espèrent aujourd'hui une enveloppe de 2,5 à 3 milliards d'euros.

Négociations toujours en cours

Fin avril, Jean-Bernard Lévy avait reconnu devant le Sénat qu'il était entré en négociation avec l'Etat sur une indemnisation. "Ségolène Royal a désigné, il y a cinq ou six semaines, un négociateur", avait alors expliqué le patron d'EDF. L'indemnisation ira aux actionnaires de Fessenheim (EDF mais aussi l'allemand EnBW et les suisses Alpiq, Axpo et BKW).

Jean-Bernard Lévy était en revanche resté prudent sur le chiffrage : "Il y a un préjudice subi par EDF du fait de la privation qu'aura EDF lors de la fermeture d'un outil nucléaire (...) qui fonctionne bien (...). Et donc le préjudice qui est, je crois, indiscutable, nécessite d'être chiffré", avait-il expliqué. Une fois qu'un accord aura été trouvé sur le montant de l'indemnisation, le conseil d'administration d'EDF devra l'approuver et préparer la fermeture du site.

Une promesse qui date

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim faisait partie des promesses de campagne de François Hollande. Mais la date précise de fermeture a évolué au cours de son mandat: d'abord annoncée pour fin 2016, elle devient imprécise en septembre dernier. A l'époque, Ségolène Royal reconnait qu'il faut attendre la mise en service -- plusieurs fois reportée -- de l'EPR de Flamanville : "Quand Flamanville ouvrira [normalement au 4e trimestre 2018, ndlr], Fessenheim devra fermer." Cette déclaration sème le trouble dans la majorité et la ministre doit clarifier sa position via un tweet :

Le 25 avril, François Hollande affirme lors de la conférence environnementale que "le décret d'abrogation de l'autorisation d'exploiter la centrale de Fessenheim sera pris cette année", mais sans s'avancer sur une date précise de fermeture.

 (Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 21/05/2016 à 17:23 :
D'autant que la centrale, qu'elle fonctionne ou pas, rapporte en taxe (INB) et autres impôts, 14Meuros par an !! En 7 ans l'état récupèrerait sa mise. C'est mieux que le loto ...
Ségolène est vraiment trop forte.
Ségolènitude quand tu nous tiens...
a écrit le 21/05/2016 à 11:33 :
À environ un million d'euros par jour et par réacteur, l'Etat propose de rembourser à EDF le manque à gagner pendant un mois et demi, pour une installation qui pourrait encore produire pendant vingt ou trente ans.

Il ne faut pas oublier que le nucléaire est un business où l'essentiel des coûts sont l'investissement initial et le coût du capital.

Autrement dit, une très large partie du coût des kWh que la centrale pourrait produire pendant les 20 ou 30 prochaines années a déjà été payé, et l'Etat choisit de s'assoir dessus.
a écrit le 20/05/2016 à 19:43 :
Le nucléaire en France permet un coût du kWh moitié moins cher que celui en Allemagne
Ceux qui parlent du prix du kWh a 3 cts sont des spéculateurs capitalistes qui confondent prix de marché et prix de revient
Si les prix de marché sont bas c'est parce qu'il y a des surcapacités dans l'électricité carbonée: des que ces surcapacités disparaîtront par l'effet du saint esprit écologique les prix de marché remonteront et le nucléaire sera indispensable à l'Europe pour servir la base la nuit et les jours sans vent et croyez moi c'est beaucoup
a écrit le 20/05/2016 à 14:19 :
Aux USA, les centrales durent 80-100 ans
Pourquoi est on assez bete pour fermer des centrales qui marchent bien et qui sont rentables ?
Pour construire un EPR a 10 Mrds€ qui ne sera jamais rentable ??
=> edf n'avait pas besoin de cet EPR. L'etat a forcé l'achat pour "sauver" Areva. Resultat ca n'a pas sauver Areva mais ca a couté 10 Mrds€ à EDF pour rien car il doit fermer une central en echange.
La capitalisation d'edf etant de 20Mrds€, l'etat a volé la moitié de la valeur de la société...
Réponse de le 21/05/2016 à 8:11 :
100 ans maintenant, jusqu'a present c'etait une autorisation à 60 ans, vous prenez votre vessie pour une lanterne.
En attendant 4 reacteurs ont fermé : Crystal River 1, San Onofre 1 et 2 et Kewaunee 1car non rentables, sans parler de Yankee Station qui fuit du bas de caisse et est en sursis tres precaire.
Réponse de le 21/05/2016 à 11:44 :
@ Steph

Que certaines centrales américaines ferment parce que non rentables, dans des conditions de marché sans comparaison avec les nôtres, ne donne pas d'indication sur la capacité des centrales françaises à tenir jusqu'à 60 ou 70 ans.

Une bonne partie des réacteurs français ont plus de 30 ans, autrement dit on a le résultat de leur quatrième épreuve enceinte et cuve, on voit comment elles évoluent avec le temps.

On peut donc faire des hypothèses sur leur vieillissement futur, notamment grâce à la R&D qu'EDF pratique sur le sujet, et on peut raisonnablement élaborer des plans pour l'avenir de ces tranches.
Réponse de le 21/05/2016 à 13:32 :
Effectivement 80ans aux USA (pas 100ans)
Mais le fait que les sociétés ferment des centrales non rentables n a rien à voir avec le fait qu ils aient le droit de les garder.
=> il faut laisser à Edf le choix de garder ses centrales 80ans, à condition qu elles correspondent aux normes de sécurité actuelle. Si les cours sont trop importants Edf peut choisir de fermer des centrales
=> l arrivée massive du gaz de schiste a boulversé le marché de l électricité, plus besoin ce nucléaire à court terme . En France les énergies renouvelables étant intermittentes il faut garder une part de nucléaire (ou de gaz mais il est moins rentable en l état actuel que le nucléaire)

Bref le nucléaire doit disparaître uniquement s il n est pas rentable
a écrit le 20/05/2016 à 13:35 :
C'est peut-être l'occasion de prendre position sur la réduction de la production d'énergie nucléaire. Cela se ferait au détriment de notre économie.
a écrit le 20/05/2016 à 13:30 :
Avec ces débilités, on devra donner de l'argent à des étrangers et en plus payer la réalisation des moyens de production équivalents.
a écrit le 20/05/2016 à 13:16 :
Une chose est certaine , la facture du NUCLEAIRE français va ^tre de plus en plus élevée pour les usagers et contribuables.Le cout du kw/h nucléaire est INCONNU (Mme Edith Cresson 1er ministre et la direction des douanes l'on demandé en vain) ! les usagers payent l'électricité dans leur facture ,abonnement compris , dans leur cotisation retraite (EDF a tranféré en 2008 le cout des retraites des agents ( régime très favorable//privé) au régime général et autre financement dévié.
PERSONNE NE SAIT COMBIEN coûte le démantelement d'une centrale nucléaire et encore moins les déchets de la "combustion" et de la déconstruction !Une seule chose est certaine le laisser aller depuis des décennies de la gestion de EDF .Politiques de droite ou de gauche,grands corps de l'etat,ingénieurs des prestigieuses écoles et syndicats corporatistes y ont trouvé leur compte au dépend du citoyen actuel et a venir.Oui au nucléaire mais pas à 58 réacteurs ! et l'EPR rêve d'ingénieur et un desastre (financier) du type Concorde ! même si les chinois vont prendre leur part .Fermer Fessenheim est une péripétie de plus.
Réponse de le 20/05/2016 à 23:17 :
On sait PARFAITEMENT ce que coûte le démantèlement d'une centrale PWR Westinghouse quasiment analogue à la plupart des réacteurs français puisqu'une telle centrale a été entièrement démantelée aux USA (celle de Maine Yankee) pour un montant de 700 millions de $. Quant à un EPR ce n'est pas un rêve d'ingénieur mais une simple modernisation des réacteurs construits au début des années 90, un peu plus puissant, plus sécurisé mais rien d'un mouton à 5 pattes. Comme dans trop d'autres domaines industriels qu'elle a fini par déserter, la France paie dans les déboires de construction d'EPR sa perte de savoir-faire industriel et scientifique.
a écrit le 20/05/2016 à 13:05 :
Pour le coup, bravo Sego au moins elle defend les interets de contribuable contre celui categoriel et menfoutiste de EDF.
Par contre l'article aurait pu en expliquer un peu plus : 1/ Fessenheim aura 40 ans en 2017 donc investissement initial largement amorti. 2/ EDF vend son electricité 3 c€ / kWh sur le marché, il n'y a donc pas beaucoup de marge à faire et ca arrange finalement aussi EDF de retirer cette centrale du marché. 3/ Les investissements recents de 'mise en conformité Fukushima' se chiffrent plutot autour de 100-150 millions € (et non pas 1 milliard par reacteur), deja en partie amortis puisque realisés depuis 2012.

Donc oui, EDF se fout vraiment de nous.
Réponse de le 20/05/2016 à 22:08 :
Voila quelqu'un qui connait le dossier d'EDF !
Réponse de le 21/05/2016 à 11:27 :
1) Que la centrale soit déjà rentabilisée ne justifie pas de la mettre à la poubelle alors qu'elle pourrait encore produire.

2) Si les prix de marché sont bas du fait des surcapacités, l'intérêt d'EDF n'est pas de fermer ses usines : L'intérêt d'EDF est que ses concurrents ferment les leurs. Par ailleurs il est plus dans l'intérêt des européens que les allemands ou les italiens ferment des centrales au charbon chères et polluantes, plutôt que les français ferment des capacités peu chères et quasi décarbonées.

3) Les investissements post Fukushima n'ont évidemment pas été rentabilisés en l'espace de quelques années. Vous rappelez leur montant : l'Etat ne propose même pas de rembourser ces investissements, sans parler de couvrir le manque à gagner.
a écrit le 20/05/2016 à 12:26 :
100 millions d'indemnité pour exproprier un chiffre d'affaires de 1 milliard. C'est une bonne affaire pour l'état, mais pas pour les client d'EDF. Les modalités de la fermeture de Fessenheim ne sont évidemment pas du domaine de la loi, selon la constitution.
a écrit le 20/05/2016 à 12:23 :
Euh, la centrale a été construite en 1971 et EDF avait au départ une concession de 40 ans, non renouvelable...

De quoi se plaignent-ils, ils ont déjà eu 4 ans de plus?

En 2011 ils ont eu 10 ans de plus d'un trait de plume, mais ce qu'un traite de plume fait un autre peut l'annuler...
Réponse de le 20/05/2016 à 23:23 :
les centrales appartiennent à EDF, il n'y a pas de concession qui tienne. D'ailleurs elle a été mise en service en 1977, pas en 1971, elle arrive tout juste à ses 40 ans. Les 40 ans c'était sa durée de vie initialement estimée. Comme cette centrale vieillit bien, fonctionne avec peu d'incidents, que des investissements ont été faits récemment pour renforcer sa sécurité (radier), il n'y a aucune raison objective de l'arrêter.
a écrit le 20/05/2016 à 11:55 :
Madame fait des estimations au pouce mouillé, surtout du montant qui l'arrange. Les Français lui diront merci quand EDF sera à genoux et qu'ils devront payer les pot cassés.

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