Bras de fer entre l'Etat et EDF sur les futurs prix de l’électricité
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Bruno Le Maire et Luc Rémont, PDG d'EDF
Reuters
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C'est une question épineuse, source d'âpres tractations entre EDF et le gouvernement : combien l'électricité vendue par l'énergéticien tricolore, dont l'État vient de prendre ce jeudi 100% du capital, coûtera aux grands industriels français ? Alors que ces derniers ont besoin de visibilité et de compétitivité dans leurs achats d'énergie, une condition sine qua non à la réindustrialisation du pays, les deux parties peinent à tomber d'accord sur un montant.
Au point que les sous-entendus piquants se multiplient de part et d'autres : « EDF n'est pas nationalisé, il a un actionnaire à 100% ! », a ainsi lancé jeudi le PDG du groupe, Luc Rémont, en ouverture du colloque de l'Union française de l'électricité (UFE) - signe qu'il ne compte pas se laisser imposer n'importe quelle condition sans broncher. « C'est l'Etat français, avec de l'argent public, qui a financé tout le nucléaire », rétorque une source ministérielle - autrement dit, ses intérêts prévalent sur les finances de l'entreprise.
Les grands industriels, eux, ne peuvent qu'attendre l'issue des négociations, et espérer un cadre qui leur sera favorable.
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Si le sujet divise autant, c'est parce qu'EDF redoute de devoir leur céder systématiquement sa production à prix cassés, dans le cadre de contrats de long terme noués avec des consortiums d'entreprises très consommatrices d'énergie. C'est en tout cas ce que propose le rapport que Philippe Darmayan, ex-président d'ArcelorMittal France, a récemment rendu au gouvernement.