Climat : quand la société civile sonne l’alarme
Patrick Cappelli
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Dans la nuit du 10 au 11 août dernier, des militants du collectif Kirikou ont rempli de ciment les trous des golfs de Vieille-Toulouse et de Blagnac. Les golfeurs ont trouvé le lendemain des pancartes qui disaient : « Ce trou boit 277 000 litres d'eau par jour. En buvez-vous autant ? » ou encore : « 600 golfs en France aujourd'hui boivent autant que 2 800 000 habitant.e.s ». Une action spectaculaire et non violente qui fait suite au dégonflage des pneus de SUV ou au blocage du périphérique par d'autres activistes adeptes des préceptes du mouvement Extinction Rebellion, qui revendique l'usage de la désobéissance civile non violente afin d'inciter les gouvernements à agir contre le dérèglement climatique et la perte de biodiversité. « Les dégonfleurs de SUV », le collectif « Bassines non merci ! », le réseau « Les Soulèvements de la Terre » ou encore « Dernière Rénovation » sont révoltés par ce qu'ils considèrent comme une inaction coupable face aux messages répétés des scientifiques du GIEC. Ils ne se contentent plus de marches pour le climat, malgré les risques de tension avec les agriculteurs, les propriétaires de grosses voitures et les forces de l'ordre quand ils s'affranchissent de la légalité. D'autres, tout aussi révoltés, ont néanmoins choisi d'autres voies. C'est le cas du collectif Pour un réveil écologique qui rassemble des étudiants d'écoles d'ingénieurs et de commerce refusant de travailler pour des entreprises engagées dans des activités nuisibles pour la planète. C'est ce collectif qui, en mai dernier, a placardé dans le métro parisien (avec l'accord de Médiatransports, la régie de la RATP) des affiches munies d'un QR code scanné par 40 000 personnes incitant à aller lire un résumé des 10 points clés du dernier rapport du GIEC. « À la sortie de notre manifeste en 2018, qui a recueilli plus de 33 000 signataires, tous les grands groupes du CAC 40 sont venus nous voir. Nous avons décidé de nous structurer en créant un pôle employeur et un pôle enseignement » explique Rémi Vanel, jeune ingénieur dans le secteur de l'énergie qui vient de reprendre des études en alternance et qui est membre du collectif depuis un an.
Patrick Cappelli