Il y a quelques jours, Bpifrance annonçait une prise de participation dans la société Albioma (ex. Séchilienne Sidec). Spécialiste des centrales à co-génération (électricité et chaleur) implantées dans les Dom-Tom, l'entreprise française est en train d'opérer sa propre transition énergétique. En effet, alors qu'historiquement elle remplace la bagasse (co-produit de la canne à sucre) par du charbon en dehors des périodes de production, elle s'emploie depuis plusieurs années déjà à substituer progressivement à ce dernier d'autres déchets végétaux.
En juin 2015, le fonds d'investissement Apax Partners a distribué à ses actionnaires 95% des parts qu'il détenait dans Albioma (soit environ 30% du capital). Le semaine dernière, Bpifrance a annoncé avoir acquis 5% du capital.
« Nous connaissons Albioma depuis longtemps, c'est une société qui, sous l'égide de Jacques Petry, le président de son Conseil d'administration, est de plus en plus décarbonée », détaille Emilie Brunet, directrice d'investissement « mid and large caps » chez Bpifrance. Avec 80% du charbon pour 20% de biomasse, l'entreprise a pour objectif d'inverser le ratio avant de tendre vers le 100% renouvelables. Résidus de bois, autres déchets verts et même déchets d'autres natures peuvent remplacer le charbon, à condition de modifier les centrales. « La société est en ligne avec le plan de rénovation de ses centrales visant notamment à les rendre plus « vertes » », observe Emilie Brunet.
Cette prise de participation s'inscrit dans le rôle dévolu à Bpifrance dans le financement de la transition énergétique.
A ce titre, Bpifrance accompagne aussi bien les entreprises de la transition énergétique et écologique, dont les acteurs des énergies renouvelables, celles qui développent de nouvelles solutions technologiques, et celles qui opèrent leur propre transition, notamment en limitant leur consommation d'énergie et d'autres fluides via une remise à niveau industrielle.
En 2016, Bpifrance a ainsi accompagné 1.400 entreprises pour un montant global de 1,4 milliard d'euros, soit 14% de plus qu'en 2015. La moitié de ce montant consiste en co-financements longue durée de projets d'énergies renouvelables, pour lesquels la banque a développé un axe d'investissement dédié.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Depuis 2013, Bpifrance a investi pour 158 millions d'euros de fonds propres au capital de développeurs indépendants à la tête de 1,4 gigawatts (GW). Elle est ainsi présente au capital de Quadran, Neoen ou encore Eren. Elle a également engagé 2,8 millions d'euros pour co-financer des projets d'énergies renouvelables, pour une puissance installée entre 3 et 4 GW.
Concernant l'innovation dans d'autres secteurs de la TEE (mobilité, stockage d'énergie, efficacité énergétique, chimie verte, etc.) Bpifrance a investi 70 millions d'euros en capital innovation dans des cleantech et 250 millions d'euros dans des projets industriels innovants.
Les énergies marines sont l'un des secteurs émergents les plus dynamique sur lesquels Bpifrance est active.
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Enfin, 510 millions de prêts sans garantie ont été octroyés à de entreprises engagées dans une évolution de leurs process industriels visant une amélioration de leur performance énergétique et environnementale.
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