Déchets : le tri franchit enfin le périphérique parisien

La première pierre du sixième centre de tri du du Syctom, l'établissement public qui traite les déchets de 5,8 millions de franciliens, a été posée vendredi. Situé aux Batignolles, aux pieds du nouveau TGI, il traitera 45.000 tonnes de déchets par an.
Giulietta Gamberini

3 mn

Soutenu par le fonds déchets de l'Ademe, le centre de tri des Batignolles se veut exemplaire du point de vue environnemental, grâce à l'utilisation de matériaux recyclés pour sa construction, à des espaces végétalisés, à l'optimisation de l'éclairage naturel, et surtout à 1500 m² de panneaux photovoltaïques installés sur sa toiture.
Soutenu par le fonds déchets de l'Ademe, le centre de tri des Batignolles se veut exemplaire du point de vue environnemental, grâce à l'utilisation de matériaux recyclés pour sa construction, à des espaces végétalisés, à l'optimisation de l'éclairage naturel, et surtout à 1500 m² de panneaux photovoltaïques installés sur sa toiture. (Crédits : DR)

Le changement est emblématique de la transition que Paris entend engager vers une gestion des déchets davantage locale et circulaire. Vendredi 10 novembre, a été posée la première pierre du sixième centre de tri de collecte sélective du Syctom, l'établissement public chargé de traiter les déchets produits par les 5,8 millions d'habitants de la capitale française et des 83 autres villes adhérentes de la proche banlieue. Situé dans le XVIIe arrondissement, au pied du TGI qui doit ouvrir en 2018 dans le nouveau quartier Clichy-Batignolles, il sera la deuxième infrastructure de gestion des déchets installée en territoire parisien mais la toute première à franchir le périphérique. Le centre de tri déjà implanté dans le XVe est en effet situé physiquement au sud du fameux boulevard délimitant Paris de sa banlieue.

Censé ouvrir en 2019, il traitera les déchets d'emballages produits par plus de 900.000 franciliens, à savoir 45.000 des 2,3 millions de tonnes traitées chaque année par le Syctom, qui permettront d'éviter l'émission de quelque 12.790 tonnes de CO2. Les travaux ont été confiés dès 2015 à un groupement mené par l'équipementier industriel français CNIM.

Jusqu'à 15 tonnes de déchets par heure

Pour l'agence métropolitaine des déchets ménagers, cette nouvelle plateforme de 11.000 mètres carrés, équipée de technologies de nouvelle génération, constitue surtout un renforcement nécessaire de ses capacités d'exploitation afin de répondre à deux défis: l'objectif de recyclage de 75 % des déchets fixé par le Grenelle de l'environnement pour 2012, alors que le taux de recyclage des emballages plafonne depuis plusieurs années sous 70%, et l'extension des consignes de tri à tous les emballages en plastique, qui doit être généralisée en France avant 2022.

"Ce projet constitue une nouvelle preuve de comment la transition écologique peut  réussir", a souligné lors de la cérémonie de pose de la première pierre le secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu, dont la présence était censée souligner l'importance de l'événement. Treize trieurs optiques devront notamment permettre de reconnaître les nouveaux plastiques, et de trier jusqu'à 15 tonnes de déchets par heure. Quatre-vingts salariés, dont la moitié en reconversion professionnelle, seront employés malgré l'automatisation accrue.

1.500 m² de panneaux photovoltaïques

Soutenu par le fonds déchets de l'Ademe, le centre de tri des Batignolles se veut aussi exemplaire du point de vue environnemental, grâce à l'utilisation de matériaux recyclés pour sa construction, à des espaces végétalisés, à l'optimisation de l'éclairage naturel, et surtout à 1.500 m² de panneaux photovoltaïques installés sur sa toiture. Afin de limiter les émissions de CO2 et la pollution liées au transport des déchets, le centre en réceptionnera une partie d'un terminal de collecte pneumatique proche et en évacuera la moitié vers les filières de recyclage par fret ferroviaire, une voie ferrée se trouvant à proximité. Au total, pour les études, les travaux et deux années d'exploitation, l'investissement du Syctom est estimé à 67 millions d'euros hors taxes.

Giulietta Gamberini

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