Recyclage : les fast-foods accusés de violer leurs obligations

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En évaluant le nombre moyen de clients quotidiens, le poids moyen des emballages servis à chacun d'entre eux et le pourcentage des emballages jetés sur place, l'association estime que chaque fast-food produit en moyenne quelque 204 kg de déchets d'emballages hebdomadaires.
En évaluant le nombre moyen de clients quotidiens, le poids moyen des emballages servis à chacun d'entre eux et le pourcentage des emballages jetés sur place, l'association estime que chaque fast-food produit en moyenne quelque 204 kg de déchets d'emballages hebdomadaires. (Crédits : MIKE BLAKE)
Sur 122 restaurants de McDonald's, Quick/Burger King et KFC visités par Zero Waste France, seulement cinq avaient installé une poubelle de tri, dénonce l'association, qui a mené une enquête pendant trois mois. Pourtant, leur important volume de déchets les oblige à y recourir.

Rappel à l'ordre pour les fast-foods de France. Alors qu'elles y seraient souvent tenues, les principales enseignes de restauration rapide de l'Hexagone ne font rien pour assurer le recyclage de leurs montagnes d'emballages, dénonce mercredi 18 octobre Zero Waste France, qui lance une campagne pour les inviter à davantage s'engager.

Le constat est le résultat d'une enquête menée entre juillet et septembre 2017 par les bénévoles de l'association, qui à Paris, Toulouse, Rochefort, Lille, Strasbourg, Toulon, Le Havre et Lyon se sont penchés sur les pratiques de McDonald's, Quick/Burger King et KFC. Des 122 restaurants visités, ils n'étaient que 5 à avoir installé des poubelles de tri, dont aucun à Paris, qui pourtant compte plus de la moitié de l'ensemble des magasins analysés. Cela revient à exclure du recyclage 96% des emballages jetés, ici en grande partie en papier ou carton, à 90% recyclables, et qui finissent ainsi indûment à la décharge ou à l'incinérateur.

Un kilo de déchets à la seconde chez McDonald's

Cette absence de tri dans la restauration rapide est mise en avant par Zero Waste France en raison du modèle du tout jetable qui induit une énorme production de déchets. En évaluant le nombre moyen de clients quotidiens, le poids moyen des emballages servis à chacun d'entre eux et le pourcentage des emballages jetés sur place, l'association estime que chaque fast-food produit en moyenne quelque 204 kg de déchets d'emballages hebdomadaires, explique Laura Chatel, chargée de plaidoyer. "La chaîne McDonald's, leader du secteur, produit ainsi plus de 115 tonnes de déchets d'emballages par jour en France, soit 1 kilo de déchets par seconde", ajoute Zero Waste. Globalement, dans l'ensemble des magasins de déchets, on produit des centaines de milliers de tonnes de déchets par an.

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Or, en raison justement de ces volumes, la plupart des fast-foods sont pourtant tenus à la mise en place du tri par la loi française (notamment un décret du 12 mars 2016), qui impose cette obligation à tous les acteurs publics et privés produisant plus de 1.100 litres de déchets par semaine. Certes, il s'agit d'une obligation concernant chaque restaurant individuellement, ce qui dans un système de franchise revient à considérer responsable le gérant du magasin.

Pourtant, "il semble inconcevable qu'une grande chaîne comme McDonald's n'ait pas d'ores et déjà accompagné ses franchisés à se mettre en conformité avec la réglementation française", souligne Laura Chatel.

L'image environnementale en jeu

D'autant plus que ces chaînes internationales ont non seulement souvent déjà mis en place le tri dans des pays frontaliers, mais en France elles communiquent activement en matière de responsabilité environnementale, parfois en mentionnant explicitement leurs politiques en matière de déchets.

McDonald's, dans sa page dédié, affirme ainsi travailler "depuis de nombreuses années à limiter les impacts environnementaux des déchets produits par son activité, en s'attachant à agir sur l'ensemble de la filière en partenariat avec ses fournisseurs", et notamment "depuis de nombreux mois à la mise en place d'un dispositif de collecte sélective dans ses restaurants". C'est le cas également de Quick (racheté par Burger King en France), qui dit s'être "engagé depuis 1993" pour "minimiser l'empreinte de son activité sur l'environnement", et affirme que "plusieurs [de ses] restaurants pratiquent le tri sélectif des emballages recyclables ou des déchets compostables". Burger King et KFC en revanche ne mentionnent pas à ce jour les déchets dans le cadre de leurs politiques RSE.

En faisant levier sur l'image environnementale, Zero Waste a lancé ce même jour une pétition, demandant aux trois principales chaînes de restauration rapide de France d' "obtenir que le tri soit déployé dans les six mois dans la totalité des restaurants", et une campagne sur les réseaux sociaux sous le hashtag #letripartout. A 17h, la pétition avait déjà obtenu 1.234 signatures.

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Commentaires
a écrit le 19/10/2017 à 11:01 :
Ne pas oublier que le tri devra être fait par le consommateur quand il vide son plateau après son repas et là connaissant le sens civique des français, c'est pas gagné!
a écrit le 19/10/2017 à 10:30 :
Les obligations, c'est bien mais s'il n'y a ni contrôles ni sanctions, pourquoi s'ennuyer à les respecter ? Ce sont des "usines" à emballages ces commerces, qui espèrent sans doute que les clients s'éloignent et remplissent les poubelles municipales.
Jamais allé (suis trop vieux) mais pas tenté de tester non plus.
a écrit le 19/10/2017 à 9:01 :
si a la place de pondre des lois a la c ils faisaient des trucs pragmatiques, on n'en serait pas la..........
Réponse de le 19/10/2017 à 12:03 :
C'est vrai que le tri des emballages est un tâche extrêmement compliquée et qui demande une forte capacité d'abstraction. Démagogie, quand tu nous tiens ...
a écrit le 19/10/2017 à 8:35 :
Qu'est-ce qu' attend pour mettre ces entreprises a l'amende ?
Les américains ne se gènent pas pour racketter les entreprises étrangères !!!
..... un petit chantage au chomage et vogue la pollution ......
a écrit le 18/10/2017 à 19:41 :
Non content d'empoisonner leurs clients, ces pompes à fric pourrissent le territoire. Logique puisqu'il n'y a que le chiffre d'affaire qui les intéressent.
Le pire du modèle économique américain dans toute son horreur. La négation de l'entreprise citoyenne.
Les fast food, ça pue et ça pollue.
Et dire que certains en rêvent...
Réponse de le 19/10/2017 à 8:37 :
Je crois que le modèle americain , peuple egoiste et agressif , commence a avoir du plomb dans l'aile !
Réponse de le 19/10/2017 à 12:20 :
Il y a quelques bistroquets bien français ou ça ne sent pas très bon, non plus.

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