EDF : l'État chiffre à 10 milliards le rachat des minoritaires, le cours bondit (+8%) en Bourse

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(Crédits : BENOIT TESSIER)
L'État rachèterait 10 milliards d'euros quelque chose (16% du capital d'EDF) qui vaut actuellement 6 milliards d'euros. Cette information délivrée de source syndicale a ravivé l'appétit des investisseurs.

L'État chiffre à environ 10 milliards d'euros le rachat des parts détenues par les actionnaires minoritaires au capital d'EDF qu'il envisage dans le cadre du projet de réorganisation du groupe, ont déclaré à Reuters deux sources syndicales.

Sur cette information, l'action du groupe EDF a bondi de +10% à l'ouverture de la Bourse de matin, le cours redescendait à +6,68% une heure plus tard pour prendre la tête du Stoxx 600. Vers 10h45, le cours regrimpait autour de +8%.

Le projet, que Paris négocie avec la Commission européenne et qui suscite une vive opposition des syndicats, prévoit la création d'une société-mère EDF SA incluant le parc nucléaire, l'ingénierie et les fonctions transversales, qui serait intégralement renationalisée alors que l'Etat détient aujourd'hui 83,7% du capital d'EDF.

"On nous dit que l'État va investir 10 milliards d'euros pour racheter les parts détenues par les actionnaires minoritaires afin qu'EDF SA soit à 100% publique", a déclaré à Reuters Sébastien Ménesplier, secrétaire général de la Fédération Nationale Mines Énergie de la CGT.

Selon une autre source syndicale, ce chiffre a été évoqué mardi par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire lors d'une réunion avec les syndicats, à laquelle participaient également la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy.

Bercy, EDF ou Pompili : pas de commentaire ou réaction en l'état

Bercy et EDF n'ont pas souhaité commenter ces informations et personne n'était disponible dans l'immédiat au ministère de l'écologie.

Un montant de 10 milliards d'euros pour près de 16% d'EDF serait sensiblement plus élevé que la valeur de cette participation selon le capitalisation boursière actuelle du groupe, qui représenterait quelque 6 milliards.

Dans le cadre du projet de réorganisation, nommé à l'origine Hercule, la maison-mère EDF SA détiendrait elle-même un deuxième ensemble incluant la commercialisation, les services, les énergies renouvelables, la distribution (Enedis) et les activités à l'international, dont le capital pourrait être ouvert à hauteur de 30%, ce qui réduirait le coût final du projet pour l'Etat.

EDF SA posséderait aussi 100% d'une troisième entité créée pour l'hydroélectricité, placée sous le contrôle de l'Etat dans un système de quasi-régie permettant d'éviter une mise en concurrence des barrages du groupe et mettant fin à un contentieux de longue date avec Bruxelles.

Négociations difficiles avec Bruxelles

Paris tente depuis plusieurs mois de finaliser ses négociations avec Bruxelles en vue d'une nouvelle régulation du parc nucléaire d'EDF, qui passerait par une hausse du prix de vente de sa production et accompagnerait la refonte du groupe, pour lui permettre notamment d'investir davantage dans les énergies renouvelables.

La Commission européenne a cependant demandé des garanties strictes afin que la nouvelle régulation du nucléaire ne bénéficie pas aux autres activités d'EDF.

Selon les sources syndicales interrogées par Reuters, l'Etat souhaite obtenir le soutien des syndicats pour défendre son projet auprès de la Commission.

"Ils nous disent 'sans vous on n'ira pas'. C'est une manière de dire 'appuyez notre projet, sinon ce sera votre faute si EDF est en difficulté'", selon la deuxième source syndicale.

Mobilisation syndicale et grève

L'Etat envisage toujours de conclure ses discussions avec Bruxelles "dans les semaines qui viennent", a de son coté déclaré Sébastien Ménesplier alors que des sources gouvernementales évoquaient déjà cette échéance début mars.

"Rien ne nous rassure, au contraire. Nous sommes à 48 heures d'une journée de grève et nous avons tous les bons ingrédients pour réussir cette mobilisation", a-t-il ajouté alors que les syndicats prévoient jeudi une nouvelle grève contre le projet de réorganisation.

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a écrit le 08/04/2021 à 11:28 :
Réforme , rachat des minoritaires, suppression de l'ARENH: c'est de la poudre aux yeux .Le problème , le vrai , que ne résoudra AUCUNE REFORME , c'est l'obsolescence du nucléaire qui coûte plus cher que toutes les autres énergies et qui ne fonctionne plus.Aujourd'hui il y a 24 GW de nucléaire à l'arrêt soit 40 % du parc, hier c'était 38 %, et la France est obligée d'importer 12 GW d'électricité !De plus l'EPR est un échec immense , au total les 10 milliards de rachat des minoritaires (c'est de la nouvelle dette d'état ) n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan du fiasco nucléaire .
a écrit le 07/04/2021 à 21:08 :
Encore une réorganisation d une entreprise public ...et le contribuable mis à contribution pour sauver les canard boiteux .laissons faire faillite EDF et son EPR foireux laissons faire faillite Air France et son PDg au salaire augmenter...laissons faire faillite la SNCF ( 35Milliard pour le contribuable ).Au nom du service public c est la gabegie et des avantages a gogo pour des employés qui se foutent de l intérêt général !!l! Ces entreprises qui coulent le pays. Que l état s' occupé de faire fonctionner les hôpitaux la police l école et la justice correctement (le contribuable d aujourd'hui paye encore des incapables a faire la lumière sur l affaire Grégory depuis plus de 30 ans...est normal?).Que l armée se retire du SAeL pour rétablir la sécurité à trappes et dans les autres cités.Ras le bol ras le bol...
a écrit le 07/04/2021 à 16:41 :
La CGT en donnant ce chiffre de 10 millions fait monter le cours de bourse se disant que plus ça coûte cher plus ça poussera l'état à arrêter la réforme. La CGT complice des spéculateurs boursiers, on aura tout vu. Le fonctionnaire qui a lâché ce chiffre doit être dans ses petits souliers.
a écrit le 07/04/2021 à 13:43 :
Belle manœuvre pour avoir le champ libre afin d'augmenter sensiblement les tarifs de l'électricité sans coup férir !
Réponse de le 07/04/2021 à 15:44 :
Les scandales sont ailleurs. Comme la revente obligatoire à perte à ses "concurrents" qui servent d'intermédiaires entre la production et les consommateurs pour créer de la fausse concurrence. Comme le projet Hercule qui vise à démanteler un service public pour permettre à des acteurs privés de se sucrer sur notre dos. Comme la fermeture de réacteurs nucléaires opérationnels puis la relance de centrales à charbon pour compenser (avec en prime le spectre de coupures potentielles le 8 janvier dernier). Comme la privatisation des barrages hydroélectriques. Comme le processus de démantèlement des fermes éoliennes en fin de vie ... L'énergie électrique est incroyablement peu chère en France au regard de tous les bénéfices que nous en retirons, les problèmes viennent de tous ceux qui cherchent à nous tondre au lieu d'assurer un service de qualité (comme dans beaucoup d'autres secteurs d'ailleurs : autoroutes, banques/compte courant obligatoire, assurances obligatoires, retraites privées, radars ...). Plein de secteurs dans lesquels des acteurs privés font du gras au détriment du bien commun
a écrit le 07/04/2021 à 13:02 :
10/6 = 1,666 le chiffre de la Bête née de l'accouplement entre Barbie la verte et Moustache le rouge. Je suis riche !!!
a écrit le 07/04/2021 à 12:25 :
micron continue de detruire le pays. Seule reste la greve generale de production. Personne aux manettes, l'etat pliera.
Réponse de le 07/04/2021 à 14:23 :
Vous vous faites des illusions. Et il faut réorganiser pour cesser d'avoir un contentieux avec Bruxelles.
Moi cette réorganisation je n'y voit que de bonnes choses.

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