Les bons résultats de TotalEnergies lui permettent de préparer sa sortie de Russie
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BENOIT TESSIER
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L'issue semblait inévitable. Après avoir retardé l'échéance, malgré les départs en cascade des autres pétroliers occidentaux, TotalEnergies retire à son tour une partie de ses pions du pays de Vladimir Poutine. Un « début de repli » qui montre que l'entreprise a « commencé à tourner la page », deux mois après le début de la guerre en Ukraine, fait valoir un porte-parole. En effet, la major a indiqué hier soir avoir souscrit dans ses comptes du premier semestre 2022 une provision de 4,1 milliard de dollars, correspondant à son retrait du projet de gaz naturel liquéfié (GNL) Artic LNG 2, en Sibérie, dont l'entreprise détient 10% (21,64% en comptant ses parts dans le géant gazier russe Novatek).
Mais cette dépréciation n'a pas plombé les résultats de TotalEnergies, puisque le groupe dégage quand même 4,9 milliards de dollars sur le trimestre, soit 12% de plus que les attentes du marché, a-t-il communiqué ce matin. Un résultat plus que solide, qui lui permet de relever son objectif de rachats d'actions de 2 à 3 milliards de dollars, mais aussi de maintenir la hausse des dividendes que la direction avait promise aux actionnaires. Sans surprise, la Bourse a salué ces annonces, avec une hausse de plus de 3,66% du titre à la clôture.
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De quoi donner raison à son PDG, Patrick Pouyanné, qui assurait fin mars que l'exposition du groupe à la Russie était finalement « très gérable » ? De fait, aux quatre coins du globe, l'entreprise profite pleinement de la flambée des prix du pétrole et du gaz, et continue sur sa lancée après ses profits records de 16 milliards de dollars sur l'année 2021 (soit les plus élevés depuis au moins quinze ans). Bref, loin de voir sa situation financière se fragiliser, le géant français des hydrocarbures gagne toujours beaucoup d'argent.