Comment les entreprises s'approprient l'enjeu climatique

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En dépassant leurs obligations légales, toutes les entreprises du panel s'engagent d'ailleurs à réduire leurs émissions, relève EY: en grande majorité (70%), elles se fixent même des objectifs chiffrés.
En dépassant leurs obligations légales, toutes les entreprises du panel s'engagent d'ailleurs à réduire leurs émissions, relève EY: en grande majorité (70%), elles se fixent même des objectifs chiffrés. (Crédits : POOL New)
Incitées par la loi de transition énergétique, 72% des 40 grandes sociétés étudiées par le cabinet EY identifient désormais le risque climatique au sein du chapitre dédié de leur document de référence. Rares sont toutefois encore celles qui prévoient des plans d'action en conséquence.

La loi de transition énergétique pour la croissance verte joue un effet bénéfique sur la prise de conscience de l'enjeu climatique par les entreprises. Son article 173 notamment, qui élargit les obligations sociétaires en matière de reporting climat, atteint son objectif d'inciter à plus de transparence sur les émissions de gaz à effet de serre ainsi que sur les risques liés au réchauffement, relève un bilan du premier exercice de mise en oeuvre de la loi effectué par le cabinet EY.

L'analyse des documents de référence 2016 de 40 entreprises du SBF 120, appartenant à huit secteurs d'activité, montre en effet que 90% d'entre elles calculent désormais leurs émissions de gaz à effet de serre liées aux scopes 1 et 2, et 62% celles liées au scope 3 (17% de plus qu'en 2015). 72% identifient le risque climatique comme dangers majeur: 7% de plus qu'un an plus tôt. Alors qu'en 2015 l'importance du risque climatique était soulignée dans seulement 15% des rapports des présidents de leur Conseil d'administration, cette information figure désormais dans 65% de ces documents.

Des risques encore mal détaillés

En dépassant leurs obligations légales, toutes les entreprises du panel s'engagent d'ailleurs à réduire leurs émissions, relève EY: en grande majorité (70%), les entreprises se fixent même des objectifs chiffrés, et un cinquième d'entre elles s'aligne sur la trajectoire de 2°C préconisée par l'Accord de Paris. En ce sens, les actions privilégiées sont sans doute la réduction de la consommation énergétique et de l'empreinte produit, avec l'achat voire la production d'énergies vertes. 43% des entreprises optent toutefois aussi pour le prix interne du carbone, notamment pour orienter les investissements: il est fixé en moyenne à 37 euros/teqCO2.

Ce constat positif mérite toutefois quelques nuances. L'identification des postes d'émissions dans la chaîne de valeur -qui varient significativement selon les secteurs- pose notamment encore problème pour presque la moitié des entreprises: ceux ciblés ne sont en effet "pas toujours les plus pertinents, que ce soit au regard de leur contribution à la facture climatique globale, ou de leur exposition à des risques de transition, de régulation ou d'adaptation aux impacts du changement climatique", écrit EY. Quant aux risques mentionnés, d'ailleurs, ils ne sont détaillés que par un quart des entreprises du panel, et souvent ils ne sont pas assortis de "plans d'actions clairs permettant de les maîtriser", note le cabinet.

Le climat de plus en plus intégré au business model

Le cabinet espère toutefois que l'article 173 et son caractère pionnier au niveau international continuent de produire leurs effets, en incitant les entreprises françaises à des progressions, voire à une intégration du climat dans leurs stratégies de long terme, lors des prochains exercices. Quelques facteurs d'optimisme le laissent espérer: 32% des entreprises affichent déjà la volonté d'établir un objectif climat compatible avec un scénario 2°C, et 55% mettent en avant leurs solutions bas carbone, identifiées comme des avantages compétitifs. Les secteurs de l' automobile, de l'immobilier, de l'énergie commencent d'ailleurs à intégrer le climat à leur business model.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2017 à 19:10 :
Un petit glaçon dans ton anisette, Nicolas ?
a écrit le 07/06/2017 à 17:31 :
La question suivante sera certainement : "Comment les populations vont s’approprier l'enjeu climatique ?" J'ai bien peur que dans ce cas, on soit plutôt dans un survival model.

On a encore l'avantage de pouvoir anticiper et agir, mais cela devient urgent.
La solution est de prendre conscience de la gravité de la situation et d'utiliser le business en question pour développer la protection environnementale. Que ce soit rentable à court terme ou pas d'ailleurs.

C'est peu à l'image du gouvernement, avec d'un côté la conscience et l'engagement de Nicolas Hulot et de l'autre un Enarcobusiness que l'on jugera aux actes et à ses capacités à reformer.

En s'engageant sérieusement dans la transition énergétique, car à critiquer la Trump attitude on en oublierait presque que la France a pris du retard sur sa feuille de route du développement des énergies renouvelables, à hauteur de 23 % du mix à l'échéance de 2020.

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