Le 15 avril dernier, l'Allemagne a dit adieu à ses trois dernières centrales nucléaires, laissant en héritage un vif débat sur son approvisionnement énergétique dans un contexte d'urgence climatique et de tension géopolitique accrue. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'histoire allemande de l'atome civil n'est pas complètement finie pour autant. En effet, si le gouvernement fédéral a décidé de mettre fin à l'exploitation de la fission nucléaire, le pays ne se désintéresse pas de la fusion nucléaire, loin de là.
Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose toutes les centrales nucléaires en fonctionnement dans le monde, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d'uranium pour libérer de l'énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d'hydrogène extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Dans le détail, le mariage forcé du deutérium et du tritium permet de produire de l'hélium et un neutron. Cette réaction doit alors permettre de générer des quantités massives d'énergie sous forme de chaleur, qui peut ensuite être transformée en électricité grâce à une turbine.