Nucléaire : débuté en 2005, le calvaire de l'EPR finlandais joue les prolongations
Juliette Raynal
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Le consortium Areva-Siemens veut procéder à la révision des trois turbines de l'EPR de la centrale nucléaire d'Olkiluoto, en Finlande, dont le chantier, initié en 2005, a accumulé plus d'une décennie de retard.
L'EPR finlandais n'entrera commercialement en service qu'en juin 2022 et non en mars 2022. Au total, le chantier accumule plus d'une décennie de retard. Alors que les deux autres chantiers d'EPR menés en Europe collectionnent également déboires et surcoûts, un EPR chinois a récemment été mis à l'arrêt. Seul un réacteur de ce type est désormais en service dans le monde. Malgré ces déconvenues à répétition, EDF espère vendre de nouveaux EPR, notamment en Inde et en Pologne, qui misent sur cette électricité décarbonée pour améliorer leur bilan climatique.
Enième coup dur pour la technologie EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération développé par la filière française. Vendredi 20 août, l'électricien finlandais TVO a annoncé que la mise en service de l'EPR en construction en Finlande par le consortium Areva-Siemens avait été de nouveau repoussée de trois mois. Fin juillet, TVO avait déjà annoncé un report d'un mois.
La cause de ces nouveaux ajournements ? La révision d'une turbine. "Lors du travail d'inspection de la turbine, le fournisseur [le consortium Areva-Siemens, ndlr] a décidé d'étendre la révision à l'ensemble des trois turbines à basse pression afin d'y réaliser de nouvelles inspections", a expliqué le finlandais TVO dans un communiqué de presse.
Le démarrage du réacteur est désormais attendu pour janvier 2022, avec une production d'électricité régulière, c'est-à-dire une mise en service commerciale, prévue pour début juin 2022. Elle était attendue en mars 2022.
Plus d'une décennie de retard et des fiascos à répétition
Ces quelques mois de reports apparaissent presque anecdotiques, tant le chantier, initié en 2005, a accumulé du retard. Plus d'une décennie au total, puisque le réacteur finlandais, le premier au monde à être entré en construction, devait initialement débuter sa production en 2009 à la centrale d'Olkiluoto.
Le calvaire devrait toutefois bientôt toucher à sa fin car, en mars dernier, le réacteur a été chargé en combustible nucléaire, prélude à sa mise en service. Mais le gigantesque fiasco du chantier finlandais est loin d'être isolé. Actuellement, trois autres EPR sont en construction dans le monde. L'EPR de Flamanville (Normandie) ne devrait être mis en service qu'à la fin 2022, au plus tôt. Son chantier, initié par EDF en 2007, cumule également les retards et les surcoûts, notamment en raison de soudures mal réalisées au niveau des cuves du réacteur.
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Les deux autres EPR en construction se situent à la centrale d'Hinkley Point en Angleterre. Le premier réacteur britannique est prévu en juin 2026 au lieu de fin 2025, comme annoncé initialement. Les coûts du projet ont également été revus à la hausse : entre 22 et 23 milliards de livres désormais, contre 21,5-22,5 milliards auparavant. Il reste par ailleurs toujours un "risque" de retard de 15 et 9 mois sur les deux réacteurs, qui se traduirait par un nouveau surcoût.