Stocker le CO2 émis par les usines : pourquoi cette solution d'avenir ne décolle pas
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Wolfgang Rattay
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... et notamment ceux des experts climat de l’ONU. Reste que, pour l’heure, la méthode n’est que très peu déployée, en raison d'une équation économique incertaine.
En 2017, au Texas, un nouveau bâtiment vit le jour dans la vieille centrale à charbon de Petra Nova, vingt ans après sa mise en service. A côté des quatre immenses tours aéroréfrigérantes du site naissait alors le « plus grand système de capture de carbone post-combustion au monde », se félicitait son principal opérateur, l'Américain NRG Energy. Le but : récupérer le dioxyde de carbone (CO2) émis à la sortie de l'usine, afin de l'injecter dans un champ de pétrole en fin de vie pour y augmenter la pression, et optimiser l'extraction du fameux hydrocarbure.
Mais cinq ans plus tard, les résultats ne sont pas à la hauteur des promesses. A tel point que NRG Energy a finalement jeté l'éponge. En octobre, le groupe a vendu à JX Nippon Oil&Gas Exploration Corp sa participation de 50% pour 3,6 millions de dollars seulement, un montant représentant moins de 0,5% des coûts de construction d'environ 1 milliard du projet ! Un « revers pour les partisans des projets de capture de carbone dans les centrales à combustibles fossiles existantes », avait alors commenté S&P Global.
De quoi fragiliser l'espoir d'une généralisation rapide et à grande échelle des systèmes de captation du CO2 à la sortie des usines. Pourtant, si le CO2 « attrapé » était séquestré plutôt que d'être réutilisé dans les champs pétroliers, ce procédé devrait permettre, sur le papier, d'empêcher une partie des émissions de gaz à effet de serre de pénétrer l'atmosphère en les captant directement à la source. Et, par là-même, de réduire l'empreinte carbone des sites les plus polluants, sans qu'ils aient à modifier en profondeur leurs activités.
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Appelée CCS, pour Carbon capture and storage, la méthode n'est pas nouvelle (à ne pas confondre avec la captation de CO2 directement dans l'air, le DAC, dont la technologie est loin d'être éprouvée). La première installation de ce type date même de 1996, sur le champ gazier Sleipner situé en mer du Nord et appartenant à la Norvège. Depuis près de 25 ans, le CO2 s'y trouve en effet capté, avant d'être injecté dans un réservoir salin situé à 800 mètres sous la mer.