Arrivée au pouvoir il y a quelques mois seulement, la nouvelle coalition allemande (SPD, Verts et Libéraux) a du pain sur la planche. Car entre-temps, l'arrivée de la guerre en Ukraine a au mieux fragilisé, au pire fait voler en éclats, une partie des politiques menées outre-Rhin depuis plusieurs décennies. Y compris dans le domaine de l'énergie, alors que l'immense dépendance du pays aux hydrocarbures russes, nécessaires pour faire fonctionner son économie, est apparue aux yeux de tous.
Conscient de « l'urgence » de s'en défaire, le gouvernement ne compte cependant pas opérer de tournant majeur. Mais entend accélérer dans la stratégie d'« Energiewende » déjà entamée sur le territoire depuis près de vingt ans, qui consiste à investir abondamment dans les renouvelables en sortant progressivement du nucléaire, puis in fine des combustibles fossiles. Mercredi, l'exécutif a ainsi publiquement confirmé son objectif ambitieux, déjà présenté à la fin de l'année dernière, d'atteindre 80% de renouvelables dans le mix électrique allemand d'ici à 2030 - contre 65% auparavant. Soit un quasi doublement de la part de ces sources d'énergies peu carbonées en moins d'une décennie, étant donné que ce chiffre s'élevait à 42% en 2021.