Suez cède pour 1,6 milliard ses activités australiennes de recyclage (un "sabordage" pour Veolia)

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Photo d'illustration: la flotte de camions siglés Suez pour la collecte et le recyclage de déchets de la ville de Brisbane. Suez a signé avec la ville un nouveau contrat de 900 millions de dollars couvrant la période de 2018 jusqu'en 2033.
Photo d'illustration: la flotte de camions siglés Suez pour la collecte et le recyclage de déchets de la ville de Brisbane. Suez a signé avec la ville un nouveau contrat de 900 millions de dollars couvrant la période de 2018 jusqu'en 2033. (Crédits : Suez)
Le groupe Cleanaway Waste Management s'était dit le mois dernier intéressé par les actifs recyclage et valorisation du groupe français en Australie. Dans la nuit de lundi à mardi, Suez a annoncé avoir signé un accord de cession avec l'australien pour 2,52 milliards de dollars australiens (1,63 milliard d'euros), accord qui sera soumis au résultat des négociations avec Veolia. Pour Veolia, de telles ventes, représentant 80% de l'activité déchets de Suez hors de France, reviennent à "saborder" le groupe.

Le groupe Suez a annoncé dans la nuit de lundi à mardi avoir signé un accord pour vendre à l'australien Cleanaway son activité "recyclage et valorisation" dans ce pays, une cession dont la réalisation dépendra cependant des négociations avec Veolia sur les conditions de son OPA.

L'accord stipule un montant de 2,52 milliards de dollars australiens (1,63 milliard d'euros), soit 12 fois l'excédent brut d'exploitation de l'entreprise.

Les cessions de Suez sont considérées par Véolia comme du sabordage

La vente de ces actifs, que Veolia juge "stratégiques" dans le cadre de sa tentative d'absorption de Suez, reste soumise au "résultat des négociations" sur les termes de l'OPA, précise Suez dans son communiqué publié dans la nuit de lundi à mardi.

Pour Veolia, de telles ventes, représentant 80% de l'activité déchets de Suez hors de France, reviendraient à "saborder" le groupe. Son PDG Antoine Frérot a déjà menacé de poursuites les administrateurs de Suez qui les autoriseraient.

Lire aussi : Suez: Veolia demande à la justice de suspendre toute vente d'actifs stratégiques

L'accord avec Cleanaway intervient dans le cadre d'un plan stratégique de cessions-acquisitions lancé par Suez pour se recentrer sur certaines activités.

Mais Veolia peut encore en prendre le contrôle, "notamment sur la base de la proposition" qui lui a été faite par Suez sur les termes de son OPA, insiste Suez.

"Il est possible, jusqu'au 21 avril 2021 pour tout tiers, y compris Veolia, de soumettre une offre supérieure sur les activités Recyclage et Valorisation en Australie", est-il ajouté.

Lire aussi : Recyclage: Suez cède des activités pour 1,1 milliard à PreZero (l'insatiable Schwarz qui s'étend en Europe)

"Nous avons renégocié (avec Cleanaway) pour que Veolia puisse prendre le contrôle de cet actif", a dit Philippe Varin, le président de Suez, à la presse mardi. "Nous continuons de souhaiter une solution amicale et négociée" avec Veolia, d'ici le 20 avril, a-t-il dit.

Veolia souhaite conserver les activités "Eau et Technologie" à l'international

Veolia propose de maintenir un Suez France dont il céderait tous les actifs nationaux au fonds Méridiam, mais Suez, soutenu par les fonds Ardian et GIP, souhaite conserver aussi les activités "Eau et Technologie" à l'international.

En outre Suez souligne que sa valorisation va bien au-delà des 18 euros par action proposés par Veolia dans son OPA, comme le montre le montant atteint par ses actifs australiens.

Veolia et Suez, leaders mondiaux du secteur de l'eau et des déchets, s'affrontent depuis que le premier a lancé fin août 2020 un projet d'OPA sur le second. L'OPA a été effectivement déposé le 8 février.

Veolia a déposé un recours au tribunal de commerce de Nanterre contre la vente d'activités stratégiques par la direction de Suez, qu'il accuse de vouloir dépecer le groupe. Une audience est prévue mardi.

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Commentaires
a écrit le 07/04/2021 à 3:42 :
frerot est un loser. Suez a bien joue et gagne.
a écrit le 06/04/2021 à 19:19 :
J'ai du mal à comprendre comment la direction d'un groupe qui est soumise à son conseil d'administration, ledit conseil étant nommé par les actionnaires, ledit actionnaire étant Véolia, peut réaliser des actions au détriment de ce dernier. Si LT pouvait nous expliquer quels sont les mécanismes qui permettent cette situation ubuesque, ainsi que les éventuelles conséquences pour les dirigeants, j'en serais très heureux. Je précise pour les éventuels commentateurs que je suis contre cette OPA/fusion. Tout comme je suis contre les activités de grande braderie de Suez depuis cette OPA. Je cherche juste à comprendre sur quelle base la direction de Suez peut réussir à faire de pareilles actions sans être aussitôt démise de ses fonctions par son CA.
Réponse de le 07/04/2021 à 13:29 :
Veolia n'est qu'un "copropriétaire". Ils n'ont que 30% des parts.

Veolia n'a pas pris le contrôle du conseil d'administration.
a écrit le 06/04/2021 à 17:24 :
Je comprends parfaitement Véolia surtout quand on sait que l'australie fait partie d'un traité tech entre le Japon, la Corée du Sud, l'Inde et les Etats Unis maintenant qu'ils comprennent eux-aussi qu'apprendre à négocier avant de vouloir imposer c'est mieux. Ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux.

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