Ukraine : vers un embargo européen sur le gaz russe ?
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DADO RUVIC
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C'est une décision historique, qui pourrait influer lourdement sur les relations diplomatiques entre la Russie et l'Union européenne. Mais dont l'issue pose d'importantes questions stratégiques quant à la fourniture en gaz du Vieux continent, puisque Moscou reste le premier fournisseur des Vingt-Sept en ce combustible fossile, avec 40% des importations. D'autant que la flambée des prix de l'énergie, dont les cours atteignent des niveaux records depuis maintenant plusieurs mois, rendent le pari un peu plus risqué.
En effet, alors que la crise russo-ukrainienne a pris un tout nouveau tournant depuis la reconnaissance lundi soir par Vladimir Poutine des territoires indépendantistes du Donbass, le chancelier allemand, Olaf Scholz, a décidé ce mardi de suspendre l'autorisation de fonctionnement du projet Nord Stream 2. Cette première sanction, qui touche le gazoduc exploité par le géant russe Gazprom et reliant l'Europe et la Russie, doit ainsi faire réagir le président russe afin qu'il recule militairement à Kiev.
Officiellement achevé en septembre, après cinq ans de travaux, Nord Stream 2 devait pourtant être mis en service dès le mois de mars. Et permettre à la Russie d'exporter 110 milliards de m3 de gaz naturel par an, soit la moitié de ses livraisons à l'Europe. Ce nouvel événement rebat donc les cartes, et interroge sur les suites possibles.
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D'autant que le chancelier allemand a menacé ce mardi d'imposer à Vladimir Poutine « d'autres sanctions ». Car la première risque de ne pas suffire : stopper Nord Stream 2, qui n'a encore jamais fonctionné, « ne menace pas directement les exportations de gaz de la Russie vers l'Europe », note Thomas Pellerin-Carlin.