Les plans de relance budgétaire mettent en péril les États et le capitalisme (DWS/Deutsche Bank)

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Si la croissance et l'inflation n'apportaient pas de réponse à l'endettement, il faudrait envisager de recourir à l'excédent budgétaire par le biais de politiques de rigueur, une solution loin d'être idéale, avertit la note de DWS.
Si la croissance et l'inflation n'apportaient pas de réponse à l'endettement, il faudrait envisager de recourir à l'excédent budgétaire par le biais de politiques de rigueur, une solution loin d'être idéale, avertit la note de DWS.
En permettant à des entreprises non compétitives de survivre, ces programmes de soutien faussent la concurrence. Mais il vont aussi faire exploser la dette publique. Et rien ne dit que la croissance ou l'inflation seront au rendez-vous pour la résorber, lit-on dans une note d'avertissement publiée par l'un des principaux gérant d'actifs mondiaux, DWS, la société de gestion d'actifs de la Deutsche Bank, première banque d'Allemagne.

Les plans de relance budgétaires massifs annoncés un peu partout pour lutter contre les dégâts économiques du coronavirus étaient nécessaires, mais ils sont dangereux à long terme, dit-on chez DWS, la gestion d'actifs cotée en Bourse de la Deutsche Bank, première banque d'Allemagne (NB: Deutsche AM a été rebaptisée DWS fin 2017 avant son introduction en Bourse).

Ces programmes vont faire exploser la dette publique qu'il faudra réduire et rien ne garantit que la croissance ou l'inflation le permettront, écrit Martin Moryson, chef économiste Europe de la société de gestion allemande, dans une note publiée jeudi.

"Ces programmes étaient sans aucun doute inévitables face à la gravité de la situation mais il est également certain qu'ils auront des effets collatéraux considérables à long terme", écrit-il.

"L'intervention des gouvernements dans l'économie comporte le risque d'importantes distorsions qui pourraient peser à terme sur la croissance de la productivité", argumente-t-il.

Il faudra rembourser, l'annulation de la dette n'étant pas une solution en raison des risques économiques et sociaux qu'elle comporte, selon Martin Moryson.

La discipline budgétaire affaiblit la cohésion de la société

Si la croissance et l'inflation n'apportaient pas de réponse à l'endettement, il faudrait envisager de recourir à l'excédent budgétaire par le biais de politiques de rigueur, une solution loin d'être idéale, ajoute l'économiste.

"La discipline budgétaire, souvent appelée austérité par ses adversaires, a été très impopulaire, a affaibli la cohésion de sociétés et pèse sur le soutien de la population aux gouvernements qui la mettent en place", écrit-il.

Remise en cause de la croissance et de la mondialisation

Les plans de relance menacent à terme de fausser la concurrence en maintenant artificiellement en vie des entreprises non compétitives, poursuit-il.

Plus généralement, la crise du coronavirus pourrait accélérer la mise en cause de la croissance immodérée et la mondialisation galopante, selon l'économiste, qui dit craindre également une poussée du protectionnisme avec le rôle renforcé des États dans l'économie.

"Le capitalisme, qui était déjà dans une situation inconfortable avant le coronavirus, pourrait l'être encore davantage après l'épidémie", conclut Martin Moryson.

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Commentaires
a écrit le 13/06/2020 à 11:26 :
Tant que la dette reste entre un état de l'Eurogroupe et la BCE, c'est comme si l'on se prêtait de l'argent à soi-même en la créant.
Le remboursement du capital n'est même pas une question, ce que l'on débite d'une main est crédité dans l'autre et le bilan est nul.

Les ennuis commencent si en créant trop de monnaie on la dévalue sur le marché international.
Ils continuent si l'on prête cet argent aux banques privées parce qu'elles vont demander des bénéfices et évidemment le remboursement du capital.

C'est comme celà qu'on a coulé la Grèce. Son PIB représente à peine 2% de ceui de l'Eurogroupe et sa dette de l'époque moins de 0.1%.
La BCE aurait pu et dû lui prêter a des taux réduits plutôt que de l'enterrer sous des taux usuraires de 17% pratiqués par les hyènes qui l'avaient poussé dans le surendettement.

Fort de l'expérience de la misère des autres, les allemands qui viennent de perdre 80% de leurs exportations sont maintenant ouverts à des prêts directs de la BCE aux états en difficulté. Et chacun comprend qu'ils ne seront jamais remboursés vu les sommes en jeu.
a écrit le 12/06/2020 à 23:33 :
Quand une dette est souscrite par des états européens auprès de la Banque Centrale Européenne c'est de la création pure de monnaie.
Puisque la banque centrale s'emprunte à elle même, ....et se rembourse à elle même. Que le prêt soit remboursé est presque secondaire dans la mesure où personne n'est lésé.

Le seul inconvénient à ce genre de pratique est une possible baisse de la crédibilité de l'€ et/ou de l'inflation.
En économie c'est la valeur relative des choses qui compte, plus que leur note S&P, Moodys ou Fitch.
On a vu que la France, malgré tous ses défaut reste un emprunteur très crédible par rapport au reste de la planète, ce qui lui a permis d'emprunter sur le marché à des taux très bas, voire négatifs.

Dans les années 2000, on aurait parfaitement pu aider les grecs par des prêts non remboursables (seuls les intérêts sont dûs) à un taux raisonnable mais c'était interdit par les statuts de la BCE à l'époque et les bergers allemands montaient la garde.

Pourtant l'économie grecque ne pesait rien, moins de 2% du PIB de la zone €. Un soutien direct de la BCE aurait été absolument sans danger pour la BCE et l'€uro. Le traitement infligé au grecs était purement idéologique et a semé les germes du sentiment anti européen dans les pays du Sud et à l'Est.

Curieusement (?), depuis que l'Allemagne est elle même confrontée à la perte de ses marchés d'exportation, elle est devenue bien plus accommodante à l'idée d'un intervention directe de la BCE pour sauver les états.

Pour conclure, la dette n'est pas un problème, si et seulement si, elle reste à la BCE.
Réponse de le 13/06/2020 à 11:29 :
Commentaire agréablement lisible , et qui augmente le savoir du lecteur .
Puis je vous demander un éclaircissement sur la durée de remboursement à la BCE dans le cas d un emprunt direct , merci d avance .
a écrit le 12/06/2020 à 14:47 :
Moi je connais des centaines de choses qui ne sont ni rentables ni compétitifs et qui méritent pourtant de survivre.

A commencer par mes enfants, mes parents et mon chien mais aussi la pureté de l'air, l'innocuité de l'environnement et la qualité de la nourriture.

Toutes chose dont le capitalisme n'a rien à faire, tant qu'il n'est pas prétexte à faire grossir le Moloch de sa cupidité égotiste sans frein et sans limites.
a écrit le 12/06/2020 à 12:18 :
La Deutsche Bank devrait s’appliquer à elle-même le contenu de son article. Dans le soutien massif des pouvoirs publics, cette banque non viable aurait disparu, mais entre autres arguments pour la maintenir le fameux too big to fail
a écrit le 12/06/2020 à 10:52 :
Sans vouloir passer pour un communiste que je ne suis pas, les quelque 40% d'Allemands marginalisés économiquement avant le Covid méritent de vivre tout comme les jeunes Français, faut-il tout sacrifier sur l'autel de l'ordolibéralisme. Il reste les dettes, au fait structurellement elles viennent d'où?
a écrit le 12/06/2020 à 7:24 :
Je vais vous dire ce qui va arriver avec le COVID 19 qui est encore bien présent en FRance.
Macron et le MEDEF ont poussé à la reprise coûte que coûte.
Les Français vont partir en vacances en France , en Italie, en Espagne, en Grèce, etc....et l'épidémie va repartir de plus belle début aout, avec des milliers de morts en France alors que les moyens des soignant n'auront pas été renforcés (protection, respirateurs, lits, salaires, carrière, etc), et là les morts pourraient bien se compter en centaines de milliers de morts en France.
Seule la Chine communiste va s'en tirer avec peut-être la Russie grâce à l'immensité de son territoire, et certainement Cuba grâce à la force de sa médecine.
Tous aux abris.....
a écrit le 11/06/2020 à 18:09 :
Le capitalisme a toujours existé et existera encore. C'est la spéculation prédatrice qui doit disparaître pour que le monde ne sombre pas dans une extrême misère. Les spéculateurs le savent puisqu'ils ont demandé la mise en quarantaine de la bourse pendant le confinement.
a écrit le 11/06/2020 à 17:31 :
Le problème ne vient pas du capitalisme
Mais du populisme des élus et technocrates

Laisser filer les déficits et laisser les banques centrales créer de la monnaie est une folie furieuse
Les allemands ont déjà payé pour voir
La ruine et la guerre attendent ceux qui jouent avec la monnaie

Pour l instant aucune crise n’a frappé la France depuis 40 ans on entasse les dettes

L Argentine le Venezuela et certain pays africain ont payés plus que cher de faire défauts mais aucune leçon n’est retenues par nos élus demago qui ne pensent qu’à la prochaine élection
Réponse de le 11/06/2020 à 17:50 :
@Billy
Nos élus démagos vous voulez parler de l UMPS .
En cas de ( guerre ) qui va nous la déclarer ; suis curieux de votre réponse ?
Et cerise sur le gateau c est la faute des populismes , attendez qu ils soient au pouvoir pour les vilipender SVP
Mais c est bien d avoir des convictions .
Réponse de le 12/06/2020 à 6:26 :
@lepaysan

La ruine d un état ammene très très souvent une dictature
La guerre fait partie des conséquences regardez l histoire
Penser que la dette ce n’est rien est une vraie attitude populiste dangereuse

Une autre politique est-elle possible biensur
Réponse de le 12/06/2020 à 8:36 :
@Billy
On est peut être déjà d accord et pourtant nos arguments ne se ressemblent pas .
Je devine qu un capitalisme intelligent serait bien approprié à l heure actuelle.
Problème : On ne peut pas laisser les rênes de l état aux gens qui nous ont mis dans cette situation .
Pour ma part le retour du referendum pour toutes lois touchant à l économie devra y recourir .
Une pensée pour Colbert .
a écrit le 11/06/2020 à 15:31 :
Je ne vois toujours pas comment remplacer le capitalisme qui nous a apporté le niveau de vie que nous connaissons; le capital n'est autre chose que l'épargne et il est dommage qu'on l'ait affublé d'une terminaison en "isme", car il n'a rien à voir avec une doctrine religieuse ou politique. Que certains ait utilisé l'épargne à des fins aventureuses ou peu recommandables, il n'en est pas moins vrai que nous devons remercier ceux qui l'ont utilisé pour améliorer notre confort. Même des pays anticapitalistes y ont recours, reniant sans honte et sans le dire leur Bible.
a écrit le 11/06/2020 à 14:59 :
Si je ne peux pas répondre au troll ou faire virer son trollage vous virez mon commentaire de base vous ne l’instrumentalisez pas sauf si vous l'achetez bien entendu, vous pourrez ainsi y accrocher n'importe quoi dessous, le portrait de la grand mère, le premier bouton d’acné de l'ado, votre vieux pull préféré dont vous avez honte et-c...
a écrit le 11/06/2020 à 14:53 :
Depuis trop longtemps, nous jouons les cigales: pas moyen de mettre un sou de côté, d'avoir un budget en équilibre. Mais aujourd'hui, nous sommes nus, sans un sou (public) devant une crise de grande ampleur (finies les crisounettes gérées par les anciens Présidents, qui aimaient tant se faire valoir, ayant sauvé le monde une fois de plus).. Il va falloir gérer (c'est moins drôle que de tenir des politiques de Père Noël à distribuer les cadeaux à tout va, à prendre la température de tout un chacun, à être emphatique..avec des GJ qui n'ont rien compris et feraient mieux de moins faire de bruit, et surtout de ne rien casser de ce qui est le bien public). On ne peut déclarer "Nous sommes en guerre" et mettre tout le monde à l'abri! Dès lors, la seule chose à faire est de préserver notre avenir et l'avenir de nos enfants, de serrer les boulons, dépenser mieux pour être mieux demain, et surtout faire passer le message à tous: les libéralités magnifiques de l'état, c'est fini! Les prestations sociales pour 80% des français c'est de l'histoire ancienne! Et le dirigisme des fonctionnaires sur la sphère privée doit être rééquilibrée! Je crois qu'il faut envoyer un signal fort, qui marquera les faibles esprits: par exemple, fin des 35 heures (passage à 37 pour tous sans complément de salaire), ou nouvel impôt annuel de rééquilibrage des comptes publics pour que tous sentent nos difficultés immenses. Nous en avons pour plus de dix ans à payer ce corona, et rien ne dit que l'an prochain, on ne remette pas cela!
a écrit le 11/06/2020 à 13:54 :
Le capitalisme qui pourrait être la moins mauvaise solution économique s'est totalement fourvoyé en poussant la logique aux extrêmes du système. De fait il est plus fragile face aux économies collectivistes plus résilientes par ce que plus contrôlées, même si c'est au détriment des libertés.
Le capitalisme dans la tourmente, ce sont des conséquences imprévisibles, incalculables, mais à coup sûr douloureuses. L'automne devrait être chaud sur le plan social. Mai en Septembre.
a écrit le 11/06/2020 à 12:19 :
La finance a anéanti le capitalisme dont on aurait pu pourtant faire une économie intéressante mais accaparé par la cupidité il ne vaut plus rien, il faut débrancher le tuyau surtout quand les finances publiques ne peuvent plus alimenter l'avidité sans limite de la finance mondiale pour que même eux sentent le danger c'est que l'on est pas loin du stade de non retour.

J'ai lu la dépêche d'où vous avez tiré cet article dans laquelle cet analyste entrevoyait la solution d'annuler les dettes mais l'accompagnant d'un "cela n'est pas possible" sans nous en préciser pourquoi.

Alors que si on annule les dettes on relance la machine, ceux qui ne seront pas payés ayant déjà des centaines de milliards de dollars n'iront pas dormir sous les ponts et les victimes habituelles du capitalisme financier non plus.

Pourquoi donc ne pas annuler ces dettes alors ? Elles n'ont aucune légitimité vu que le fait de passer par des milliardaires pour qu'un pays emprunte n'est qu'un privilège oligarchique de plus ne renforçant que les paradis fiscaux des gens qui accaparent toutes les liquidités mondiales. Annuler les dettes serait au moins assumer une partie de cette illogique économie que l'on nous impose.
Réponse de le 11/06/2020 à 13:04 :
Si vous avez une Assurance-Vie, annulons la dette de la France et vous verrez le bilan de votre épargne : 0€, mais comme vous avez des milliards dans les paradis fiscaux (tous les français en ont, non ? :-) ), ça ne gênera pas. :-)
Les prêteurs (ayant des milliards) à qui vous avez dit : "on ne vous remboursera pas !!" vu qu'on doit emprunter régulièrement pour fonctionner, ils diront "on ne vous prêtera plus rien !" (chat échaudé craint l'eau froide). Un emprunt est souvent destiné à re-emprunter la somme qu'on doit rendre à échéance, ayant déjà réglé les intérêts chaque année (si les taux sont positifs, sinon non). On dit qu'emprunter pour des projets d'avenir c'est bien, mais pour fonctionner c'est mal. On doit donc emprunter un tant soit-peu. Inventer un emprunt national (jamais remboursé, genre russe, ou alors rembourser aux petits enfants des petits enfants, càd jamais) ?
Réponse de le 11/06/2020 à 13:56 :
Votre commentaire fait sourire ou pleurer suivant l'humeur.
A qui emprunte l'Etat ? Pour beaucoup aux banques et compagnies d'assurances qui utilisent pour cela l'épargne des particuliers. Il n'y a pas de miracle, quand on emprunte, il y a un prêteur et même le plus souvent une multitude de prêteurs.
Annuler les dettes est impossible car cela signifierait pour les banques et assurances par ricochet d'annuler aussi les avoirs des petits épargnants.
Réponse de le 11/06/2020 à 14:32 :
@ "Si vous avez une Assurance-Vie, annulons la dette de la France et vous verrez le bilan de votre épargne"

Je suis terrorisé... bref en gros vous me dites que plus on a d'épargne plus on sera impacté par une annulation des dettes ?

Et vous pouvez m'expliquer plutôt pourquoi les banques centrales doivent passer par des intermédiaires privés pour prêter aux pays ?

Là ce serait intéressant plutôt que votre charabia centré sur vos intérêts et eux seuls.

@ multipseudos: "Votre commentaire fait sourire ou pleurer suivant l'humeur."

Comment discréditer d'emblée ta réponse, je ne lis pas le reste forcément subjectif donc, signalé.
Réponse de le 11/06/2020 à 15:06 :
Benoit et 73 .
Vous avez manqué quelques épisodes, mais votre bonne volonté est
patente .Il va y avoir un remaniement d ici peu , est il serait normal qu il songe à vous pour le ministère des finances .
Blague à part , et pour votre gouverne il s agit d annuler la dette détenue par la BCE .
a écrit le 11/06/2020 à 12:18 :
Un capitalisme raisonné est certainement la moins pire des solutions pour le progrès économique, mais lorsque celui-ci dérive et devient prédateur, il devient aussi inefficace et dangereux que les systèmes collectivistes. Les conséquences de cette "pandémie" sont incalculables, mais on peut être sûr que ce sera dans la douleur.

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