Plan de sauvegarde de Casino : l'audience en appel renvoyée à fin octobre
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Le 28 février dernier, le groupe Casino affichait une perte nette (résultat net consolidé) de 5,7 milliards en 2023.
STEPHANE MAHE
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Le 28 février dernier, le groupe Casino affichait une perte nette (résultat net consolidé) de 5,7 milliards en 2023.
STEPHANE MAHE
[Article publié le mercredi 25 septembre à 07H00 et mis à jour à 11H27]
Il faudra encore attendre. Alors que la Cour d'appel de Paris devait examiner, ce mercredi matin, le plan de sauvetage de Casino, elle a finalement renvoyé l'audience au 23 octobre au matin, a constaté un journaliste de l'AFP. Ce nouveau renvoi a été demandé « parce qu'il y a beaucoup d'intervenants, même si les discussions ne sont pas forcément compliquées », a précisé à l'audience mercredi l'un des avocats des salariés, Olivier Debeine.
Cette audience faisait suite à la décision du CSE du distributeur de faire appel, le 4 mars dernier. Pour rappel, le plan de sauvegarde avait initialement été validé par le tribunal de commerce le 26 février dernier. Présenté par un consortium de milliardaires, il avait ainsi ouvert la voie à la reprise de casino par ces derniers - Marc Ladreit de Lacharrière et Daniel Kretinsky - adossés au fonds d'investissement Attestor.
L'objectif : sauver un groupe - qui détient les enseignes Monoprix, Franprix, Naturalia ou encore Vival - lourdement endetté. Le 28 février dernier, Casino affichait une perte nette (résultat net consolidé) de 5,7 milliards en 2023, contre 316 millions un an plus tôt. Son Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements), un indicateur clé de rentabilité, avait, lui, reculé de 21,8%, à 765 millions d'euros.
Le plan de sauvegarde doit permettre une restructuration de la dette de Casino et d'écraser environ 5 milliards d'euros de créances. Et ce, grâce à l'apport d'argent frais à hauteur de 1,2 milliard d'euros, dont plus de 900 millions par le consortium des deux milliardaires adossés au fonds Attestor. Il prévoit également plusieurs augmentations de capital, aux termes desquelles les actionnaires actuels du distributeur, à commencer par le premier d'entre eux Jean-Charles Naouri, précédent patron, ont été massivement dilués.
Concernant le volet social, ce sont 288 magasins - sur 314 au total - et leurs 16.000 salariés environ qui ont été cédés - ou en cours, aux concurrents du groupe : Auchan, Intermarché et Carrefour. En majorité des magasins grand format. Ceux-ci représentaient pourtant le cœur historique de son activité, afin de devenir un « champion de la proximité », selon les mots du directeur général de Casino de l'époque - désigné président de Monoprix et Naturalia le 24 septembre -, Philippe Palazzi.
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Le groupe a ainsi conservé les "Petits Casino", qui pèsent une toute petite part des ventes ; Monoprix qui, avec Naturalia, représente près de la moitié des 9 milliards d'euros de chiffre d'affaires réalisés en 2023 sur le périmètre conservé (8.634 magasins) ; Franprix ainsi que des réseaux de proximité comme Vival ou Spar.
Au-delà de ces cessions, 3.000 postes pourraient être supprimés dans le cadre du PSE, selon un chiffre avancé par plusieurs sources syndicales après une réunion du comité social et économique central à Saint-Etienne, début septembre. L'information n'a toutefois pas été confirmée - ni infirmée - par la direction. Cette dernière a précisé que « tous les postes supprimés ne se traduiraient pas par des licenciements secs ».
Ces suppressions concernent deux entités : la CSEC CDF, qui regroupe les magasins sous enseigne Casino en France, et Easydis, en charge de l'activité logistique du groupe. Ils devraient toucher les magasins qui ne sont pas rachetés par la concurrence, les entrepôts amenés à fermer et le siège.
Un chiffre qui se situe dans la fourchette haute de ce qui avait été indiqué par la direction à l'annonce du plan : entre 1.293 à 3.267 suppressions de postes. Ce qui avait poussé le CSEC à faire appel de la décision du tribunal de commerce.
Et de regretter qu'il n'y ait « pas de volet social dans ce plan de sauvegarde, pas d'informations sur les licenciements, pas d'efforts de reclassement, ni de détails chiffrés sur les montants d'indemnisation ».
Le 27 juin, syndicats et direction étaient toutefois parvenus à un accord « de principe » sur les modalités du PSE, en particulier sur l'indemnisation dite supra-légale (c'est-à-dire supérieure à ce que prévoit la loi) et les congés de reclassements, période pendant laquelle le salarié bénéficie d'une aide dans des démarches de recherche d'emploi.
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Philippe Palazzi s'était dit satisfait de cet « accord de principe avec les partenaires sociaux ». Il avait également été salué par l'un des avocats des salariés, Matthieu Boissavy. A la suite de cet accord, les salariés avaient demandé le renvoi de l'audience à ce mercredi afin de laisser le temps de le « formaliser ». Du temps qui semble donc encore nécessaire.
(Avec AFP)
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