L'amendement déposé par le gouvernement le 19 octobre pour autoriser les casinos en ligne en France, interdits par la loi de 2010, a logiquement provoqué une opposition massive dans le camp d'en face. En premier lieu, bien sûr, celle des casinos terrestres, 202 établissements répartis sur l'ensemble du territoire, exploités par une demi-douzaine d'entreprises. Mais aussi chez les maires des communes concernées, qui perçoivent les taxes des opérateurs. Ou encore du côté des associations engagées dans les luttes contre les addictions, qui redoutent une flambée des risques, « deux fois plus élevés en ligne que dans les casinos physiques ».
Pour les pouvoirs publics, l'intérêt de ce revirement est évident : une taxation des casinos en ligne à 55,6 % du produit brut des jeux, identique à celle appliquée aux autres jeux en ligne (courses hippiques, paris et poker), tomberait à pic pour créer des recettes supplémentaires en période d'urgence budgétaire. Même satisfaction, bien sûr, pour l'Association française des jeux en ligne, qui salue cette décision en évoquant « les milliards d'euros qui partent à l'étranger » à cause de l'interdiction jusqu'ici en vigueur. Selon une enquête commandée par cet organisme et publiée le 21 octobre, 62 % des Français y seraient favorables.
Une centaine de maires, parfois également présidents d'associations d'élus locaux - du littoral, de la montagne... -, en revanche, protestent. Dans une tribune publiée par Le Figaro le 24 octobre, et relayée entre autres par la Banque des territoires, ces 130 signataires, dont le président de l'Association des maires de France, David Lisnard, pourfendent les arguments des adeptes de l'autorisation : « Cette ouverture incontrôlée entraînera la disparition d'un tiers des casinos français, le plus souvent localisés dans nos plus petites communes, menaçant 15 000 emplois la première année, et une baisse de 25 % de l'activité des casinos restants. Un calcul dangereux pour les finances de l'État. »