La ministre de l'Ecologie estime que "les tarifs ont trop augmenté" et qu'"il faut rendre aux automobilistes un peu de justice".
Ils devraient être relevés de 0,57% au 1er février, dans le cadre des hausses annuelles prévues dans les contrats de concession. Mais la ministre de l'Ecologie n'y est pas favorable: elle souhaite plutôt qu'en 2015 les tarifs des autoroutes exploitées par les filiales des groupes Vinci, Eiffage et Abertis soient gelés.
Sur BFMTV, Ségolène Royal a déclaré à propos d'un tel gel des péages l'an prochain:
"Je le souhaite, parce les tarifs ont trop augmenté par rapport au coût de la vie, donc il faut rendre aux automobilistes un peu de justice et d'équité tarifaire."
Un point en discussion
"C'est un des points en discussion avec les sociétés d'autoroutes", a expliqué la ministre.
Dans son bras de fer avec les concessionnaires, la ministre de l'Ecologie n'a pas écarté non plus la possibilité d'une résiliation de leurs contrats, tout en soulignant qu'il s'agissait d'une option parmi d'autres. Ces hypothèses seraient notamment trois: "soit la résiliation totale, soit une résiliation partielle, soit la rediscussion des concessions dans le cadre actuel".
Interrogée sur le coût d'une telle résiliation, chiffrée au minimum à 20 milliards d'euros selon un rapport d'étape de la mission parlementaire sur la place des autoroutes dans les infrastructures de transport, Ségolène Royal a enjoint à "se méfier des chiffres qui sont lancés pour faire peur".
Un effort d'un milliard d'euros attendu par les sociétés concessionnaires
La ministre attend par ailleurs un effort d'un milliard d'euros des sociétés concessionnaires, qui pourrait prendre la forme d'une taxe sur leurs bénéfices, "ce qui est finalement moins de 10% du montant global qu'elles ont versé à leurs actionnaires, qui s'élève à 17 milliards d'euros". Les sociétés d'autoroute doivent comprendre que faire des investissements dans les infrastructures est "dans leur intérêt", a-t-elle souligné.
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L'Agence de financement des infrastructures de transport (AFITF), dont le budget annuel tourne autour de deux milliards d'euros, est en effet confrontée actuellement à des problèmes structurels de financement. Le gouvernement aimerait donc solliciter davantage les sociétés d'autoroutes, lesquelles pourtant, font-elles valoir, financent déjà l'AFITF à hauteur de 40% via les redevances domaniales et la taxe d'aménagement du territoire. La marge de manœuvre est d'ailleurs étroite, puisque les contrats de concession actuels prévoient la compensation systématique de tout nouveau prélèvement, via les péages ou un allongement de la durée des concessions.