Aérien : un été « mitigé » à cause des JO et de la situation politique
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101,6 millions de personnes ont transité par les aéroports français, Outre-mer compris, du 1er janvier au 31 juillet. (photo d'illustration)
Reuters
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101,6 millions de personnes ont transité par les aéroports français, Outre-mer compris, du 1er janvier au 31 juillet. (photo d'illustration)
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L'été a été décevant pour le secteur aérien en France. Si les statistiques d'août n'ont pas encore été publiées par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), celles de juillet ont montré une stagnation du nombre de passagers aériens, juste sous les niveaux de 2019.
Ainsi, 101,6 millions de personnes ont transité par les aéroports français, Outre-mer compris, du 1er janvier au 31 juillet, soit 97,9% du nombre de 2019, dernière année pleine avant la crise du Covid-19. En juillet, ce taux de reprise a été inférieur, à 97,3%, à peine plus qu'un an plus tôt (95,6%).
« C'est une saison d'été qui a été mitigée » et « pas à la hauteur des attentes », a concédé Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie française Corsair et président en exercice de la Fédération nationale de l'aviation et de ses métiers (Fnam) qui réunit l'ensemble du secteur.
L'été, période cruciale pour les compagnies, avait commencé par un avertissement sur résultats d'Air France-KLM. Le groupe avait estimé que la désaffection des voyageurs pour la France pendant les JO (26 juillet-11 août) allait le priver de 200 millions d'euros de recettes.
« On a eu non seulement la stratégie d'évitement des JO, mais on a aussi l'impact de la situation politique » entre la dissolution, les législatives et l'attente d'un nouveau gouvernement, a-t-il développé. Fait nouveau, certaines lignes connaissent des situations de « surcapacité », selon lui.
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L'aéroport de Toulouse, où easyJet vient d'annoncer un projet de fermeture de sa base, n'évolue depuis début 2024 qu'à 81,4% de son volume de passagers de la même période de 2019, selon la DGAC. Les liaisons entre les aéroports parisiens et les plateformes régionales françaises n'ont retrouvé que 70,5% des volumes d'avant Covid-19 entre janvier et juillet.
Les passagers des aéroports desservant Paris n'ont été qu'1% plus nombreux en juillet 2024 qu'en juillet 2023, avait annoncé le 20 août leur gestionnaire, un chiffre qui confirme l'absence d'impact positif des JO sur le trafic aérien dans la capitale. Par comparaison, en juin, le trafic sur les deux aéroports parisiens (Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly) avait augmenté de 3,5% par rapport à juin 2023.
Un signe ne trompe pas : des transporteurs n'ont pas attendu la fin de l'été pour lancer des promotions, tandis que les prix des billets d'avion déclinent depuis plusieurs mois. « L'industrie, dans sa globalité, a un peu baissé les prix pour stimuler la demande », a confirmé à l'AFP le directeur général adjoint commercial et marketing de Transavia, Nicolas Henin.
Selon le ministère des Transports, l'indice du prix de transport aérien de passagers au départ de la France a chuté de 5,4% sur un an en juillet, après 2,9% de baisse en juin et 1,4% en mai. Le décrochage a atteint 6,9% sur le moyen-courrier et 6,2% sur le long-courrier. Seuls les tarifs des vols en métropole ont légèrement augmenté sur un an (+1,4%), mais dans un contexte de réduction de l'offre, ces lignes subissant la concurrence du train et des visioconférences pour les professionnels.
Le tableau n'est toutefois pas complètement noir : si Air France a confirmé qu'il n'y avait « pas eu d'effet JO » positif sur les ventes de billets d'avion, la compagnie aérienne a remarqué avoir « retrouvé des niveaux de trafic proches de ceux de 2019 cet été, avec des journées de pic à plus de 125.000 clients par jour », en particulier à la veille de la cérémonie d'ouverture et au lendemain de la clôture des Jeux.
La low-cost du groupe Air France-KLM a ensuite connu un mois d'août « très bon, avec un vrai effet de rattrapage ». En outre, « le dynamisme de réservation est très important sur septembre et semble continuer » ensuite, a-t-il assuré.
Air France a aussi dit avoir observé « une reprise de la demande sur la fin de l'été, avec une dynamique positive sur septembre et octobre », un espoir partagé par Pascal de Izaguirre. Corsair dessert en particulier des zones tropicales et vise « les "septembristes", les "octobristes" et les "novembristes"».
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Les aéroports européens surmontent le Covid-19
Les aéroports européens ont annoncé fin juillet avoir dépassé au premier semestre les niveaux de fréquentation d'avant la pandémie de Covid-19, mais les fruits de la reprise restent inégalement répartis. Du fait d'une hausse de 9% du nombre de voyageurs sur un an entre janvier et juin, le trafic sur ces plateformes a été supérieur de 0,4% aux volumes de la même période il y a cinq ans, a indiqué dans un communiqué la principale association d'aéroports du Vieux Continent, ACI Europe, en estimant que le « secteur a désormais tourné la page » de la crise sanitaire.
Les statistiques d'ACI Europe vont au-delà des limites strictes de l'Europe politique, puisqu'elles incluent la Turquie, Israël, la Russie et même l'Asie centrale, fédérant 500 aéroports dans 55 pays au total. Mais même dans l'Union européenne, augmentée de la Norvège, de l'Islande, de la Suisse et du Royaume-Uni, le trafic s'est rétabli au niveau de 2019 lors de la première moitié de l'année.
(Avec AFP)
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