“Le TGV est un mode populaire. Il doit rester accessible à tous ! ” Elisabeth Borne, ministre des Transports

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Quand on dépense des millions pour créer des lignes à grande vitesse (LGV), on serait bien inspiré de faire rouler un maximum de trains dessus, a déclaré jeudi Elisabeth Borne, la ministre des Transports.
"Quand on dépense des millions pour créer des lignes à grande vitesse (LGV), on serait bien inspiré de faire rouler un maximum de trains dessus", a déclaré jeudi Elisabeth Borne, la ministre des Transports. (Crédits : Charles Platiau / Reuters)
Lors d’un débat organisé par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et "La Tribune", la ministre des Transports Elisabeth Borne a rappelé le nécessaire assainissement des finances du groupe ferroviaire français. Selon elle, le train doit redevenir un mode de transport démocratique, ce pour quoi il avait été créé.

"Le train est irremplaçable sur un certain nombre de liaisons", a déclaré la ministre des Transports Elisabeth Borne jeudi lors d'un débat organisé par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et "La Tribune". La ministre a pris l'exemple du RER A, avec ses quelque 1,2 million de voyageurs quotidiens, qui est accessoirement la ligne la plus utilisée d'Europe. Avec 40.000 kilomètres parcourus quotidiennement, les trains de cette ligne effectuent ainsi chaque jour l'équivalent d'un tour complet de la Terre, rappelle la régie publique sur son site.

"Le TER est pleinement pertinent quand il fait de la grande capacité", poursuit Elisabeth Borne.

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(Crédit photo : FNTP)

Notons à ce propos que, dans son premier rapport annuel sur le marché du transport par autocar, l'Arafer, le régulateur du rail et de la route, assure que les "cars Macron" ne concurrencent que très peu les lignes TER de train ou d'autocar, organisées et financées par les régions, contrairement à ce qu'en pensent ces dernières.

L'Etat n'a pas vocation à être trop interventionniste

Quoi qu'il en soit, "le marché des cars Macron est en train de se réguler", a estimé la ministre. Tout en précisant que "l'Etat n'est pas là pour intervenir à tout propos en France". Selon Elisabeth Borne, les pouvoirs publics doivent en revanche veiller à ne pas laisser s'installer de concurrence déloyale ni de dumping social.

Prônant une certaine facilitation de l'intermodalité, la ministre a, entre autres, estimé qu'un système de covoiturage domicile-travail tel que celui lancé récemment par la licorne française Blablacar avait tout à fait "sa place dans un système multimodal". La limite du modèle étant le recrutement des covoitureurs, qui peuvent se montrer frileux face à l'incertitude du trajet retour. "Ils n'ont pas de mal à recruter des conducteurs potentiels mais plutôt des covoitureurs qui veulent être certains de pouvoir rentrer chez eux le soir". "Il faut réfléchir à des systèmes d'incitation, et rendre visibles les offres", a analysé la ministre. De quoi confirmer le constat de la jeune pousse présentée comme leader en la matière, WayzUp, dans laquelle la RATP vient d'investir plus de 1 million d'euros.

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(Crédit photo : FNTP)

La dette abyssale de la SNCF (45 milliards d'euros)

Reste un problème de taille pour la SNCF, à l'aune de l'ouverture à la concurrence : la colossale dette de SNCF Réseau, gestionnaire public du réseau français. Selon Elisabeth Borne, "il va falloir qu'on pose la question de la dette du secteur ferroviaire". Celle-ci devra être tranchée par l'exécutif, alors que le précédent gouvernement avait exclu toute reprise, même partielle, fin 2016. "L'évolution de (cette) dette du secteur ferroviaire est extrêmement préoccupante", a souligné la ministre, rappelant que l'endettement de SNCF Réseau atteint 45 milliards d'euros et que "dans les meilleures hypothèses, on augmentera encore de 50% dans les dix prochaines années". "C'est évidemment difficilement soutenable pour le secteur", a-t-elle observé, jugeant nécessaire que son gouvernement "s'attaque à ce sujet".

La ministre des Transports s'est montrée défavorable à une hausse des péages ferroviaires, qui augmenterait les recettes de SNCF Réseau mais aussi le prix des billets de train, en particulier du TGV qui doit, selon elle, être accessible au plus grand nombre. Celle qui a tout de même côtoyé pendant cinq ans Guillaume Pepy, lorsqu'elle était directrice de la stratégie de la SNCF entre 2002 et 2007, a en effet bien insisté sur ce point:

"Le TGV est un mode [de transport, Ndlr] populaire. Il doit rester accessible à tous".

Et d'enchaîner, en faisant allusion à l'inauguration, le 1er juillet, des lignes Paris-Bordeaux en 2h30 et Paris-Rennes en 1h30:

"Quand on dépense des millions pour créer des lignes à grande vitesse (LGV), on serait bien inspiré de faire rouler un maximum de trains dessus."

Lire aussi : la SNCF pousse à fond le modèle low-cost de Ouigo pour sauver le TGV

Finalement, si Elisabeth Borne n'a pas explicitement évoqué une reprise par l'Etat de la dette de SNCF Réseau, que le précédent gouvernement avait refusé d'alléger en septembre, au nom de la réduction des déficits publics, Emmanuel Macron, lui, l'avait envisagée pendant sa campagne présidentielle. Et si cette hypothèse se confirme, la SNCF sera alors sans doute sommée de redresser ses comptes.

"Il faudra que chacun fasse sa part du chemin et qu'on s'assure que chacun a fait le maximum", a averti la ministre des Transports.

Le calendrier de cette opération devrait dépendre de celui de l'ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire, prévu par étapes d'ici à 2023. Cette libéralisation "suppose d'avoir remis le secteur sur ses deux pieds, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a-t-elle conclu, confirmant les conclusions de l'Arafer sur ce point.

Lire aussi : L'Arafer ne cautionne pas la trajectoire financière de la SNCF

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Commentaires
a écrit le 09/11/2017 à 6:54 :
Le Tgv Paris Lyon a été amorti en 10 ans
Et maintenant le Tgv perd de l'argent, de la faute à qui ? AU gouvernement qui plombe la Sncf avec des péages.
L'état s'est aperçu qu'il y avait de l'argent à gagner et se sert du tgv comme vache à lait au lieu d'avoir maintenu l'ecotaxe pour un transport qui pollue, deffonce les routes et de la part des transporteurs étrangers dans la majorité !!!
a écrit le 25/07/2017 à 15:39 :
Nous tenons la meilleur ministre des transports du monde, de tous les temps ... Hourra !
Florilège d'une ministre exceptionnelle :

Même si faire rouler un maximum de train n'est pas rentable (et donc creuse la dette) je cite : "Quand on dépense des millions pour créer des lignes à grande vitesse (LGV), on serait bien inspiré de faire rouler un maximum de trains dessus."
La ministre souhaite donc faire rouler un maximum de trains vides et non rentables ??? Sentant qu'avec sa demande, la dette de la SNCF va augmenter, la ministre reste opposée à l'augmentation du prix des péages et donc des billets de train.
La ministre souhaite que le train reste "populaire" et donc ne changera rien de ce coté.

Alors on se demande qui va payer ? Comment va t-on traiter cette dette ?
Mais la ministre à la solution en mettant une solution concrète sur la table ... Je cite : "Il faudra que chacun fasse sa part du chemin et qu'on s'assure que chacun a fait le maximum" "
Alors là je suis scotché par tant de pragmatisme et ce sens des responsabilité ! Circulez il n'y a rien à voir, Mme la ministre est en train de déployer son plan d'action, la dette est sous contrôle... ou presque !
a écrit le 09/07/2017 à 7:53 :
"le mensonge c'est la vérité "
George Orwell.....
a écrit le 08/07/2017 à 15:38 :
Franchement les tarifs du TGV sont exagérés !! Il faudrait les diviser par 2 au moins pour etre "normaux". Les gens préfèreront toujours le bus ou la voiture , beaucoup moins chers.
Réponse de le 25/07/2017 à 14:59 :
Pas possible, qui va financer ? Les impôts ? Le train a ses clients, la voiture c'est polluant, dangereux et long, moins cher à plusieurs il est vrai.
Mais ne pas oublier de compter tous les frais pour une voiture : assurance, entretien, crédit ou coût d'acquisition, dépréciation du prix, carburant, impôts pour l'entretien des routes ..
a écrit le 08/07/2017 à 11:01 :
La privatisation ne va pas simplifier les choses,ni concrétiser les bonnes paroles!
a écrit le 08/07/2017 à 10:50 :
En dehors de coûteuse recherche de la performance technologique, il faut se demander si le transport ferroviaire peut être rentable dans de bonnes conditions de sécurité.
En Ile de France, malgré le fort taux de fréquentation et des investissements mesurés, n'y a t'il pas des problèmes de rentabilité ?
Dans ce cas, vu le nombre de passagers et leur participation à l'économie du pays (un tiers du PIB), il parait normal d'aider au financement.

Par contre, sur les grandes distances on aurait pu se passer de la course à la vitesse avec le secteur aérien. Sans compter les investissements réalisés uniquement pour flatter l'ego de quelques élus influents. C'est sur qu'il n'est pas particulièrement prestigieux d’annoncer que l'on va investir dans la rénovation de voies ferrées, ces espèces de bouts de ferraille, fixés sur des morceaux de bois, ou des plots en béton.

Autre loupé, le fer-routage, transport combiné.

Il est dommage que l'on attende d'en arriver à l'ouverture à la concurrence pour prouver que l'on peut faire mieux et pour moins cher.
a écrit le 08/07/2017 à 7:20 :
le HULOT va bientot nous dévoiler le T G V solaire.
a écrit le 07/07/2017 à 23:20 :
TGV et autres transports collectifs : pourquoi le client ne paie-t-il pas le prix de revient ? pourquoi le contribuable finance-t-il environ 65% du prix réel ?
a écrit le 07/07/2017 à 21:19 :
Non, le TGV n'est pas un mode de transports : c'est un type de train.
a écrit le 07/07/2017 à 17:57 :
De tels articles sans propositions pour résoudre les problèmes financiers ne sont guère constructifs, et témoignent d'un manque d'analyse criant.
a écrit le 07/07/2017 à 13:11 :
Pourquoi l'état devrait il récupérer la dette de la Sncf ??
Un fois de plus on socialise les dettes !

Nous devrions laisser la Sncf faire faillite :
1. renégociation des dettes et perte pour les banques qui ont prêtes (et qui touchent des intérêts pour compenser ces prises de risque)
2. Restructuration de la Sncf : plus de temps travaillé, moins d'administratifs, meilleurs valorisation du parc immobilier...

Il ne s'agit pas de casser pour casser mais de mieux gérer et de faire défaut sur une partie de la dette
Réponse de le 07/07/2017 à 14:24 :
Proposez vos services et votre projet au gouvernement. Il n'attendait que vous afin de remplacer avantageusement G Pepy...
Réponse de le 25/07/2017 à 15:15 :
Renseignez vous au lieu de dire n'importe quoi !
La dette de la SNCF est en grande partie due à l'état qui à obligé l'entreprise à financer la grande vitesse sans avoir de fonds propre.
D'ailleurs on sait tous que l'état est un bon gestionnaire : avec une dette grandissante, une non maitrise des dépenses, des budgets déficitaires tous les ans ...
C'est l'état qui oblige la SNCF à faire circuler plus de trains sur des lignes déficitaires, exemple dans cet article avec la réaction de la ministre :
"Quand on dépense des millions pour créer des lignes à grande vitesse (LGV), on serait bien inspiré de faire rouler un maximum de trains dessus".
Hors pour SEA le besoin, ou le marché si vous préférez est de 12 AR par jour et l'état (+ l'entreprise concessionnaire) en demandent 19 AR pour rentabiliser la ligne ou faire plaisir aux élus. Bilan : SNCF va donc faire rouler plusieurs trains par jour à vide ou presque, juste pour faire plaisir à nos politiques et perdre environ 200 Millions € juste sur cette ligne !

Enfin concernant la dette, regardez ce qui a été fait en Allemagne, et on en reparlera (reprise de la dette à fin des années 90 quand elle était encore supportable). Maintenant les intérêts de la dette sont énormes ! La proposition de la ministre d'augmenter les péages, sans augmenter les prix du train est la preuve d'un non sens économique de nos politiques (Si les péages augmentent le prix des billets doivent suivre ou alors la dette augmente... Celle de mobilité cette fois).
Après tout ce n'est pas leur argent, c'est celui du contribuable !

Pour le reste vos propositions sont farfelues et relèvent d'un manque d'analyses et de connaissances éco.
Si la SNCF fait défaut de paiement, en tant qu'entreprise détenue à 100% par l'état vous pensez qu'il se passera quoi ? Vous pensez que la France pourra encore emprunter sur les marchés financiers ? !!!
cordialement.
a écrit le 07/07/2017 à 10:14 :
Tous ses clients doivent en payer le juste prix (ie par rapport à son coût de fonctionnement et au remplissage moyen). Brader le prix de certaines places pour faire du remplissage use prématurément les voies et augmente son coût de fonctionnement tout en augmentant les pertes de la SNCF.
a écrit le 07/07/2017 à 10:05 :
Surtout à ceux qui ne sont rien...
Réponse de le 07/07/2017 à 13:22 :
Oui parce qu'ils sont rien mais pourtant sans eux l'oligarchie, ce parasite social majeur, n'existerait pas.
a écrit le 07/07/2017 à 9:06 :
Le train a été massacré afin de faire plaisir au lobby pétrolier alors que c'est en effet le moyen de transport le plus populaire, le plus pratique et qui devrait être le moins cher or les places sont très chères il n'est pas normal que les tarifs de villes en villes soient les mêmes que les billets d'avions.

Les lignes sont sous exploitées, pire en ces temps de changement climatique on continue de les démonter espérons que cette dame qui semble voir l'ampleur de la catastrophe exploite le train comme il se doit c'est dans l’intérêt de tout le monde.

"Première victime, le fret" https://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/DOUMAYROU/55772 (article gratuit)
Réponse de le 07/07/2017 à 16:37 :
Citoyen blasé vous devriez consulter, un coup de moins bien sans doute, vous avez posté sans utiliser le mot Oligarchie...Un oubli, une erreur? quel drame...Reprenez vous cher ami sinon vous allez mettre en péril votre poste d'oligarque en chef des topics de la Tribune...
Réponse de le 08/07/2017 à 15:26 :
"Citoyen blasé vous devriez consulter"

Moi un commentaire qui commence de la sorte j'en arrête de suite la lecture, je suis tranquille je ne dois pas perdre grand chose. Bien entendu votre trollage est signalé.

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