Ryanair : salaires des pilotes, prix du carburant responsables de la baisse des bénéfices

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Ryanair prédit des prix moins élevés que prévu cet été avec un alourdissement de sa facture de kérosène du fait d'un rebond des prix du pétrole.
Ryanair prédit des prix moins élevés que prévu cet été avec un alourdissement de sa facture de kérosène du fait d'un rebond des prix du pétrole. (Crédits : Rafael Marchante)
L'entreprise aérienne Ryanair a publié ce lundi un bénéfice en recul de 22% lors du premier trimestre, suite à un carburant plus cher et des augmentations de revenus accordées à ses pilotes.

Le bénéfice net s'est établi à 309,2 millions d'euros entre avril et juin 2018, période qui correspond au premier trimestre de son exercice décalé, a annoncé dans un communiqué le groupe irlandais.

L'estimation d'une diminution du profit annuel

Ryanair a par ailleurs maintenu sa prévision d'un bénéfice annuel en baisse dans une fourchette entre 1,25 à 1,35 milliard d'euros, malgré les grèves auxquelles il fait face et alors que le Brexit interviendra au terme de son exercice, fin mars 2019.

Le groupe avait anticipé un alourdissement de sa facture de kérosène du fait d'un rebond des prix du pétrole. Ce renchérissement lui a coûté 118 millions d'euros sur le trimestre, une charge qui devrait atteindre 430 millions d'euros sur l'exercice.

La compagnie estime même que cette envolée des prix du carburant pourrait aggraver les difficultés financières de certains de ses concurrents et nourrir les mouvements de fusion-acquisition, ce dont Ryanair dit pouvoir profiter.

Dans le même temps, la compagnie a déboursé davantage d'argent pour son personnel, avec des hausses des salaires de ses pilotes afin d'apaiser les tensions sociales qui avaient éclaté an grand jour à la fin de l'été 2017. Des problèmes de planning avaient alors entraîné une grave crise sociale et des annulations portant au total sur 20.000 vols.

Une hausse du trafic faite au prix d'une baisse des tarifs

Ryanair se félicite par ailleurs d'une hausse de 7% du nombre de passagers transportés à 37,6 millions sur le trimestre, en dépit de 2.500 annulations de vols liées à des grèves de contrôleurs aériens dans plusieurs pays, dont la France.

En revanche, cette hausse du trafic s'est faite au prix d'une baisse des tarifs, toujours sous pression en raison d'une forte concurrence sur le court-courrier en Europe, en particulier en Allemagne.

La compagnie s'attend à ce que la concurrence reste vive au deuxième trimestre en raison de plusieurs facteurs comme la Coupe du monde de football, la vague de chaleur en Europe du Nord et les grèves.

Ryanair a publié ses résultats trimestriels à l'entame d'une semaine au cours de laquelle elle va connaître la plus importante grève depuis sa création. Des arrêts de travail du personnel navigant en Espagne, au Portugal, en Italie et en Belgique vont entraîner mercredi et jeudi l'annulation de plus de 300 de ses 2.400 vols quotidiens.

De nouvelles grèves possibles pendant l'été

La compagnie irlandaise, qui a transporté 130 millions de passagers dans 37 pays en 2017, a évité des grèves généralisées en décembre dernier, avant les fêtes de fin d'année, en reconnaissant des syndicats pour la première fois en 32 ans d'existence. Elle peine cependant depuis à conclure des accords avec certains d'entre eux.

"Même si nous maintenons des contacts actifs avec les syndicats de pilotes et de personnel navigant à travers l'Europe, nous nous attendons à de nouvelles grèves au moment du pic de la période estivale", a dit Michael O'Leary.

Il a prévenu que la compagnie pourrait retirer des avions de certains marchés, y compris l'Irlande, si les perturbations se poursuivaient, ce qui pourrait entraîner des suppressions de postes. "Nous ne pouvons pas laisser les vols de nos clients être perturbés de manière inutile par une infime minorité de pilotes", a-t-il dit.

Ryanair a confirmé qu'elle tablait sur un bénéfice annuel de 1,25 à 1,35 milliard d'euros contre un bénéfice record de 1,45 milliard sur l'exercice annuel précédent. Le consensus des analystes donne 1,31 milliard d'euros.

L'entreprise avait prédit en mai une baisse de 5% du prix moyen du billet d'avion au premier trimestre et une hausse de 4% au deuxième trimestre. Ce prix a diminué de 4% au premier trimestre et augmentera de 1% le trimestre suivant, a dit la compagnie aérienne à bas coûts.

Elle confirme que ce prix moyen ne variera pas sur l'exercice annuel clos fin mars 2019.

EasyJet, deuxième compagnie européenne à bas coûts, a pour sa part relevé ses prévisions de résultats annuels mercredi dernier tandis que Norwegian Air Shuttle , en pleine croissance, a publié début juillet des résultats meilleurs que prévu.

( Avec agences )

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Commentaires
a écrit le 24/07/2018 à 7:27 :
Il devrait envisager le bénévolat et l'utilisation de carburant issu de végétaux
a écrit le 23/07/2018 à 18:07 :
à quand l'arrêt des subventions à cette compagnie au travers d'avantages énormes offerts par certaines régions aux fins d'utiliser des aéroports inutiles et dont les investissements réalisés par les régions ont été monstrueux, comme leurs coûts d'exploitations d'ailleurs.
a écrit le 23/07/2018 à 15:43 :
Il serait peut-être temps de sortir de la pensée binaire néolibérale et de baisser les dividendes des actionnaires non ?

Ces gens ne devraient pas trop en souffrir rassurez vous... Les pots de vin oui par contre c'est certain.

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