Ryanair, confronté à une première grève historique de ses pilotes

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Des pilotes italiens et irlandais de la compagnie à bas coûts prévoient d'arrêter le travail les 15 et 20 décembre.
Des pilotes italiens et irlandais de la compagnie à bas coûts prévoient d'arrêter le travail les 15 et 20 décembre. (Crédits : REGIS DUVIGNAU)
Les pilotes employés directement par Ryanair en Irlande et adhérents du syndicat irlandais des pilotes IALPA ont déposé mardi un préavis de grève pour le 20 décembre. Des pilotes italiens ont prévu de débrayer le 15 décembre.

Les interrogations, il y a une quinzaine d'années, de certains dirigeants d'Air France, trouvent-elles aujourd'hui un début de réponse ? Eux qui estimaient que certains modèles low-cost seraient rattrapés par la dureté de leur modèle social doivent aujourd'hui savourer les grèves des pilotes qui se profilent chez Ryanair. Des pilotes italiens et irlandais de la compagnie à bas coûts prévoient d'arrêter le travail les 15 et 20 décembre. Leurs confrères allemands sont prêts à les rejoindre. Une première pour la compagnie irlandaise à bas coût qui n'a jamais connu de débrayage de pilotes en 32 ans d'existence. Ce mouvement traduit le malaise social au sein de la compagnie qui rejette toute représentation syndicale et préfère négocier directement avec le personnel.

D'autres grèves en vue

Ce mardi, les pilotes employés directement par la compagnie en Irlande (Ryanair emploie également un grand nombre de pilotes indirectement, en tant qu'auto-entrepreneurs), et adhérents du syndicat irlandais des pilotes IALPA ont déposé mardi un préavis de grève pour le 20 décembre. Ces pilotes, qui sont pour la plupart des commandants de bord, menacent d'appeler ultérieurement à d'autres jours de grève si aucun accord n'est trouvé avec la direction. Ils réclament de meilleures conditions de travail et de rémunération mais aussi la mise en place d'un nouveau système de négociations collectives pour remplacer le conseil représentatif mis en place dans chaque pays par leur direction.

S'il a lieu comme annoncé, ce mouvement interviendrait cinq jours après une première grève de quatre heures, prévue le 15 décembre par les pilotes de Ryanair basés en Italie.
Mardi, des pilotes allemands ont aussi fait montre de rejoindre le mouvement:

"A partir de maintenant, à tout moment, des actions de grève sont à prévoir", a prévenu le syndicat allemand de pilotes Cockpit.

Annulation de vols

Les pilotes sont mobilisés depuis l'annonce choc en septembre de l'annulation de 20.000 vols. Ryanair a mis ces annulations sur le compte de problèmes de plannings de vacances, mais plusieurs pilotes, joints par l'AFP, y ont vu un symptôme de rapports dégradés avec la direction, entraînant des départs vers d'autres compagnies à la recherche de pilotes.

Les difficultés sociales de Ryanair interviennent en effet au moment où les pilotes de ligne de toutes les compagnies sont en position de force pour négocier, au vu des départs en retraite des "baby boomers" qui limitent le nombre de pilotes au moment où le trafic mondial s'envole.

La direction n'a pas écarté de possibles perturbations. Afin d'apaiser le mécontentement, elle a soumis, ces derniers mois, diverses propositions pour améliorer les rémunérations et la protection sociale via ses instances de consultation exclusive utilisées aujourd'hui par Ryanair, que certains d'entre eux ont refusé.

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a écrit le 13/12/2017 à 11:48 :
Autant les "seigneurs" d'AF se mettant en grève est ridicule, autant pour RyanAir c'est plus que compréhensible. On leur demande régulièrement des trucs à la limite de la décence, du genre acheter leurs propres uniformes. Pas étonnant qu'il y ait eu autant de démissions (habilement cachées par le PDG comme "problèmes de plannings vacances").
Réponse de le 13/12/2017 à 17:50 :
Se mettre en grève est un acte difficile , que l'on travaille chez l'un ou l'autre .
Les métiers étant les mêmes les problèmes sont similaires à des degrés divers.
Vous savez ce que les pilotes de Ryanair ont comme problèmes qui motivent leur grève .
Je discutais avec l'un d'entre eux il y a peu , le problème principal est le MANAGEMENT . Eh oui le management à l'anglo-saxonne est un gros problème qui finit par déboucher sur des dizaines de milliers de vols annulés pour cause d'exode des pilotes , bien plus que pendant toutes le grèves d'Air France...
Insulter ses salariés ("glorified taxi drivers" de MOL ou le célèbre " enfants gâtés " de de juniac ) produit les mêmes effets...
Réponse de le 24/12/2017 à 11:36 :
Oui OK, sauf que faire grève chez Ryanair est largement compréhensible autant chez AF c'est ridicule. Ces derniers ont une productivité en retrait de toutes les majors pour des salaires que même un PDG en France envierait. Sans compter leur petits avantages sacrés du genre toilette privative. Au même moment on a des jeunes pilotes tout fraîchement diplômés en France qui doivent aller bosser chez Air Asia (génial quoi) pour trois fois rien. Deux poids deux mesures ! D'autres pilotes qui faisaient la même chose étaient ceux d'Olympic Airways (si ça vous parle). Et "management à l'anglo saxonne", je ne suis pas d'accord non plus. Allez voir chez Southwest aux US, ce n'est pas du tout la même chose et les gens sont heureux de bosser pour. Et moi même pour avoir bossé au UK et en France les pires systèmes de management que j'ai eu (de loin) étaient tous en France.
a écrit le 13/12/2017 à 9:07 :
Hé oui même les pilotes d'avion qui ont pourtant des milliers de vie chaque jour à assumer, qui sont tous de droite pro-système sont touchés par l'esclavagisme salariale néolibérale.

Tous les serviteurs néolibéraux feraient bien de se poser des questions au lieu de continuer bêtement d'imposer le dogme de l'oligarchie.
Réponse de le 13/12/2017 à 18:05 :
Oui , l'aérien du 21 été siecle c'est Germinal ... Difficile à croire ....
Pourtant: les pilotes sont les mieux lotis dans tout ce système du fait de leur rareté et de la nécessité de trouver des personnels à la hauteur de la tâche.
Tout les autres intervenants sont passés à la moulinette du low cost qu'elle que soient leur compagnie d'origine , du fait de la concurrence. Les intervenants autour de l'avion ( manutentionnaires , Sociétés de catering, ménage, refueling, et même les mécaniciens) sont les oubliés du système et ne peuvent se défendre . Conséquence : leur conditions de vie se dégradent à vitesse accélérée .
Seuls les pilotes ont le pouvoir de lutter contre ce système ( moyens financiers etc) .
La destruction méthodique de ce pôle d'excellence pour des raisons économiques ( incroyable ! Je ne peux pas passer mon week-end à Marrakech pour 30 euros...! ) conduit à un déclin de la qualité du service produit et inévitablement de la qualité de vie des employés.
La commission européenne s'en moque totalement préférant pouvoir dire que grâce à elle on peut passer ses week-ends ends à Marrakech ... pour 30 euros...
a écrit le 12/12/2017 à 19:12 :
«  compagnie qui rejette toute représentation syndicale et préfère négocier directement avec les pilotes ». Pourriez vous nous expliquer comment on peut négocier directement quand aucun représentant n’a été élu et mandaté pour négocier et/ou signer un accord ?
Réponse de le 12/12/2017 à 21:32 :
simplissime : droit anglais et irlandais le permettent . Heureusement que tous les pays ne sont pas la FRANCE et son droit dépassé .
Réponse de le 16/12/2017 à 19:55 :
Négocier directement avec le saalarié signifie lui imposer d'obéir aveuglement
On s'est débarassés des Anglais mais nos eurocrates ne cessent pas de promouvoir le modèle anglosaxon sur tout notre continent et son management esclavagiste, même pour des salariés très qualifiés.
Naturellement, quand les eurocrates finissent leur mandat, un poste de "conseiller" grassement rémunéré les attend.

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