TGV Le Havre-Marseille ou la chronique d’une mort annoncée
Nathalie Jourdan
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Ce TGV dit "intersecteur" (ou province-province) relie rien moins que les deux principaux ports français.
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Ce TGV dit "intersecteur" (ou province-province) relie rien moins que les deux principaux ports français.
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Les Normands seront-ils bientôt obligés de changer de train à Paris Intra-muros pour rejoindre le sud de la France? C'est en tout cas ce que craignent les usagers après que la SNCF a décidé de modifier unilatéralement les horaires du TGV Le Havre-Rouen-Marseille. Lesquels horaires étaient restés inchangés depuis le lancement en 1986(*) de cette liaison à grande vitesse qui était l'une des premières à relier deux villes de province.
À compter du 11 décembre prochain, le train, qui décollait tôt le matin pour arriver à Marseille en début d'après-midi, partira un peu avant 16 heures avec une arrivée prévue dans la cité phocéenne après 22 heures. Dans l'autre sens, il quittera les bords de la Méditerranée aux aurores pour arriver au Havre après le déjeuner. La SNCF indique avoir pour objectif d'attirer « davantage de voyageurs » en provenance du sud et justifie ce changement « pour des raisons opérationnelles ». En coulisses, ses dirigeants expliquent qu'il est préférable que le TGV « dorme » à Marseille où existent des ateliers de maintenance.
L'argument laisse de marbre la section CGT des cheminots de Normandie qui avait tiré le signal d'alarme dès septembre. Pour Mathieu Vilela, son secrétaire général adjoint, l'état-major de la compagnie prépare le terrain en vue d'un abandon de la ligne.
Une inquiétude relayée par bon nombre d'usagers réguliers. « Il n'y a aucune volonté de la SNCF de maintenir ce train qui n'est même plus éligible à la prise d'un abonnement » s'agace une voyageuse qui monte quotidiennement à bord.
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Une fois n'est pas coutume, l'analyse de la CGT est partagée par l'ensemble de la classe politique locale. Le 12 octobre, avec une unanimité rare, tous les parlementaires normands de droite et de gauche ont écrit au PDG de la SNCF pour s'insurger contre cette nouvelle grille horaire « inadaptée », suspectée de « préfigurer l'arrêt de la ligne ».
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Nathalie Jourdan