Les pressions des ministres de l'Agriculture des Etats membres face aux objectifs de verdissement du secteur de la Commission européenne s'intensifient. Lors d'une réunion du Conseil de l'Union européenne jeudi à Luxembourg, deux projets législatifs de Bruxelles ont été remis en cause : la révision d'une directive existante sur l'usage des sols, visant à augmenter leur absorption nette de carbone, et un durcissement de la directive sur les "émissions industrielles", imposant des seuils d'émissions polluantes à davantage d'élevages. Le ministre de l'Agriculture français, qui préside cette instance pendant le premier semestre 2022, a même proposé la fixation de "cibles de production" agricole dans l'UE, afin d'en "assumer" le "rôle nourricier".
Dans le cadre de son Pacte vert européen, Bruxelles propose d'augmenter l'absorption nette de carbone par les sols et les forêts, en passant de 268 millions de tonnes équivalents CO2 par an aujourd'hui à 310 millions avant 2030. Cela implique la restauration de tourbières et de zones humides, une simplification des aides à la reforestation ainsi qu'un soutien à l'agriculture "bas carbone". Une communication de la Commission présentée en décembre était soumise à l'examen des ministres des Vingt-Sept dont "un nombre significatif", en adoptant jeudi leurs conclusions, ont exprimé jeudi des "craintes" et des doutes sur l'impact attendu, a indiqué le Français Julien Denormandie, cité par l'AFP.