Cinq mois après son sommet international sur le climat, signe du retour des Etats-Unis dans le combat contre le réchauffement, son président, Joe Biden, continue d'essaimer les promesses. En partant cette fois-ci à la chasse à un autre gaz que le dioxyde de carbone (CO2), moins connu, mais aux effets tout aussi redoutables : le méthane (CH4).
Pour cause, si les émissions de méthane ne représentaient en 2019 « que » 10% de toutes les émissions anthropiques de gaz à effet outre-Atlantique, le CH4 est en fait 25 fois plus réchauffant que le CO2 sur une échelle de cent ans... et 80 fois plus sur une échelle de vingt ans.
Résultat : selon le GIEC (groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), ses émissions devraient être réduites de près de moitié dans le monde d'ici à 2050 pour rester dans les clous de l'Accord de Paris (c'est-à-dire sous le seuil de +2°C, si possible +1,5°C, d'ici à la fin du siècle).
A six semaines de la prochaine réunion internationale de l'ONU sur le climat (COP26), qui se tiendra en novembre à Glasgow (Ecosse), le message de Joe Biden est clair : Washington et Bruxelles entendent y marquer le coup. Et espèrent un effet d'entraînement, en exhortant le monde à afficher « ses plus grandes ambitions » en la matière. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui participait à la réunion, s'est déjà engagé à ce que le Royaume-Uni soit un des premiers signataires de cet accord.