Il a tenu à apporter la bonne nouvelle sur place et en personne. Deux jours après l'adoption par la Commission européenne d'un second PIIEC (Projet Important d'Intérêt Européen Communautaire) en faveur du développement de l'hydrogène, Thierry Breton s'est rendu ce vendredi en Seine-Maritime pour confirmer, aux côtés de Mathieu Giard vice-président d'Air Liquide, le soutien de Bruxelles à la gigafactory d'électrolyseurs que veut construire le groupe gazier sur le complexe industriel de Port-Jérôme.
Si l'annonce ne constitue pas à proprement parler une surprise tant le dossier semblait bien engagé, elle témoigne une fois de plus de la volonté de l'UE de pousser les feux sur la plus petite molécule du tableau de Mendeleïev pour parer aux effets des crises énergétique et climatique.
S'il n'a pas été possible de connaître le montant -encore confidentiel- d'aides publiques qui sera alloué à Air Liquide, on sait néanmoins que le projet bénéficiera d'un appui « très significatif à la hauteur de son ambition », comme l'a glissé à La Tribune un cadre du groupe.
D'une puissance de 200 MW, extensible à 250 MW, l'usine dont la mise en service est espérée en 2025 sera, en effet, la plus grande du monde dans sa catégorie. Démonstration, là encore, de la volonté de Bruxelles de passer la surmultipliée. Le mot n'est pas trop fort si l'on se souvient que l'Europe s'est fixée pour ambition de produire plus de 10 millions de tonnes d'hydrogène sur son sol à horizon 2030 et d'en importer au moins autant de pays tiers.