Le changement climatique en cause dans les inondations en Allemagne et en Belgique

Les pluies diluviennes à l'origine d'inondations désastreuses comme celles qui ont frappé l'Europe occidentale en juillet dernier ont plus de risque de se produire à cause du dérèglement climatique, et de manière plus intense, affirme une étude de la World Weather Attribution publiée ce mardi. Une situation qui risque d’empirer au fur et à mesure que le réchauffement du climat s’amplifie, alertent les chercheurs.

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Plus de deux cents personnes sont mortes dans les inondations de juillet 2021 en Europe, qui ont également fait de nombreux disparus, et détruit des centaines de maisons ainsi que des infrastructures.
Plus de deux cents personnes sont mortes dans les inondations de juillet 2021 en Europe, qui ont également fait de nombreux disparus, et détruit des centaines de maisons ainsi que des infrastructures. (Crédits : WOLFGANG RATTAY)

Alors que sécheresses, incendies et autres inondations ravagent des régions entières et font la une des journaux, les effets du réchauffement climatique sur la survenue de ces événements météorologiques extrêmes se précisent. Il y a deux semaines, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) alertait sur le lien entre les deux phénomènes, apportant des preuves sans équivoques de l'implication humaine. Aujourd'hui, ce sont 39 scientifiques internationaux réunis sous la bannière de la World Weather Attribution (WWA), une organisation dédiée à l'étude rapide des phénomènes liés au changement climatique, qui tirent la sonnette d'alarme. Ces experts avaient déjà calculé début juillet que le « dôme de chaleur » qui a suffoqué le Canada et l'Ouest américain en juin aurait été « presque impossible » sans les effets du changement climatique.

Les conclusions de leur nouvelle étude s'avèrent encore une fois préoccupantes : le réchauffement de la surface du globe (de 1,2°C depuis l'ère pré-industrielle) a rendu de 1,2 à 9 fois plus probables les précipitations extrêmes similaires à celles qui ont mené aux inondations désastreuses à la mi-juillet, et tué 220 personnes en Europe principalement en Allemagne et en Belgique. D'autant qu'à la fréquence s'ajoute l'intensité : le changement climatique a également « fait augmenter la quantité de pluie sur une journée entre 3% et 19% de plus », pointent les scientifiques. De quoi engendrer des catastrophes considérables - en témoignent les immenses dégâts dans des lieux laissés inaccessibles pendant plusieurs jours, coupant des villages des voies d'évacuation et des interventions d'urgence.

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Comparaison avec le passé

Pour parvenir à ce résultat, les expert ont passé au crible des enregistrements météorologiques et des simulations informatiques, afin de se rendre compte de la différence entre les événements météorologiques d'aujourd'hui et ceux du 19ème siècle. « Nous avons analysé comment le changement climatique induit par l'homme a affecté les précipitations maximales d'un jour et de deux jours pendant la saison estivale (avril-septembre) dans deux petites régions où les récentes inondations ont été les plus graves, dans l'Ahr -Région d'Erft (Allemagne) et sur la Meuse (Belgique) », peut-on lire dans un compte-rendu.

Pour comprendre dans quelle mesure l'évolution du climat a joué, les scientifiques ont cependant dû retenir un spectre plus large, où la variabilité de précipitation est moins forte, « en Europe occidentale dans une grande région entre le nord des Alpes et les Pays-Bas ».

« Il est difficile d'analyser l'influence du changement climatique sur les fortes précipitations à des niveaux très locaux, mais nous avons pu montrer qu'en Europe occidentale, les émissions de gaz à effet de serre ont rendu de tels événements plus probables », explique le docteur Sjoukje Philip, chercheur en climatologie.

Appel à l'action

Et le tableau risque encore de s'assombrir : dans le climat actuel de hausse de la température de 1,2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, un tel événement ne devrait survenir en moyenne que tous les 400 ans en Europe occidentale. Or, « nous nous attendons à ce que de tels événements se produisent plus fréquemment », préviennent les auteurs de l'étude.

« C'est déjà devenu plus probable qu'avant, et cela le deviendra plus à l'avenir », s'inquiète Maarten Van Aalst, directeur du Centre Climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Ainsi, sur une planète plus chaude de 2°C qu'à l'époque pré-industrielle, les modèles du WWA suggèrent que l'intensité d'un tel événement augmenterait encore « de 0,8 à 6% », et la probabilité de se produire « d'un facteur de 1,2 à 1,4 ». Or, dans son rapport de début août, le GIEC pointe un réchauffement encore plus rapide et plus fort qu'on ne le craignait, menaçant l'humanité de désastres « sans précédent ». Le seuil de +1,5 °C - objectif idéal à ne pas dépasser selon l'accord de Paris - pourrait ainsi être atteint autour de 2030, soit dix ans plus tôt qu'estimé.

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De quoi pousser les chercheurs du WWA à appeler à l'action. « Nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus rapidement possible, ainsi qu'améliorer les systèmes d'alerte et de gestion des urgences, et rendre nos infrastructures résilientes au climat pour réduire les pertes et les coûts », précise Hayley Fowler, professeur à Newcastle sur les impacts du changement climatique. Car, aujourd'hui, « les gens sont souvent prêts... mais pour le précédent désastre », regrette Maarten van Aalst.

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Commentaires 9
à écrit le 26/08/2021 à 9:35
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Dommage que les médias ne soient pas aussi précis dans la désignation des principaux responsables de cet effondrement de la nature à savoir les actionnaires milliardaires, ces "investisseurs" de la mort qui détruisent le monde en ronflant. Tant que l...

à écrit le 25/08/2021 à 18:12
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Le discours habituel , sans aucune preuve de ce qui est énoncé ; Wishful thinking de café du commerce .

à écrit le 25/08/2021 à 11:32
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Le changement climatique ?! C' est divertissant. Surtout, comprendre que les terres sont mortes de l' épandage de glyphosate et pesticides divers avec pour conséquence que toute vie biologique a disparu et qu' elles ne sont désorm...

à écrit le 25/08/2021 à 8:45
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le deconnometre tourne a plein!!!!!!!!!! on ne peut plus accuser sarkozy d'etre responsable de tout et n'importe quoi, alors c'est le rechauffement climattique!!!! felicitations! l'election de macron, c'est le rechauffement climatique, le covid c'es...

à écrit le 25/08/2021 à 8:16
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comme si personne n'est responsable surtout ceux qui doivent surveiller et prevenir seul les victimes sont toujours responsable les autorites se lave les mains puisque c'est autorites ne serve a rien et que des ecconomies sont necessaires alors c...

à écrit le 25/08/2021 à 3:30
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Betonnage a outrance dans des zones a risques. Comme dans la Roya. Vesubie,Var etc... Meme causes. Meme effets. Le climat n'a rien a voir.

le 25/08/2021 à 10:49
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Certes , le bétonnage à outrance porte les germes de ces catastrophes. Néanmoins quand on lit les relevés des quantités d'eau tombées , on en reste pantois. Ainsi dans les vallées de Royat et de la Vésubie , ce sont presque 500 mm/m2 qui sont tombés ...

à écrit le 24/08/2021 à 23:32
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Tout à fait, les Hommes ont construit les ville à la va vite, sans penser aux futurs problèmes (les intérêts financiers priment sur la vie des gens, pour cela il y a les assurances). Cependant, il faut noter qu'avec la fonte des glaciers, l'approvisi...

à écrit le 24/08/2021 à 19:57
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Bien sûr en Allemagne et en Belgique il n'y a pas de problème d'urbanisme comme au Japon victime de glissement de terrains... Manifestement le climat a le dos large!

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