Pesticides : la FNSEA sort l'arme des boues face aux zones de non traitement

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Envoyer les boues d'épuration dans des stations de traitement a un coût 10 à 20 fois supérieur pour les collectivités par rapport à l'épandage par les agriculteurs, selon la FNSEA.
Envoyer les boues d'épuration dans des stations de traitement a un coût 10 à 20 fois supérieur pour les collectivités par rapport à l'épandage par les agriculteurs, selon la FNSEA. (Crédits : Stephane Mahe)
Le syndicat d'agriculteurs menace les maires de ne plus répandre les boues de leurs stations d'épuration si l'instauration de zone de non traitement n'est pas suspendue.

Sans réponse à sa demande de moratoire sur l'instauration de zone de non traitement (ZNT) aux pesticides près des habitations, la FNSEA a déclaré mardi qu'elle comptait ne plus épandre les boues d'épuration dans les champs.

"Comme nous n'avons pas de réponse du gouvernement, nous allons continuer nos actions syndicales: dans quelques jours nous allons bloquer les stations d'épuration; ceux qui nous imposent des contraintes vont aussi conserver leurs déchets", a déclaré Jérôme Despey, secrétaire général du syndicat agricole majoritaire, lors d'une conférence de presse.

"Un service rendu gratuitement par les agriculteurs"

"Qui va assumer les boues de stations d'épuration des citadins? Pour l'instant, c'est un service rendu gratuitement par les agriculteurs. Mais puisque nous sommes rejetés et que le dialogue a été rompu par des maires, y compris par des maires qui n'ont pas voulu jouer leur rôle de médiateur", les municipalités vont devoir gérer seules ce qui représente un million de tonnes de matières sèches en volume par an, a expliqué la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

Envoyer les boues d'épuration dans des stations de traitement a un coût 10 à 20 fois supérieur pour les collectivités par rapport à l'épandage par les agriculteurs, selon le syndicat.

Lire: Le compostage des boues d'épuration en sursis

Un arrêté publié à la toute fin décembre par le gouvernement impose depuis le 1er janvier des distances minimales de pulvérisation des produits phytosanitaires recommandées par l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses): cinq mètres des habitations pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales; dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes; et 20 mètres pour les produits "les plus dangereux", qui ne représentent toutefois qu'environ 0,3% des substances actives utilisées.

Le ministère de l'Agriculture "impuissant"

La FNSEA avait exigé à la fin de la semaine dernière un moratoire sur l'application de ces ZNT, en menaçant de mener des actions de protestation si elle n'était pas écoutée avant sa conférence de presse de mardi. Plus tôt dans la matinée, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait fait part de son impuissance, à propos de l'application de ces zones de non-traitement. Le ministre a évoqué le conseil d'État qui a "imposé" au gouvernement de "mieux protéger les riverains", lors de la conférence de presse de présentation du salon de l'agriculture.

"Il est exact que l'État a été [contraint] par le Conseil d'Etat de modifier la réglementation sur la protection des riverains et sur le sujet des ZNT pour le 26 décembre (...) en revanche, sur la manière de le faire, il y avait plein de possibilités", a estimé Eric Thirouin, secrétaire général adjoint du syndicat.

Les ONG environnementales jugent en revanche ces distances insuffisantes à la protection de la population. Elles préconisent des distances de 100 ou 150 mètres.

Lire: Les pesticides, nouvelle bataille des maires contre la pollution de l'air

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Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/01/2020 à 11:58 :
la FNSEA se croit tout permis , elle va se ramasser un bouillon .
l'épandage des boues est un apport gratuit d'éléments nutritifs pour les cultures .
quand les agriculteurs en seront privés , il faudra qu'ils achètent des engrais ..au prix fort . Et comme d'habitude ils pleureront sur leur sort et demanderons des aides publiques .
a écrit le 15/01/2020 à 9:26 :
Nous vivons dans le meilleur des Mondes possibles, et tout est une question de positionnement de curseur. Il y a , c'est étrange mais c'est ainsi, une phobie des riverains quant aux produits phytosanitaires (en dépit d'une alimentation qui n'a jamais été historiquement aussi saine). Je crois que nos concitoyens ne comprennent plus ce qu'il y a dans leurs assiettes, sans même parler de cette stupide politique visant à descendre à zéro le prix du panier de la ménagère (il n'a jamais été aussi bas, et la part de l'alimentation dans le revenu des ménages est passée en France sous 15%, c'est à dire pea-nuts). Je crois que nous payons les crises liées à l'anti science et des comportements scandaleux et frauduleux (poulets à la dioxine, viande de cheval..) et bien sûr des "excès" (crise de la vache folle..) que l'on doit relativiser (nous sommes dans un monde ou le recyclage est portée aux nues, mais pas dans tous les secteurs apparemment... Ce meilleur des mondes possibles impose d'utiliser des produits phytosanitaires (qui existent pour de très bonnes raisons, y compris des raisons sanitaires, y compris des raisons environnementales): impossible sans prendre des risques considérables de supprimer les fongicides, impossible sans conséquences sanitaires de supprimer les insecticides, impossible de supprimer le glyphosate en le remplaçant par un désherbage mécanique sans impact considérable en terme d'émissions de carbone, et impossible de faire du bio sans sulfate de cuivre et soufre, lesquels sont des produits dangereux! etc.. Notons que cette notion du meilleur des mondes possibles touchent tous les secteurs: énergie avec un choix cornélien entre émissions de CO2 liés à la surutilisation des énergies fossiles, ou nucléaire. Evidemment, à la puissance publique de faire ces choix, mais de manière rationnelle, et surtout pas selon l'air écolo du temps! L'écologie et la protection de nos environnement est le concept le plus important de la fin du XXième siècle, mais ses défenseurs se seront trompés sur tous les sujets.
Réponse de le 15/01/2020 à 11:59 :
"et tout est une question de positionnement de curseur"

Avec le cancer devenu première cause de mortalité les milliardaires du secteur l'ont poussé beaucoup trop loin le "curseur" hein...

N'ai pas peur de prendre du recul dans tes analyses pour changer stp, t'inquiètes pas tu vas pas tomber.
Réponse de le 15/01/2020 à 12:18 :
Cancer première cause mortalité cela veut surtout dire que l'on ne meurt plus d'autre chose.
Vous préféreriez que l'on ait des accidents de la route 20x plus nombreux ou bien des problèmes cardiaques/artériels non soignés pour refaire tomber la proportion de morts par cancer?
Réponse de le 16/01/2020 à 10:40 :
@ multipseudos:

"Cancer première cause mortalité cela veut surtout dire que l'on ne meurt plus d'autre chose."

Que l'on ne meure plus de vieillesse ne te dérange pas, tu pars du principe que ça y est on est immortel !? :D

Merci AUDIARD !

Mais je te signale quand même hein, t'es trop mignon là... ^^
a écrit le 15/01/2020 à 8:45 :
LA solution contre le carnage agro-industriel ? LE drone de Trump. C'est un secteur que nos politiciens européens ont laissé tout faire, leur impuissance politique ne peut que nous condamner à nous faire empoisonner par leurs produits en permanence.

On nous gonfle avec la dette, que c’est mal tout ça qu'il faut se saigner pour la rembourse et BAYER c'est seulement un gros tas de dette de 44 milliards massivement du coup subventionné par l'europe, l'allemagne et la france. Déjà rien que ça et le pire c'est que c'est loin de n’être que ça...
a écrit le 15/01/2020 à 8:26 :
la copie conforme du medef et des polititiens au pouvoir le chantage
ce monde est a virer
a écrit le 14/01/2020 à 18:31 :
gros chantage !

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