Profession : agriculteurs !
David Medioni
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Photos de Denis Allard/Leextra
Denis Allard/Leextra pour La Tribune
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« L'agriculture ce n'est pas seulement ce que l'on voit aujourd'hui aux infos entre questions sur les pesticides et digitalisation des pratiques. C'est aussi et avant tout une passion et une forme de sacerdoce. » C'est en entendant cette phrase lors d'un événement que l'idée de ce reportage nous est venue. Et si nous allions à la rencontre des agriculteurs qui font l'agriculture au quotidien ? Des agriculteurs qui font face à toutes les interrogations de la profession. Et qui, chaque jour, inventent, tâtonnent et, surtout, n'attendent pas les modes pour transformer leur métier et son exercice. Marie-Cécile, Laurent et Jean-Baptiste. Ces trois agriculteurs de l'Yonne ont en commun la passion, forcément, et le fait d'avoir modifié l'exploitation familiale. Mais ils ont également en partage une envie - par l'exemple de leurs pratiques - de donner une image joyeuse du métier agricole. Loin des images d'Épinal du mal-être agricole. Avec des exploitations qui avoisinent au minimum les 300 ha, Marie-Cécile, Laurent et Jean-Baptiste sont au cœur de la moyenne nationale et représentent, globalement, la majorité des agriculteurs en France puisque selon les chiffres de l'INSEE plus de la moitié des exploitations hexagonales sont comprises entre 50 et 300 ha.
Par un matin ensoleillé d'hiver où le froid sec était au rendez-vous, c'est dans l'Yonne que démarre la rencontre avec Laurent Tavoillot éleveur, céréalier et maraîcher, Marie-Cécile Coudret, éleveuse et céréalière également, et Jean-Baptiste Terrier, céréalier, cultivateur de fleurs et de truffes. Reportage auprès d'agriculteurs qui épousent la modernité, embellissent la tradition et sont parfois perplexes devant les reproches et/ou les portraits que l'on fait de leur métier.

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Le petit veau peine encore à se mettre sur ses pattes. Quelques minutes auparavant, Laurent Tavoillot, 46 ans, vient d'assister à la mise bas. Il était 7 h 30 du matin. Comme tous les jours, l'agriculteur était sur le pont pour mettre de la paille dans l'étable de ses cinquante bêtes, pour les nourrir, et aussi pour leur apporter des soins. Un autre veau né quelques jours auparavant est malade. Laurent Tavoillot raconte tout en lui donnant des médicaments sous le regard méfiant de la mère : « Nous devons beaucoup le surveiller car, pour le moment, sa croissance n'est pas bonne. » Ce travail d'éleveur de bœufs d'Aubrac et de Charolais, Laurent Tavoillot l'a appris auprès de son père, Henri Tavoillot, depuis la ferme familiale à Civry-sur-Serein. Il a toutefois fait évoluer les choses. « Ce que j'ai souhaité en mélangeant les Aubrac et les Charolais avec les Redford, c'est de pouvoir offrir différentes variétés de viande. Surtout, j'ai aussi mis en place des systèmes de surveillance vidéo qui permettent d'être un peu moins mobilisé en permanence ». Et Tavoillot d'expliquer par exemple que l'arrivée des Redford qui sont des bêtes plus rustiques est un moyen de « moins stresser » pendant la période de vêlage car ce dernier se déroule quasiment tout seul. De même, cela permet de se tourner « toujours plus vers un élevage bio, concentré sur l'herbe ».
David Medioni