Profession : agriculteurs !

Alors que le Salon International de l'Agriculture ouvre ses portes, nos journalistes sont partis en reportage en Bourgogne, au coeur du quotidien de trois exploitants agricoles. (Cet article est issu de T La Revue de La Tribune n°8 - Du champ à l'assiette, produire mieux pour manger bien, actuellement en kiosque).
Photos de Denis Allard/Leextra
Photos de Denis Allard/Leextra (Crédits : Denis Allard/Leextra pour La Tribune)

« L'agriculture ce n'est pas seulement ce que l'on voit aujourd'hui aux infos entre questions sur les pesticides et digitalisation des pratiques. C'est aussi et avant tout une passion et une forme de sacerdoce. » C'est en entendant cette phrase lors d'un événement que l'idée de ce reportage nous est venue. Et si nous allions à la rencontre des agriculteurs qui font l'agriculture au quotidien ? Des agriculteurs qui font face à toutes les interrogations de la profession. Et qui, chaque jour, inventent, tâtonnent et, surtout, n'attendent pas les modes pour transformer leur métier et son exercice. Marie-Cécile, Laurent et Jean-Baptiste. Ces trois agriculteurs de l'Yonne ont en commun la passion, forcément, et le fait d'avoir modifié l'exploitation familiale. Mais ils ont également en partage une envie - par l'exemple de leurs pratiques - de donner une image joyeuse du métier agricole. Loin des images d'Épinal du mal-être agricole. Avec des exploitations qui avoisinent au minimum les 300 ha, Marie-Cécile, Laurent et Jean-Baptiste sont au cœur de la moyenne nationale et représentent, globalement, la majorité des agriculteurs en France puisque selon les chiffres de l'INSEE plus de la moitié des exploitations hexagonales sont comprises entre 50 et 300 ha.

Par un matin ensoleillé d'hiver où le froid sec était au rendez-vous, c'est dans l'Yonne que démarre la rencontre avec Laurent Tavoillot éleveur, céréalier et maraîcher, Marie-Cécile Coudret, éleveuse et céréalière également, et Jean-Baptiste Terrier, céréalier, cultivateur de fleurs et de truffes. Reportage auprès d'agriculteurs qui épousent la modernité, embellissent la tradition et sont parfois perplexes devant les reproches et/ou les portraits que l'on fait de leur métier.

LAURENT TAVOILLOT, LE MODERNE CLASSIQUE

T La Revue n°8

Le petit veau peine encore à se mettre sur ses pattes. Quelques minutes auparavant, Laurent Tavoillot, 46 ans, vient d'assister à la mise bas. Il était 7 h 30 du matin. Comme tous les jours, l'agriculteur était sur le pont pour mettre de la paille dans l'étable de ses cinquante bêtes, pour les nourrir, et aussi pour leur apporter des soins. Un autre veau né quelques jours auparavant est malade. Laurent Tavoillot raconte tout en lui donnant des médicaments sous le regard méfiant de la mère : « Nous devons beaucoup le surveiller car, pour le moment, sa croissance n'est pas bonne. » Ce travail d'éleveur de bœufs d'Aubrac et de Charolais, Laurent Tavoillot l'a appris auprès de son père, Henri Tavoillot, depuis la ferme familiale à Civry-sur-Serein. Il a toutefois fait évoluer les choses. « Ce que j'ai souhaité en mélangeant les Aubrac et les Charolais avec les Redford, c'est de pouvoir offrir différentes variétés de viande. Surtout, j'ai aussi mis en place des systèmes de surveillance vidéo qui permettent d'être un peu moins mobilisé en permanence ». Et Tavoillot d'expliquer par exemple que l'arrivée des Redford qui sont des bêtes plus rustiques est un moyen de « moins stresser » pendant la période de vêlage car ce dernier se déroule quasiment tout seul. De même, cela permet de se tourner « toujours plus vers un élevage bio, concentré sur l'herbe ».

Passionné, Laurent Tavoillot explique et détaille pourquoi il a également décidé de se tourner vers la vente directe de viande. « Le confinement, mais pas seulement, a démontré que la demande locale pouvait être forte. Ainsi, j'ai décidé de mettre en place cette activité qui permet de ne plus seulement dépendre de la simple performance et de l'achat des bêtes par des grossistes italiens ou espagnols. » Il ajoute : « J'ai apaisé mon métier ». Apaiser le métier. Le rendre moins difficile. Enjeu crucial pour celui qui, au-delà de son activité d'élevage, est aussi céréalier (blé, orge, colza) sur une terre d'environ 400 ha. « Pour les céréales, ce qui est important, c'est de toujours tenter de rendre la production plus efficace et plus raisonnée pour nos terres », détaille Tavoillot. Ainsi, par exemple, s'il utilise toujours ce qu'il faut de « strict minimum » de glyphosate, il est passé à l'exploitation dite semi-directe qui permet de semer en un seul passage de tracteur quand il en fallait trois ou quatre auparavant. « Cela simplifie considérablement le système et, surtout, permet d'avoir une empreinte carbone beaucoup moins importante, notamment au niveau du gasoil ». D'ailleurs, Laurent Tavoillot surveille de près cette question de l'empreinte carbone. Il vient de calculer que s'il améliorait encore les choses, il pourrait économiser quelque 10 000 euros supplémentaires chaque année.

Dans son activité, dans ses mots posés, plein de doutes et de questionnements salutaires, Laurent Tavoillot fait face à toutes les interrogations qui se posent sur le monde agricole, tant sur les produits utilisés, que sur la difficulté du métier, que sur la capacité qu'ont les exploitants de « faire mieux et plus responsable ». Pour mieux y répondre, pour être plus en phase avec la réalité du métier et du monde, il fait partie du groupe Galilée qui réunit différents agriculteurs du coin et au sein duquel s'échangent « des méthodes de travail, des conseils sur le matériel, des réflexions sur le devenir du métier, des idées nouvelles sur les modes d'exploitation », notamment en lien avec les innovations permises par le numérique, et aussi, tout simplement, « de l'entraide » afin de « lutter un peu contre la solitude du métier ».

L'autre élément qui va dans ce sens d'une ouverture plus grande encore, c'est la nouvelle activité de maraîcher que Laurent Tavoillot vient de lancer. Il cultive, avec son fils, des légumes afin de les proposer à la vente en circuit court dans les villages et communes aux alentours.

« Dans la foulée de la mise en vente directe de nos viandes, et alors qu'il y avait une nouvelle demande des clients, nous avons démarré cette activité de maraîchage. C'est nouveau pour nous, mais cela permet de se tourner vers une autre forme de travail qui est dédiée aux clients et qui permet, aussi, d'apaiser un peu notre travail », détaille l'agriculteur. En plus de la vente aux habitants des résidences secondaires, très présents et demandeurs durant le premier confinement et qui depuis sont toujours des clients réguliers, cette activité de maraîchage est une nouvelle forme de lien créé avec les locaux et les sédentaires du village et des communes environnantes. Surtout, c'est pour Laurent Tavoillot l'occasion de travailler avec son fils. « Il est en BTS, il a eu envie de lancer ce projet. J'ai décidé de l'accompagner du mieux possible », souligne l'agriculteur. Avant de préciser : « Si un jour il reprend toute l'exploitation, il faudra quand même qu'il aille d'abord travailler un peu ailleurs, dans une autre ferme, voire dans un autre pays. Pour revenir en étant encore plus au fait de ce qui se fait ailleurs et de ce que cela peut nous apporter. » Étonnamment, en écoutant Laurent Tavoillot dire cela, on se rend compte par rapport au démarrage de la discussion avec lui, que c'est justement ce qu'il lui avait manqué à lui. « J'ai toujours voulu reprendre l'exploitation familiale, c'était une évidence pour moi. Cependant, j'aurais peut-être dû aller travailler un peu ailleurs pour être un meilleur agriculteur et connaître mieux les différentes façons de faire », estime ainsi Laurent Tavoillot. De père en fils et de fils en fils. C'est aussi comme cela que l'on conçoit l'agriculture chez les Tavoillot. « C'est un savoir-faire qu'il faut transmettre. Pour que chacun puisse ensuite faire évoluer les choses comme il les voit », juge encore l'agriculteur en surveillant ses bêtes. Ainsi, il confie regarder avec une « légère circonspection » l'arrivée des néo-ruraux, mais note-t-il « cela donne une image plus positive de notre métier ». Toujours regarder la lumière. Toujours donner le meilleur de lui. C'est peut-être cela qui caractérise Laurent Tavoillot. Une modernité qui est là. Sans oublier ses classiques.

MARIE-CECILE COUDRET, UN AIR DE FAMILLE

T La Revue n°8

« Marie-Cécile ? » demande-t-on à la première personne qui nous accueille à Angely (89) dans l'exploitation EARL « De La Côte au Duc ». « Ah non, moi c'est Bernadette, la maman, vous cherchez ma fille, elle est à l'intérieur du labo. Elle arrive. »

Clairement, chez les Coudret, l'agriculture est une affaire de famille. C'est en 2016, alors qu'elle travaillait dans un laboratoire médical que Marie-Cécile, 39 ans, a décidé de revenir à la ferme fondée par sa grand-mère qui venait de décéder. Il faut dire qu'elle n'était pas non plus très loin de l'exploitation puisque Marie-Cécile passait son temps libre à aider ses parents dans les tâches de la ferme qu'elle connaît et pratique depuis longtemps. Notamment dans l'élevage des volailles, des vaches, et des porcs. Cela en plus d'une activité de céréales conséquente. « Je ne pouvais pas ne pas revenir. Cela a été un mouvement naturel au moment du décès de ma grand-mère. Comme si elle me passait le témoin en s'en allant », estime Marie-Cécile.

Ceci dit, Marie-Cécile Coudret ne s'est pas contentée de simplement reprendre l'entreprise familiale. Elle l'a considérablement transformée. D'abord en créant un laboratoire agréé CEE qui permet à l'agricultrice de « ne plus dépendre des abattoirs extérieurs » pour ses bêtes. « Auparavant je devais aller jusqu'à Autun (à une heure de route, ndlr). C'est un gain de temps, ça me permet de ne pas passer par trente-six intermédiaires et d'avoir une liberté supplémentaire. Et puis, j'avais vraiment envie de garder le côté laboratoire, qui est mon domaine de compétences originel », raconte Marie-Cécile Coudret. « Avec ce laboratoire chez moi, je peux mieux cadencer les choses et, surtout, je peux aussi réserver des plages à d'autres éleveurs, soit pour l'abattage, soit pour la découpe des morceaux de viande », détaille-t-elle encore. Si cette nouvelle méthode est fortement soutenue par sa maman, Bernadette, elle n'est pas forcément du goût de son père, qui laisse pourtant sa fille transformer la ferme.

Autre innovation : une densification du nombre de vaches et aussi une rationalisation de l'activité d'élevage où se côtoient aujourd'hui un peu plus d'une centaine de bovins. Ainsi, Marie-Cécile et son mari Lionel élèvent désormais des bêtes un peu plus grosses et ont réussi - comme Laurent Tavoillot (voir ci-contre) - à faire en sorte que le vêlage et l'activité en général soient un peu moins chronophages, notamment grâce à des caméras dans les étables. « Cela dit, quand la nuit une vache doit mettre bas, il faut souvent être là », confie Lionel.

L'autre grande transformation opérée par Marie-Cécile, c'est la mise en place début 2020 à côté de l'élevage et des céréales, d'une activité de vente directe. Celle-ci pèse désormais pour 25 % du chiffre d'affaires. « Cela faisait longtemps que cette idée me trottait dans la tête, je l'ai réalisée en créant également une boutique où les clients peuvent venir », confie la fermière. En effet, dans l'exploitation, une sorte de petite épicerie attenante est là. Avec des fromages, des légumes, des œufs, de la viande, des préparations de rillettes, du miel et même de la bière. L'occasion pour Marie-Cécile de donner une exposition à ses propres produits, mais aussi à tous les produits des « petits producteurs locaux » afin de « cultiver les circuits courts et la dimension locale de notre travail ». Elle raconte : « Durant le premier confinement, cette activité a explosé. Les habitants des résidences secondaires, notamment Parisiens, nous ont découverts, ont acheté régulièrement, et depuis ils continuent. C'est assez fantastique comme expérience. » Fantastique car elle a permis « de donner à des gens une autre image de l'agriculture et de l'abattage » tout en « créant des relations durables de respect mutuel et d'intérêt mutuel authentique ». Et l'agricultrice de raconter quelques interpellations difficiles de la part de clients qui avaient vu les vidéos du collectif L214 (association de protection animale, ndlr). « Nous avons expliqué notre travail et discuté. Le plus souvent les gens comprennent notre engagement et notre savoir-faire loin de ces pratiques. Parfois, ils restent dans l'amalgame, c'est dommage », juge Marie-Cécile Coudret.

Quand elle aborde ces sujets - et plus largement toutes les questions autour du métier agricole - il est clair que Marie-Cécile Coudret a envie de convaincre. D'expliquer la beauté de son métier plutôt que d'en « souligner en permanence les difficultés ». Elle ajoute : « notre métier est fantastique en ce sens qu'il n'est jamais le même, qu'il nous permet de nous évader, aussi, et que nous pouvons toujours le réinventer comme nous l'avons fait ici. »

Clairement, Marie-Cécile Coudret est une passionnée. Une croyante dans la transmission de ce savoir-faire agricole commencé à Angely par ses grands-parents, poursuivi par ses parents et développé encore par elle-même. Peut-être, un jour, ses enfants poursuivront la chaîne ? Son fils, âgé de 15 ans, « veut absolument reprendre ». Sa fille, elle, « se voit plutôt dans les légumes, les plantes ». Et si un jour, l'un d'eux décidait vraiment de ne pas laisser l'histoire se terminer, « on les poussera à ce qu'ils fassent des études avant ». Et qu'ils vivent aussi « cette vie ailleurs », à l'extérieur. Pour pouvoir apporter un regard nouveau. Et ainsi faire grandir, encore, l'exploitation. Comme une pierre à l'édifice que chaque membre de la famille aura mise pour lui conférer, toujours, un « air de famille ».

JEAN-BAPTISTE TERRIER, L'ARTISTE AGRICULTEUR

T La Revue n°8

C'est dans le design que Jean-Baptiste Terrier, 43 ans, a commencé sa carrière d'agriculteur. Au départ, cet homme jovial, souriant et accueillant a voulu voir autre chose. Ne pas faire comme les autres de sa famille, parents et l'un de ses frères, qui eux avaient décidé de poursuivre l'aventure agricole familiale. Mais alors qu'il étudie le design à Dijon (Côte-d'Or), Jean-Baptiste prend conscience de son « attachement viscéral au patrimoine familial » créé par ses parents Henri et Marie-Marthe Terrier. « Je me suis dit que je ne pouvais pas laisser partir ce savoir-faire et que j'aimais vraiment cette campagne et cette terre », confie-t-il sous le regard bienveillant et fier de son papa, alors que le soleil couchant d'hiver pointe à l'horizon dans sa ferme de l'Affichot à Annay-sur-Serein (89). C'est ainsi que Jean-Baptiste Terrier a quitté le design artistique pour passer un doctorat pour adultes dans les métiers agricoles et revenir aux racines des choses. Toutefois, de ses études, Jean-Baptiste a gardé un regard, une approche, une recherche du beau qu'il cultive dans toutes les activités de son exploitation agricole.

Au commencement, Jean-Baptiste est céréalier. Il cultive du blé, du maïs, du colza et de l'orge. Il partage son temps entre ses terres de l'Yonne et celles de Saône-et-Loire. Au total, l'ensemble des deux exploitations représente presque 300 ha. « Ce qui est le plus intéressant avec cette culture des céréales, c'est d'abord de tenter des paris, explique Jean-Baptiste. L'an dernier j'ai, en plus de mes céréales traditionnelles, tenté de faire pousser du tournesol, et des petits pois. J'ai dû apprendre, me documenter et tenter de voir comment faire au mieux. » Ce qui motive Jean-Baptiste ce sont « les défis » et le fait « de traiter une matière vivante », car « on peut avoir les meilleurs outils, on est quand même tributaires de la terre et du climat », raconte Terrier avant de narrer cette tentative d'ensemencement qu'il a fait, en une soirée, « en rentrant de vacances, jusqu'au milieu de la nuit, car c'était le seul créneau que le temps [lui] laissait en trois semaines d'attente ».

Les céréales pèsent aujourd'hui pour un peu moins des trois quarts de son chiffre d'affaires global et sont revendues à des grossistes. Les années varient, en fonction du climat donc, mais aussi des « variations de prix » qui rendent « parfois difficiles les prévisions ».

Au-delà de cette activité, Jean-Baptiste Terrier a considérablement développé une culture de pivoines et d'iris qui avait été mise en place par le déjà artiste Henri Terrier. Jean-Baptiste cultive aujourd'hui quelque 20 000 pivoines qui font de sa ferme un lieu féerique et coloré quand, au mois de mai, les fleurs ont éclos et que les portes ouvertes accueillent le public. « J'aime ce moment-là. On imagine des bouquets, on mélange les couleurs, et surtout on raconte le métier aux gens. C'est un moment joyeux de l'année, en général », estime Jean-Baptiste. Dans ces 20 000 pivoines, la plus grosse part est vendue à des fleuristes locaux désormais et plus à Rungis « pour privilégier le circuit court ». Le reste est vendu au public lors des trois week-ends de portes ouvertes de la fin mai. L'hiver, Jean-Baptiste Terrier vend à une clientèle locale les plants de fleurs.

Une activité qui outre ce qu'elle rapporte à la ferme est un moyen pour l'agriculteur de « varier les plaisirs, réfléchir autrement et de se remettre toujours en question pour faire les plus belles fleurs possible ». Agriculteur, mais artiste, toujours.

Un agriculteur artiste qui entretient aussi sa passion pour la terre et pour son Avallonnais natal si beau en cultivant, dans les bois, la truffe de Bourgogne. Là encore, le chemin avait été pavé par Henri Terrier, et Jean-Baptiste a repris le flambeau en plantant des arbres truffiers, en repérant les coins les plus prolifiques et en dressant ses chiens Higor et Lascaux. « La recherche des truffes est une activité complémentaire que nous aimons car elle nous permet d'aller à la rencontre des clients lors des marchés aux truffes, mais aussi de nous promener, de humer l'air de notre campagne et la senteur de nos chemins », avoue Jean-Baptiste.

Recherche du beau. Démarche artistique. « Il est vrai que dans un sens l'agriculture avec le climat qui pèse sur nous a un côté artistique. Comme l'artiste, l'agriculteur ne maîtrise pas tout. Il compose avec les éléments », analyse encore Jean-Baptiste Terrier.

Au-delà de son sens de l'accueil et de la chaleur qui se dégage du bonhomme, ce qui frappe chez Jean-Baptiste Terrier, c'est son besoin d'évasion. Il nous parle par exemple de ses sorties à vélo dans la campagne, de sa passion pour la photo nocturne des ciels étoilés ou pour les voyages un peu partout dans le monde avec sa femme qui, elle, fait complètement autre chose.

« Aujourd'hui, je suis à un moment charnière : soit je fais grandir toujours plus mon exploitation et je me rajoute des responsabilités avec des salariés, soit je continue comme je suis en tentant de toujours faire mieux pour conserver mon bien-être et mon équilibre personnel », conclut Jean-Baptiste. Pour l'instant, il aime son métier comme il l'exerce. Avec raison. Avec responsabilité pour la terre. Avec joie. Et aussi avec des soupapes pour l'esprit afin de pouvoir être un meilleur agriculteur. Alors que nous le quittons, avec Henri, son papa, ils nous montrent des silex authentifiés par des archéologues qu'ils ont trouvés dans leurs différents champs. Dans leurs yeux brille la lueur d'un métier qui permet de se connecter, aussi, au passé lointain. Venir du passé et tendre vers l'avenir. Voilà ce qui meut Jean-Baptiste Terrier.

 ...........................................................................................................

Article issu de T La Revue n°8 - "Du champ à l'assiette - Mieux produire pour bien manger ?" Actuellement en kiosque

Un numéro consacré à l'agriculture et l'alimentation, disponible chez les marchands de presse et sur kiosque.latribune.fr/t-la-revue

T La Revue n°8

En direct dès 8h30 - Une époque formidable

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 3
à écrit le 27/02/2022 à 9:08
Signaler
J'ai un ami éleveur de veux qui déplore que dorénavant ce qu'il fait à savoir sortir ses vachex 8 mois de l'année et plus si les conditions le permettent ne se fait plus que dorénavant tout est automatisé les vaches ne voient plus le jour. Le rapport...

le 27/02/2022 à 10:09
Signaler
PS: Parce que plus les vaches sont parquées à l'intérieur plus elles ramassent de maladies et de parasites obligeant la multiplication des injections de médicaments de toutes sortes. Bref on est vraiment très loin de la petite maison dans la prairie,...

le 28/02/2022 à 8:48
Signaler
Et je constate également, c'est la première fois que je le vois, un autre éleveur qui lui a tenu ses vaches dehors tout cet hiver tandis qu'elles étaient en pleine forêt qui a du les protéger du froid, très étonnant et elles ont l'air en pleine forme...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.