Le président de la République sera jeudi à Belfort, sur le site de General Electric qui devrait avoir vendu à EDF sa branche turbines Arabelle. L'occasion pour Emmanuel Macron de réaffirmer sa volonté d'investir dans le nucléaire. Un discours attendu, notamment par EDF. Un marqueur économique, mais aussi politique.À cause de la situation tendue en Ukraine et de son voyage en Russie en ce début de semaine, Emmanuel Macron a dû reporter son déplacement à Belfort de quelques jours. Mais le président de la République devrait être jeudi sur le site de General Electric (GE). Et le lieu de ce discours est un symbole autant économique que politique.
EDF achète la branche turbines à GE
En effet, ce lundi 7 février 2022, doit être officialisée la vente de l'activité turbines pour les centrales nucléaires de GE à EDF. Après des mois de négociations, la transaction doit être validée au cours d'un conseil d'administration d'EDF. L'électricien doit débourser 273 millions de dollars, soit 240 millions d'euros, pour rapatrier dans le giron français cette technologie passée sous pavillon américain, il y a 7 ans. À l'époque, Asltom avait vendu à General Electric cette activité de construction de turbines Arabelle, parmi les plus puissantes du monde.
L'objectif du gouvernement est de renforcer la filière nucléaire, de rapatrier sous pavillon tricolore un savoir-faire, de maîtriser tous les maillons de la chaîne de production d'une centrale. Et cet investissement a surtout été impulsé par le gouvernement, l'État restant l'actionnaire principal d'EDF. Mais Jean-Bernard Lévy, le patron d'EDF, n'en voulait pas. Endetté à hauteur de 42 milliards d'euros, EDF est mis sous pression par l'exécutif, notamment pour absorber la flambée des tarifs de l'électricité et protéger le pouvoir d'achat des Français. Jean-Bernard Lévy n'avait pas très envie d'ouvrir grand son porte-monnaie. Mais le gouvernement lui a, une nouvelle fois, tordu le bras.
Effacer la vente qu'Emmanuel Macron avait signée en 2014
Mais si Emmanuel Macron s'est montré - en coulisses- si volontaire sur cette affaire, c'est parce que ce rapatriement va, aussi, lui permettre d'effacer cette vente d'Alstom à GE qu'il avait lui-même signée en 2014, alors qu'il n'était encore que ministre de l'Économie. Depuis, celui qui est devenu chef de l'État n'a cessé d'être accusé par la gauche mais aussi par l'extrême-droite, d'avoir bradé les bijoux de famille. Samedi dernier encore, en meeting, la candidate à l'élection présidentielle pour le Rassemblement National (RN) Marine Le Pen pointait du doigt cette erreur stratégique d'Emmanuel Macron.