Vigilance climatique : 25 multinationales françaises rappelées à l'ordre

 |  | 779 mots
Lecture 4 min.
Des 25 multinationales, la moins conforme à ses devoirs de vigilance climatique est Air liquide, selon Notre affaire à tous.
Des 25 multinationales, la moins conforme à ses devoirs de vigilance climatique est Air liquide, selon Notre affaire à tous. (Crédits : © JP Moczulski / Reuters)
Ces sociétés ne respectent ni leurs obligations en matière de transparence, ni leur devoir de se conformer à l'Accord de Paris, dénonce une étude de l'ONG Notre affaire à tous.

Aucune des multinationales françaises les plus émettrices de gaz à effet de serre (GES) ne se conforme au droit en matière de vigilance climatique. C'est la conclusion d'une étude publiée lundi 2 mars par l'association Notre affaire à tous (Naat), qui milite pour le recours au droit et à la justice contre le changement climatique.

Ces multinationales (Aéroports de Paris, Airbus, Air France, Air Liquide, Arcelormittal, Auchan, Axa, BNP, Bouygues, Carrefour, Crédit Agricole, Danone, EDF, Eiffage, Engie, Michelin, Natixis, PSA, Renault, Schneider Electric, Société Générale, Suez, Total, Veolia, Vinci) ne respectent notamment pas leur obligation de prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l'environnement issue de la loi du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre, regrette l'ONG. Interprétée à l'aune des données de la science climatique, cette disposition implique le devoir de réduire son impact sur le climat. Mais selon l'étude, l'analyse de leurs documents réglementaires révèle de nombreuses défaillances sur ce point.

Des objectifs insuffisants

Premier manquement: un défaut de transparence. Ensemble, les multinationales sélectionnées par l'ONG affichent une empreinte carbone de 1.517 millions de tonnes de CO2 équivalent (Mt CO2e): trois fois plus que celle de la France entière. Mais ce calcul néglige les émissions liées aux conséquences de leurs activités, dites du "scope 3". En tenant compte, l'impact de ces 25 sociétés est bien supérieur: 3.549 Mt CO2e, huit fois les émissions territoriales françaises, note le rapport. Cela révèle leur incapacité à identifier le risque climatique et à reconnaître leur empreinte, pointe Naat. Dix d'entre elles n'intègrent d'ailleurs même pas le climat à leurs plans de vigilance.

Autre problème: les engagements qu'elles prennent restent encore trop souvent insuffisants par rapport aux objectifs fixés dans l'Accord de Paris - contenir le réchauffement dans la limite de 2°C ou même de 1,5°C avant la fin du siècle. Les mesures promises sont en outre souvent irréalistes par rapport à l'état de l'art scientifique et technologique, pointe l'ONG, qui n'a pourtant pas vérifié sur le terrain leur mise en oeuvre effective.

Schneider Electric le mieux noté

Globalement, l'ONG mesure ainsi la conformité de ces 25 sociétés à leur devoir de vigilance par une note moyenne de 39,5/100. Seules Schneider Electric, Michelin, PSA, Danone et Arcelor Mittal parviennent à obtenir une note supérieure à la moyenne. La moins bien notée est Air Liquide, suivie par Total, Natixis, Bouygues et Auchan.

Vigilance climat 25 multinationales

"Il est important de préciser que les critères de notation tels qu'établis ne visent pas à noter négativement une entreprise lorsque celle-ci émet une quantité élevée de GES. Au contraire, si une entreprise les retrace correctement, elle obtient la note maximale au sein du premier critère", insiste toutefois Naat.

En revanche, des objectifs ou des promesses d'actions trop flous font baisser la note, prévient-elle.

Des courriers aux 25 sociétés

"Cette étude fait suite à l'action en justice climatique intentée le 28 janvier 2020 contre Total par Notre affaire à tous avec quatre autres associations et 15 collectivités, basée sur la même loi et les mêmes obligations", met en garde l'ONG.

Dès le 2 mars, elle a envoyé des courriers d'interpellation aux 25 multinationales étudiées, les appelant à se conformer à leurs devoirs tout d'abord en intégrant le climat à leurs plans de vigilance - plus contraignant que les autres documents de référence -, mais aussi en reconnaissant leur responsabilité et leurs émissions, et en adoptant des stratégies et des mesures en ligne avec la trajectoire à 1,5°C.

"Si les entreprises ne parviennent pas à s'autoréguler, elles doivent appeler les pouvoirs publics à sécuriser la compétition en changeant les règles du jeu économique", ajoute la fondatrice de Naat, la députée européenne Marie Toussaint.

Un appel à agir "par voie extrajudiciaire ou judiciaire".

Si ces courriers, puis d'éventuelles mises en demeure formelles, ne devaient pas produire d'effets, l'ONG appelle toutes les parties prenantes à agir, "par voie extrajudiciaire ou judiciaire".

Il s'agirait notamment de "demander au juge d'émettre une injonction, le cas échéant sous astreinte, afin de forcer l'entreprise à mettre en œuvre les actions adaptées, à savoir celles visant la décarbonisation de leurs activités".

Toute information susceptible d'induire les investisseurs en erreur pourra également être dénoncée à l'Autorité des marchés financiers (AMF), ou faire l'objet d'une plainte pénale, rappelle Naat. Un deuxième rapport, rédigé avant la fin de l'année afin de faire le point, pourrait être le détonateur.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/03/2020 à 10:40 :
Vidage de crâne : Pourquoi l'Homme n'influe pas sur le climat par le CO2

« Le résultat d’une substitution cohérente et totale du mensonge à la vérité factuelle n’est pas simplement que le mensonge soit maintenant accepté comme vérité et que la vérité soit diffamée comme un mensonge, mais aussi que le sens par lequel nous nous orientons est détruit. », écrivait Hannah Arendt dans Vérité et politique.

Première preuve :
La capacité du CO2 atmosphérique a retenir la chaleur est saturée depuis des centaines de millions d’années. Ce gaz ne peut plus provoquer d’échauffement supplémentaire.
Deuxième preuve :
Depuis environ un million d’années, la température générale a déterminé la teneur en CO2 dans l’atmosphère avec environ 8 siècle de retard, jusqu’à la révolution industrielle. Il y a donc un mécanisme physique subordonnant la teneur en CO2 à la température. Quelle que soit cette teneur actuelle, celle-ci ne peut pas se mettre à déterminer la température, car les lois de la physique ne changent pas.
Troisième preuve :
À la pression atmosphérique, les transmissions d’énergie entre le CO2 atmosphèrique et les molécules environnantes rend impossible théoriquement tout effet de serre de ce gaz. À haute altitude, ces transmissions d’énergie rendent l’effet de serre du CO2 impossible pratiquement.
Quatrième preuve :
Les processus de dissipation de la chaleur au sein de la terre sont les seuls phénomènes changés lors d’une variation de la teneur en CO2.
Cinquième preuve :
La deuxième loi de la thermodynamique serait invalidée si la chaleur s’accumulait sur terre en passant par la stratosphère qui est plus froide.

Il y a plusieurs théories du réchauffement climatique, chacune étant créée pour parer à une preuve d’inexistance et devient en même temps plus alambiquée.

Par ailleurs, la rétroaction (influence du CO2 sur la température) est négligeable.
Or, les mesures anti-CO2 nuisent fondamentalement à la société.
Réponse de le 04/03/2020 à 17:31 :
Pour le commentateur de base dt je fais partie, vos démonstrations à condition qu'elles soient appuyées par des études et recherches irréfutables, doivent plutôt être soumises au plus vite au groupe d'experts du GIEC, car le tps presse et la température monte, monte....
Nul doute qu'ils sauront apprécier vos affirmations d'expert avec tt l'intérêt qui se doit, sachant que vous affirmez que la planète semble faire fausse route sur les causes du réchauffement climatique depuis au moins 2 décennies.
Mais, un conseil si vous daignez écouter mon humble avis: ayez un dossier particulièrement solide car d'autres "experts" autoproclamés ( du genre Poutine, Trump, Bolsonaro, Morisson...pour les plus célèbres du moment ) se sont "allègrement" cassés les dents.
Pour illustrer mon modeste propos, je n'ai pu m'empécher ce petit clin d'oeil à votre confrère Claude, malheureux expert "émérite" en thèses et anti thèses sur le réchauffement climatique dt on n'entend plus parler, cpte tenu probablement des bêtises qu'il a pu proférer sur ce sujet...et bien d'autres qui ont fini sans doute par lasser la communauté scientifique et l'Opinion. Il n'a du reste à ma connaissance, pas laissé un souvenir impérissable comme ministre de l'Education Nationale...Mais ça pour sûr, c'est un autre sujet, quoiqu'en disent les mauvaises langues.
a écrit le 04/03/2020 à 8:58 :
Le consommateur doit avoir conscience de sa puissance, et doit en user, par ses choix, pour faire rentrer dans le rang ces multinationales qui ne jurent que par le profit.
Cependant, la responsabilité du gvt est plus grande encore, en obligeant ces entreprises à s’affaiblir face à la concurrence, car les règles ne sont pas obligatoires pour toutes !
Que le gvt fasse son travail de régulation, en particulier concernant les taxes carbonne dont les émetteurs étrangers, Chinois en particulier, sont dispensés
a écrit le 04/03/2020 à 1:01 :
De tte évidence, Naat n'a pas compris que ttes les entreprises françaises citées ( dt de nbreuses multinationales ) évoluent ds un environnement international contraint par une concurrence ss pitié et dépourvu à ce jour, d'une législation commune, reconnue et acceptée sur l'environnement et le climat ( désaccords profonds de Trump, Poutine, Xi jinping...sur les accords de Paris).
Par ailleurs et en corollaire, il manque sur la scène internationale une incitation majeure à ne pas polluer, comme une taxe carbone digne de ce nom.
Ds ce contexte, on ne peut pas imposer à ces E. de jouer leur survie et menacer ts les emplois nationaux qui vont avec, en agissant avec candeur seules et isolées ds ce sens avec comme unique résultat, le risque...de mourrir guéries !!
Car là c'est sûr, une fois mortes, elles seraient devenues des championnes en la matière.
On ne peut qu'adhérer à certaines initiatives marquantes ( que les pouvoirs publics ont le devoir de fortement encourager et soutenir) comme le virage marqué par Total Engie et EDF sur les ENR et la diminution de leur dépendance au charbon, ou le soutien de Danone aux éleveurs bio, ou les recherches et expérimentations de AL ds la production d'H2 vert, ou le financement par les banques des investissements verts et leur désengagement progressif du financement des énergies fossiles.
Et bien entendu, ttes ces initiatives st faites non par philanthropie, mais pour améliorer leur image ds l'opinion ds le but d'accroître leur performance économique sur le long terme.
Après, il faut relativiser un peu car ces E participent peu ou prou au faible niveau national d'émission de CO2 par hab. quand les champions mondiaux en la matière dt US, Russie, Chine, Australie poussent sans retenue les feux de leurs chaudières à charbon ou massacrent sans vergogne leur environnement à coup de forages hydraulique ds les plaines arides du Texas ou ds les étendues glacées du permafrost sibérien.
Bref, des sujets qui fâchent autrement plus importants, comme par ex ce sujet de lutte qui pourrait inciter cette ONG à soutenir l'opinion Australienne contre la politique charbonnière jusqu'au boutiste de son Gouvt, malgré les ravages des incendies.
a écrit le 03/03/2020 à 20:06 :
ca commence a suffir ces discours a la con
les gens commencent vraiment a en avoir marre qu'on leur rabache des pbs qui ne les interessent pas a longueur d'annee
les boites doivent respecter le droit local, le reste n'a aucune valeur juridique; seules les usa arrivent a faire de l'extraterritorialite des lois, ce qui est illegal mais les gens respectent a cause du dollar
deux, on aimerait que ces baveux nous pondent des trucs sur les multinationales chinoises; a l'heure de la mondialisation, faut eviter d'etre l'idiot du village qui respecte des regles que personne d'autre ne respecte
3 ces baveux sont tres silencieux sur leurs amis....... rien sur la coree du nord, dont les ' expatries' ( bon les gars qu'on envoie en esclavagisme travailler en russie, chine ou au moyen orient) sont la premiere source de devise de cette democratie typique de la gauche... pas d'indigantion ou de reportage sur les droits fondamentaux
rien non plus sur maduro, l'ami de melanchon et de hamon, qui apres avoir mis son pays au tas, a massacre les indiens Pemons pour exploiter l'amazonie
4 un petit topo sur l'afrique qui brule, sur les torcheres illegales, sur le respect des droits fondamentaux? ha ben non, on ne stigmatise pas ses amis, hein!
ca va tres tres mal finir, toutes ces associations a la con qui enervent les gens avec leur pseudomorale deplacee
a écrit le 03/03/2020 à 18:46 :
Le qualificatif "multinationale" et "française" ne vont vraiment pas ensemble et la fibre patriotique ne vibre plus!
a écrit le 03/03/2020 à 17:41 :
Je ne pensais même pas qu'on en avait autant ! ^^

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :