Les producteurs d'électricité chinois peinent à enrayer la pénurie

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Les tarifs imposés par Pékin sont trop faibles pour leur permettre de développer leurs capacités.

C'est une nouvelle encourageante mais pas encore satisfaisante pour les producteurs d'électricité chinois. Cette semaine, le Shanghai Securities News a rapporté que l'Agence de planification - le NDRC - allait augmenter les prix de l'électricité vendue dans cinq provinces pour endiguer les pénuries de courant qui sévissent dans pratiquement toute la Chine. Les prix dans seize autres provinces ont déjà été relevés en avril lorsque les premières coupures d'électricité avaient frappé le sud et l'est du pays. Les analystes s'attendent à d'autres augmentations, toutefois limitées, alors que la Chine entre en saison pleine pour la consommation d'énergie.

Producteurs non motivés

Ces mesures doivent avant tout pousser les grands électriciens (Guodian, Huadian, Huaneng Datang, China Power International) à produire plus pour remédier aux pénuries. Car si la Chine manque d'électricité, le problème n'est pas tant lié à la demande - qui a certes augmenté de 13,6 % chez les industriels en mars - qu'à l'offre. Ces producteurs, tous cotés à Hong Kong, tournent au ralenti : le taux d'inutilisation de leurs capacités se situe actuellement à 20 %. Les prix du charbon - source d'énergie première des centrales - qui ne sont pas réglementés sont en hausse de 7 % depuis un an. Quant au prix de vente au réseau, il est fixé par le NDRC qui ne fait jamais peser sur le consommateur le coût réel de l'énergie. Le sujet est d'autant plus sensible que l'inflation flirte avec les 5 % depuis plusieurs mois.

Les producteurs ne sont donc simplement pas motivés pour produire dans un environnement où ils peinent à gagner de l'argent. Pour les quatre premiers mois de l'année, leurs pertes combinées se sont élevées à 1,14 milliard d'euros contre 780 millions d'euros pour la période correspondante de 2010. Hormis EDF, les producteurs étrangers ont préféré déserté le terrain au cours des dix dernières années.

Le sujet n'est pas nouveau mais cette année, la crise est la pire que la Chine ait connue depuis 2004. Beaucoup de centrales ont mis la clé sous la porte et le manque de rentabilité dissuade les producteurs d'investir dans de nouvelles unités. L'addition de nouvelles capacités de production ne suit pas la croissance de la demande énergétique du pays, en plein essor.

Les conséquences se sont déjà fait sentir dans plusieurs secteurs, dont la sidérugie et l'automobile, souvent obligés de suspendre leurs activités une journée par semaine. Le NDRC a bien transmis des directives aux gouvernements locaux pour les aider à gérer le problème : rien n'y fait, les analystes estiment que les pénuries vont continuer au moins jusqu'à la fin de l'année et au-delà, notamment en raison de la mésentente entre régulateurs. Le China Electricity Council (CEC), qui chapeaute l'industrie, pousse les producteurs à augmenter leurs capacités... tandis que le NDRC, soucieux de diminuer la dépendance de la Chine au charbon et de réduire ses émissions de CO2, a ralenti ses autorisations.

« L'une des seules manières de résoudre le problème serait de laisser aux producteurs la possibilité de passer les coûts au consommateur, explique Todd Martin, analyste auprès de la Société Généralecute; Générale à Hong Kong. Or, cette mesure n'est tout simplement pas d'actualité. »

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